Marienstras Richard ; Marienstras Elise ; Vidal-Na
AMSTERDAM
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EAN :9782350960869
Des individus, des groupements, un parti politique, le Front national, parlent d'une " crise d'identité " : une menace pèserait sur " l'identité de la France ". Cette formulation s'est frayé un chemin dans une partie plus large de l'opinion qui ne saisit pas les conséquences néfastes que peut avoir sur le jeu normal de la démocratie l'idée que la nation serait une " personne " dont la culture ou le visage auraient une permanente uniformité. (...) Or, si elle est collective, l'identité, pour être nationale, doit tenir compte du caractère éminemment changeant de la population et de la culture nationales. Une nation doit pouvoir s'élargir, se diversifier, emprunter et prêter à d'autres cultures, sous peine de s'étouffer et de perdre, non seulement son rayonnement mais aussi sa vitalité. Il est aberrant de figer la nation dans une identité, terme qui ne convient qu'à la personne ou à un ensemble de personnes qui se reconnaissent entre elles. Aussi peu justifiée est l'expression "identité de la France ", aussi justifiable peut l'être l'identité des Français, des Bretons, des musulmans de France, des Tziganes, etc., dont l'appartenance à un groupe entrecroise d'autres appartenances au gré des circonstances et du choix des individus". R.M.
Nombre de pages
259
Date de parution
13/03/2014
Poids
332g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782350960869
Titre
Etre un peuple en diaspora
Auteur
Marienstras Richard ; Marienstras Elise ; Vidal-Na
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
140
Poids
332
Date de parution
20140313
Nombre de pages
259,00 €
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Au moyen de textes rarement ou jamais utilisés, l'auteur tente de décrire quelques aspects d'un système de représentation essentiel à la compréhension de Shakespeare et de rendre sensibles, par l'étude de Titus Andronicus, de Jules César, de Macbeth, d'Othello, de La tempête et d'autres ?uvres dramatiques, l'extrême proximité et l'extrême éloignement d'un auteur et d'une culture qui ont marqué au plus profond le monde occidental. Quatre sujets principaux sont abordés : la forêt et la chasse ; le sacrifice et le sang répandu ; les relations entre le roi, le royaume, les sujets et les étrangers ; la différence ethnique, théologique et culturelle. L'auteur utilise, pour l'effet de contraste et de miroir qu'elles produisent, quelques oppositions attestées à l'époque élisabéthaine et importantes dans les sciences humaines aujourd'hui : entre la nature et la culture, le sacrifice et le sacrilège, le pur et l'impur, la nourriture et le poison. Le rapport - ou le conflit - entre le " proche " et le " lointain " donne son titre à l'ouvrage, car, à propos d'une époque où se produisent des mutations sociales, religieuses, politiques et économiques en même temps que l'expansion du monde exploré, il unifie des thèmes à première vue disparates : l'Indien (ou le Noir) et l'Anglais, le braconnier et le cerf, le roi et l'assassin, la violence et la vertu, le religieux et le politique, la chasse, l'inceste et le meurtre. Il permet en outre de parler simultanément de l'espace, du temps, des relations de parenté, de l'amour et de la haine destructrice. Des ?uvres dramatiques, juridiques, théologiques et des récits de voyage s'épaulent ainsi les uns les autres pour parler, à l'unisson, d'une voix qui est la leur et d'une voix qui est celle de notre temps.
La tragédie shakespearienne nous présente des destins que l'histoire écrase et dont un trait constant est qu'ils cherchent, contre la violence du plus fort, à trouver des raisons de ne pas abdiquer toute qualité humaine. Comment, dans l'abjection extrême, ne pas devenir abject ? Alors l'absolu théologique n'est d'aucun secours, l'homme est seul, il doit réinventer son humanité au moment de perdre sa vie. Si nous sommes aujourd'hui fascinés par Macbeth et par Lear, par Cléopâtre et par Coriolan, c'est que les événements dont ils sont les maîtres et les jouets les conduisent chacun vers un lieu d'épreuve et de désespoir où il n'est plus possible de composer, où plus rien ne s'interpose entre l'être et son imminente dissolution, où chacun peut dire avec la reine d'Egypte : " Tout est néant. La résignation est stupide et la révolte pareille à l'aboiement d'un chien fou. " Alors l'univers se défait, les rouages de la violence deviennent frénétiques - alors la démence ou le suicide apparaissent comme l'ultime recours. Un cadavre s'effondre sur le bois de la scène, tandis qu'au-dessus de lui se dessine une image encore jamais vue de l'homme. Telle fut la splendeur de Shakespeare dans le passé, telles ses représentations la manifestent encore en de rares occasions. Mais un siècle dont les événements principaux sont le génocide, le goulag et la mort atomique ne possède plus les vertus transcendantes sans lesquelles la tragédie parfois se réduit au rang d'une reconstitution archéologique.
Marienstras Richard ; Marienstras Elise ; Goy-Blan
Résumé : " Et ce qui stupéfie comme un comble de l'art, écrit Richard Marienstras, c'est que Shakespeare semble avoir voulu suggérer tout à la fois que la violence appartient à l'ordre même des choses, qu'il est possible de la dépasser, et que ce dépassement n'a qu'un caractère fragile ou illusoire. L'ordre n'est pas dans la nature, il n'est pas non plus dans l'homme, il est impossible dans le cadre de la réalité. Il n'existe que comme un mirage, analogue à ces figures du masque qu'un mouvement de colère suffit à faire disparaître. L'ordre est un effet de l'art, qui s'oppose à la vérité du monde et qui la révèle ". Commencé du vivant de Richard Marienstras, ce projet de recueil d'essais a été poursuivi après sa disparition, en février 2011, par Élise Marienstras, sa veuve, et Dominique Goy-Blanquet, son ancienne élève et collègue, qui l'a mené à son terme et lui a donné sa cohérence et son unité. Augmenté de nombreux textes inédits ou inachevés (thèse, conférences, séminaires, notes de cours, etc.), le projet prit la forme d'un puzzle dont les pièces, une fois rapprochées, dessinent une image vivante et forte non seulement de la pensée politique de Shakespeare, mais de la philosophie politique de Richard Marienstras lui-même.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.