Singulière expérience que nous rapporte la chronique d'Hélier, un instituteur de quarante ans incarcéré pour délit politique par le régime totalitaire de son pays. Quatre mois avant sa libération, l'autorité le change de prison pour une "mise à l'épreuve". La Maison qui l'accueille, un ancien couvent désaffecté, est dirigée, administrée et surveillée par six enfants de onze à quinze ans (limite d'âge). Et c'est pour Hélier une absolue remise en question des rapports entre geôliers et captifs. Les "petits maîtres" sont-ils pervers ? Ou purs comme leur extrême jeunesse le laisserait croire ? Ou cruellement savants dans leur façon d'humilier, tyranniser, aimer, soutenir tous ceux qui vivent sous leur terrible dépendance ? Le régime de semi-liberté apparente et de délation organisée, de fausse innocence et de vrai jeu, de complicité et de trahison, est-il imposé directement par ces gamins ? Ou sont-ils également les victimes plus ou moins consentantes d'un pouvoir scandaleux ? Si le narrateur devient l'ami du codétenu Darson, le bibliothécaire, et du jeune directeur François (mis à la retraite lors de ses quinze ans), réussira-t-il pour autant à percer le mystère d'une des plus folles organisations qui soient ? Jusqu'au bout le suspense est maintenu, angoissant, cocasse et parfois tendre, tout au long de ce dramatique affrontement entre la réalité et l'imaginaire d'un grand romancier.
Nombre de pages
312
Date de parution
02/09/1983
Poids
345g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070267361
Titre
Les Petits maîtres
Auteur
Martin Didier
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
345
Date de parution
19830902
Nombre de pages
312,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Il pleut interminablement sur la ville au bord du fleuve. Le narrateur, modeste employé de banque, connaît l'amour auprès de Claire qu'il a su détacher un an plus tôt de son cousin Christophe dont elle était la maîtresse. Mais sa passion pour la jeune femme est décuplée par sa fascination pour le spectacle montant de l'eau, puissance à la fois prodigieusement belle et maléfique, envahissante, recouvrant non seulement la ville mais les campagnes environnantes. Le narrateur subjugué fuit avec Claire et Christophe ainsi qu'un jeune garçon rencontré sur leur chemin. Seront-ils sauvés après avoir été recueillis par un vieux couple dont la demeure est située au sommet d'une montagne ? Non. L'inondation continue, irrésistible, effrayante pour tous les fuyards, puisque la mort les attend au bout du voyage. Seul le narrateur - qui s'est mis à écrire la chronique du déluge universel - accepte la catastrophe dont il sera la dernière victime. Son engloutissement coïncide avec l'éblouissante éternité de la création littéraire. Une fois son manuscrit terminé, il l'enfermera dans une bouteille avant de le lancer sur l'infinité des flots recouvrant le dérisoire univers des hommes.
Dans un palace démodé d'une station balnéaire vit un jeune homme solitaire, Didier, qui passe ses journées à dévorer des romans. Un écrivain célèbre, Martin Zwiemann, arrive à son tour dans l'hôtel pour se reposer après une attaque cardiaque. Entre le jeune homme, qui se nourrit de littérature, et l'écrivain, qui désire profiter de son séjour au Bellevue pour travailler à une nouvelle, va se dérouler un étrange ballet : étrange parce qu'ils se croiseront parfois dans les couloirs ou la salle à manger sans se remarquer l'un l'autre ; étrange parce que le jeune lecteur vient d'être séduit par un ancien roman de Zwiemann et que celui-ci désire écrire sur un "héros" qui ressemble à Didier ; étrange enfin parce que le seul témoin en est un mystérieux client de l'établissement dont nous ignorerons tout jusqu'au bout. Zwiemann succombera à une nouvelle attaque sans avoir trouvé ce qu'il cherchait avec sa nouvelle. Didier quittera l'hôtel sans savoir qu'il était un personnage littéraire. Quant au troisième homme, l'espion anonyme et silencieux, peut-être faut-il y voir le seul lien possible entre l'auteur et sa créature, puisqu'il est celui qui regarde. Mais qui sait si ce n'est pas lui, lui aussi, qui a raconté cette histoire, lui ôtant in extremis son goût d'échec pour nous en livrer toute la signification ...
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.