Lumières arabes et lumières modernes. Au miroir de l'utopie insulaire d'Ibn Tufayl
Marion Eric
KIME
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EAN :9782841747382
Le présent essai se propose de montrer, en prenant pour fil directeur l'expérience de soi dans l'allégorie philosophique d'Ibn Tufayl, Hayy lbn Yaqzân, que la philosophie arabe, du IXe siècle au XIIe siècle, forme une tradition de pensée vivante et unifiée, trop souvent négligée, s'inscrivant pleinement dans le destin de la métaphysique occidentale et permettant de ressaisir une époque distincte de l'être, qui n'a pas été jusque-là considérée comme telle. D'autre part et inséparablement, il s'agira d'établir que cette tradition philosophique des Lumières médiévales arabes est à la source des Lumières modernes, tout en se distinguant radicalement de celles-ci, et que cet héritage est resté jusqu'alors insuffisamment pensé. La diffusion effective de cette oeuvre charnière au XVIIe en Europe, et l'expérience décisive qu'elle propose, le confirme : Yaqzàn est bien ce philosophe autodidacte qui pense soi-même, sinon par soi-même. Nous espérons ainsi contribuer à ce que Christian Jambet appelle de ses voeux : " l'étude des philosophes 'arabes' serait à faire dans le cadre de l'histoire de la raison, qui est l'histoire de la raison occidentale ". Enfin, mettre en évidence ce rapport entre la falsafa d'un côté, elle-même étant étroitement liée à la révélation coranique, et d'un autre côté ce qui est proprement moderne, pourrait aider à dissoudre bien des préjugés concernant l'lslam. Comme le soutient P. Mégarbané dans ses ouvrages sur deux immenses poètes arabo-musulmans, Al Mutanabbî et Al Ma'arrî : " depuis deux siècles, on discute de savoir si l'islam est compatible avec la modernité. Le verdict de l'époque voudrait que le monde arabo-musulman n'ait de choix qu'entre une modernité étrangère à sa tradition et une fidélité ombrageuse à son archaïsme. La réalité pourrait s'avérer bien différente ". L'étude de la philosophie arabe, non moins que celle de la poésie arabe, nous semble être en mesure de confirmer ce jugement salvateur. Ces motifs et ces raisons nous conduisent à cet essai : esquisser, tenter de proposer une définition des Lumières arabes, définition dont l'élaboration suppose conjointement une élucidation de l'économie de la présence à laquelle elles appartiennent.
Nombre de pages
353
Date de parution
09/02/2016
Poids
450g
Largeur
146mm
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EAN
9782841747382
Titre
Lumières arabes et lumières modernes. Au miroir de l'utopie insulaire d'Ibn Tufayl
Auteur
Marion Eric
Editeur
KIME
Largeur
146
Poids
450
Date de parution
20160209
Nombre de pages
353,00 €
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Quel rôle la pensée arabe peut-elle jouer dans ce qu'il est convenu d'appeler "la crise écologique" ? Face aux ravages actuels, une nécessité de plus en plus pressante risque de rejeter dans l'oubli la richesse d'une pensée déjà largement méconnue. L'exploitation sans limite du vivant nous condamne désormais à une nouvelle forme d'exil, hors de la nature que nous avons connue et qui n'existera plus telle qu'elle fut. Notre passé est désormais devant nous, comme ce dont il faut différer la perte et l'éloignement. Dans cette situation inédite, l'étude de plusieurs oeuvres majeures de la pensée arabe permettra de découvrir une économie de sens salvatrice, une expérience du décentrement, une manière de retarder et d'ajourner toutes les formes de violences, d'accueillir tout ce qui est autre, y compris les vivants non humains. Ce livre propose une véritable éthique écologique héritée de la culture arabe du passé et ajustée à notre présent. Que sa lumière fragile puisse contribuer à ajourner la nuit qui s'étend sur notre monde.
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Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
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