Sur la piste des OPNI (Objets Politiques Non Identifiés)
Martin Denis-Constant
KARTHALA
30,00 €
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EAN :9782845862883
Evoquer des " objets politiques non identifiés " ne relève pas simplement du jeu de mots. Derrière le calembour se profile une approche des phénomènes politiques qui s'intéresse d'abord aux représentations que les citoyens se font des systèmes dans lesquels ils vivent et doivent agir. Comment les pensent-ils, où s'y situent-ils, que croient-ils possible et désirable d'y entreprendre ... Répondre à ces questions impose d'imaginer de nouvelles manières d'entrer dans le politique vécu, d'ouvrir des portillons dérobés auxquels ne mènent pas toujours les chemins battus de la politologie. Les représentations sociales sont difficiles à saisir. Elles recèlent une part de symbolique et d'imaginaire qui ne se livre pas directement. Le langage ordinaire tend à en araser les ambivalences et les contradictions, d'autant plus que celles-ci renvoient à des sentiments troublants du pouvoir. Pour mieux appréhender les représentations du politique, cet ouvrage propose donc d'étudier quelques "OPNI" : la rue, la peinture, la littérature, la fête, la bande dessinée, la musique, la chanson populaire, le cinéma, le sport, la chasse et la cuisine.
Nombre de pages
501
Date de parution
01/11/2003
Poids
540g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782845862883
Auteur
Martin Denis-Constant
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20031101
Nombre de pages
501,00 €
Disponibilité
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Qu'entend-on lorsque l'on parle d'identité ? Les études rassemblées dans cet ouvrage montrent que lorsque l'on parle d'identité, c'est le changement qu'on voit à l'oeuvre : évolution dans la réalité des groupes, dans leurs stratégies d'action, dans les relations qu'ils entretiennent avec les autres groupes. Contrairement au sens commun, l'identité implique, en politique, la transformation : il s'agit d'une construction, qui tient du mythe et de l'idéologie, effectuée dans une situation déterminée, en fonction de certains enjeux de pouvoir.
Ce que l'on nomme "identité" est devenu un thème central du débat politique et des affrontements idéologiques dans un grand nombre de sociétés contemporaines. cet ouvrage s'efforce de comprendre ce dont il est en réalité question lorsque le thème de l'identité, nationale ou autre, est mis en avant. Les études de cas montrent la diversité des modes de configuration des "identités" en politique, la variété des usages qui en sont faits et la complexité des effets que ces usages en ont dans les sociétés étudiées (France, Italie, Hongrie, Roumanie, Russie, Liban, Inde, Etats-Unis).
Le gospel afro-américain est l'aboutissement d'une longue histoire de création. Les esclaves d'origine africaine mêlèrent des traits musicaux caractéristiques des sociétés où ils avaient été enlevés aux chansons et aux cantiques européens pour inventer les spirituals. Après l'abolition et au cours du XXe siècle, des compositeurs les remodelèrent puis créèrent de nouveaux chants religieux diffusés par le disque, la radio et la télévision: les gospel songs. Les modernisations successives de ces chants empruntèrent aux musiques profanes (jazz et blues) pour les influencer en retour. Aujourd'hui, on n'hésite pas à rapper dans certaines églises. Ce livre retrace l'histoire des spirituals et des gospels de tous styles et montre comment leurs interprètes ont porté un espoir de libération qui a servi de ciment aux communautés afro américaines et leur a fourni des hymnes clans les combats pour la dignité et la justice.
Depuis le début des années 90, la situation politique des pays d'Afrique orientale (Kenya, Ouganda, Tanzanie) s'est transformée. Ces changements, occasionnant un accroissement sensible des libertés, n'ont pourtant pas abouti à une modification des systèmes de pouvoir : dans ces trois pays les mêmes forces politiques ; voire les mêmes hommes, continuent de diriger l'Etat. Pour comprendre cette évolution paradoxale, l'histoire récente du Kenya de l'Ouganda et de la Tanzanie est ici réexaminée et précisée par des enquêtes de terrain portant sur les situations concrètes où se nouent les relations entre les gouvernants et les citoyens. Au fil d'études sur les fêtes nationales, les réunions politiques, les consultations populaires, la presse, l'humour et les chansons, on voit apparaître un vocabulaire politique neuf et s'esquisser un remodelage des représentations du pouvoir indiquant que, si les cultures politiques formées depuis l'indépendance sont encore prégnantes, elles commencent à intégrer des éléments originaux, notamment en ce qui concerne les compétitions électorales. L'exemple de l'Afrique orientale vient étoffer le débat sur les " transitions démocratiques " qui sont en cours ailleurs, en Afrique ou hors d'Afrique, et nourrir la discussion sur la notion même de démocratie. Il montre que, si partout l'aspiration à la liberté et aux mieux-être conduit les citoyens à examiner d'un point de vue critique les " performances " de ceux qui les dirigent, ou aspirent à le faire, la traduction politique de leurs exigences et de leurs jugements peut, parce qu'elle recourt à des imaginaires résultant d'histoires particulières, s'exprimer de manières extrêmement diverses.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.