Je partis de Paris, il y a quinze jours, par le carrosse de voiture, pour me rendre à Nemours où j'avais affaire ; comme je faisais ce petit voyage deux jours après la fin du Carnaval, la fatigue des veilles et des plaisirs était encore si récente, que je m'endormis dans le carrosse la première matinée, sans avoir eu la curiosité de regarder mes compagnons de voyage. Je me réveillai une demi-heure avant d'arriver à la dînée ; et après m'être bien frotté les yeux, m'être étendu entre cuir et chair, bâillé sous ma main trois ou quatre fois, je tirai ma tabatière de ma poche pour chasser par un peu de tabac les restes importuns de mon assoupissement. Je la refermais, quand une dame passablement belle, ni jeune ni âgée, mais assez raisonnablement l'un et l'autre pour justifier l'amour ou l'indifférence qu'on aurait eue pour elle, quand cette dame, dis-je, d'un air doux et d'un geste de main assorti, y puisa une prise de tabac ; je lui demandai assez inutilement excuse de ne lui en avoir point présenté ; à peine achevais-je mon compliment, qu'un cavalier de notre voiture me pria de lui en donner. Celui-ci donna aux autres l'envie d'en prendre aussi, chacun puisa ; notre cocher, qui marchait auprès de la portière, avança sa main pour en recevoir ; le postillon suivit, de sorte qu'à mon réveil, je régalai tous les nez de la voiture."
Nombre de pages
128
Date de parution
25/11/1998
Poids
114g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782841420759
Titre
LA VOITURE EMBOURBEE
Auteur
Marivaux Pierre de
Editeur
OMBRES
Largeur
120
Poids
114
Date de parution
19981125
Nombre de pages
128,00 €
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A la suite d'un naufrage, Iphicrate et Euphrosine échouent sur une île avec leurs esclaves - Arlequin et Cléanthis. Le responsable des lieux les met en garde : dans cet endroit, l'ordre établi à Athènes n'a plus cours, maîtres et esclaves doivent échanger habits et condition afin de recevoir une leçon d'humanité. Ravis, les deux anciens valets en profitent pour se venger des misères qu'ils ont subies, mais ils sont vite rattrapés par leur bon coeur, ce qui provoque un revirement inattendu... A travers cette utopie comique, Marivaux questionne les rapports de pouvoir au XVIIIe siècle et épingle avec brio les caractères de son temps. Mais au-delà de la critique féroce de la société des Lumières, l'auteur n'a pas fini de nous tendre un miroir...
Etrange terre que celle de l'île des esclaves où les rôles sont inversés entre maîtres et valets. En transformant le théâtre en une île utopique, Marivaux met en scène de nouveaux rapports sociaux, fragiles et ambigus, où se reflètent tous les paradoxes de la société des Lumières.
Résumé : Grâce à l'entremise de son ancien valet Dubois, Dorante, un jeune homme de bonne famille sans le sou, est engagé comme intendant auprès d'Araminte, une riche veuve dont il est secrètement épris. A force d'ingénieux stratagèmes et d'aveux équivoques, le duo maître-serviteur parvient à semer le trouble dans le coeur d'Araminte et à faire triompher l'amour. Les Fausses Confidences témoignent de l'importance du langage au coeur du théâtre de Marivaux. Dans cette comédie, la parole, à la fois trompeuse et révélatrice, est un instrument puissant au service des intrigants de ce monde. Objet d'étude : Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle ; Dossier pédagogique spécial bac, parcours "Théâtre et stratagème" ; Prolongement : Le marivaudage (corpus de textes).
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Père prudent et équitable - Annibal - L'Amour et la Vérité - Arlequin poli par l'amour - La Surprise de l'amour - La Double Inconstance - Le Prince travesti - La Fausse Suivante - Le Dénouement imprévu - L'Île des Esclaves - L'Héritier de village - La Seconde Surprise de l'amour - L'Île de la raison - Le Triomphe de Plutus - La Nouvelle Colonie - Le Jeu de l'amour et du hasard - Les Serments indiscrets.
Récit de jeunesse de Jules Barbey d'Aurevilly (1808 - 1889), qui résume peut-être mieux que tout autre les caractéristiques et les mérites de l'art du narrateur. Publié en 1843, il se compose de cent cinquante petits chapitres épigrammiques ; bien que le récit soit plutôt long, il se ramène à un sujet très simple. La scène : les conversations et les réceptions du monde élégant parisien vers le milieu du XIXème siècle ; le personnage principal : Joséphine d'Alcy, jeune femme de vingt-sept-ans... Une charmante petite personne, au passé pas très clair, riche d'esprit et au fond sèche de coeur, résolue à se faire une situation dans la société. M. Baudoin d'Artinel s'éprend d'elle ; c'est un digne magistrat, resté veuf avec trois fils ; une sorte de beau ténébreux devient également amoureux d'elle : intelligent, sceptique et ardent, il a reçu le nom pittoresque d'Aloys de Synarose. Il fait impression sur la jeune femme qui, pourtant sans abandonner le vieillard, voudrait conquérir Aloys ; mais celui-ci devine le calcul et la mesquinerie de cette âme et réussit à vaincre la tentation. L'anneau qui est passé au doigt de Joséphine lors de son mariage avec le vieux magistrat, cérémonie à laquelle Aloys assiste, lui semble comme le légendaire anneau d'Annibal qui contenait un poison caché sous la pierre. Il s'agit ici d'un poison plus subtil, invisible, qui ne tue pas les hommes, mais l'amour. Sur le thème romantique, l'originalité de Barbey d'Aurevilly a modulé une quantité de brillantes variations, mordantes, ironiques, sentimentales, cyniques et poétiques avec un brio et un sens de la mesure qui ne se retrouvent dans aucune de ses autres oeuvres.
Gaskell Elizabeth ; Darmont F. ; Lecellier Dominiq
Aux côtés de Jane Austen, des soeurs Brontë, de Charles Dickens et de George Eliot, Elizabeth Gaskell (1810-1865) occupe dans le roman anglais du XIX' siècle une place importante que la critique récente a largement consolidée. Portrait discrètement ironique d'une grande dame de la noblesse terrienne, Lady Ludlow fait partie de ses courts romans, comme Cranford ou Ma cousine Phillis, où l'originalité de son talent donne sa pleine mesure.
Ex membre de la police tchèque, en exil à Londres depuis 1938, le Dr Jan Czissar à l'habitude de fourrer son nez dans des affaires criminelles qui ne le regardent pas et " empoisonne " ainsi l'existence du commissaire adjoint Mercer de Scotland Yard. Il faut admettre que ses interventions intempestives sont généralement parfaitement justifiées. Publiées dans une revue anglaise en Juillet et Août 1940, reprises après la guerre dans des versions amputées d'un tiers par Ellery Queen's Mystery Magazine, puis dans son édition française, Mystère Magazine, les six histoires qui constituent les Instrusions du Dr Czissar ont été réunies par Eric Ambler dans son dernier livre paru en 1993 et sont données ici pour la première fois dans des traductions intégrales.