Jean José Marchand (1920-2011) comptait parmi les plus grands érudits de son époque, de notre époque. Après sa disparition, son complice Maurice Nadeau rappelait qu'il avait été "toujours un peu hors normes, franc-tireur, doué de trop d'humour et de curiosité pour ne pas déplaire à ceux qui font l'opinion". Les Ecrits critiques de Jean José Marchand font penser, par leur savoir et leur clarté, à l'oeuvre d'Albert Thibaudet ou de son ami Pascal Pia, mais il est avant tout "un homme à sa propre hauteur", qui s'est intéressé très jeune au mystère de la littérature: "C'est parce que, à l'âge de 13 ans, j'ai découvert dans la bibliothèque de mon père une édition (d'ailleurs imparfaite) des Fleurs du mal que ma passion - bien antérieure - pour la lecture s'est transformée en passion littéraire. J'ai lu et relu ce livre, jusqu'à ce que je l'aie su par coeur, d'un bout à l'autre; j'ai entrevu ce qu'est la littérature. A vingt ans, j'ai commencé à collaborer aux revues littéraires (et non politiques) Poésie 41 et Confluences; en 1944, j'ai rencontré à la rédaction de Combat, sortant du bureau de Pascal Pia et Roger Grenier, Maurice Nadeau, qui partageait avec moi une passion pour l'histoire du surréalisme. Donc c'est tout naturellement qu'ensuite j'ai donné quelques"papiers"aux Lettres Nouvelles et à La Quinzaine." Somme d'érudition, d'honnêteté (et de malice), les Ecrits critiques de Jean José Marchand traitent de littérature, de philosophie, d'histoire, mais aussi de cinéma, d'art, de sociologie, de politique. Pendant les sept décennies où il exerça généreusement son infatigable regard de lecteur, ses chroniques, articles, recensions, enquêtes et préfaces donnèrent, non sans une saine distance - fruit d'innombrables lectures, de recherches, d'efforts permanents de synthèse -, son sentiment profond qu'il n'a jamais trahi.
Date de parution
01/04/2012
Poids
3 946g
Largeur
205mm
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EAN
9782866457730
Titre
ECRITS CRITIQUES - 1941-2011
Auteur
MARCHAND JEAN-JOSE
Editeur
DU FELIN
Largeur
205
Poids
3946
Date de parution
20120401
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Voici une enfance et une jeunesse qui seraient celles de tout le monde si elles n'étaient envahies par le rêve. Les circonstances, le fait que son père parcourait le monde et que sa mère dirigeait une maison de couture ont fait que le narrateur, qui reste cependant précis et ne raconte que de petits faits vrais, s'est replié sur lui-même, laissant " s'épancher le songe dans la vie réelle ", mais refusant la fausse poésie et les facilités du clair-obscur. Les livres qu'on lui donnait à lire l'ont accompagné jusqu'à l'adolescence, trompant son appétit de vivre.
La partie du journal intime de Raymond Queneau qui est aujourd'hui présentée au public ne constitue un tout que par la contrainte des événements extérieurs : ce que Roland Dorgelès appela "drôle de guerre", c'est-à-dire la période 1939-1940. À l'origine elle fut écrite sans idée de publication. Il s'agit d'un mémorial personnel vécu au jour le jour. Presque toute sa vie Queneau a consigné ses réactions quotidiennes. La sincérité et le primesaut font la valeur de ces pages, très étonnantes pour les lecteurs des poèmes et des romans, où Queneau - homme très secret - ne se livrait pas. Nous avons ajouté à ce journal un texte, Philosophes et voyous, qui se rapporte à la même époque et qui avait été publié dans Les Temps Modernes.
Alors que les répercussions de la crise de 29 ravagent la France, Marcel Astruc suit pas à pas les errances à travers Paris d'un garçon de bureau mis au chômage avec trois mois de salaire en poche.
Disséminées sous l'Occupation sur trois continents, 85 revues littéraires légales et clandestines ont animé la vie littéraire française. Leur activité, leur fonctionnement et leur rôle restaient jusqu'à présent méconnus. Dans ce panorama, 85 fiches signalétiques et critiques donnent le sommaire intégral des numéros parus et parfois non parus. 48 000 pages ont été consultées pour une somme de 840 numéros. Chaque fiche est enrichie d'une notice historique inédite. Fondée sur les archives du ministère de l'Information et du ministère des Affaires étrangères ainsi que sur des archives allemandes et sur de nombreux témoignages d'animateurs de revues, cette étude ouvre les arcanes de la Résistance qualifiée de " littéraire ", entre clandestinité et légalité subversive.
Hautval Adélaïde ; Postel-Vinay Anise ; Hauptman G
Du moment que vous les défendez, vous partagerez leur sort ! " Et pour n'avoir jamais transigé avec qu'elle appelait les "valeurs premières", Adélaïde Hautval, dite Haïdi, va devoir traverser l'enfer et survivre à 37 mois d'emprisonnement et de déportation. En sa qualité de médecin, à Auschwitz, elle est affectée au Revier (l'infirmerie) où elle soulage et soigne avec ses maigres moyens. Dans les cas les plus graves, elle s'arrange pour maquiller le diagnostic et permet ainsi à nombre de ses patientes d'éviter la chambre à gaz. Elle doit aussi travailler au sinistre Block des expériences médicales sur la stérilisation. Elle réussit d'abord à ne faire que soulager les jeunes martyrisées, témoin des horreurs perpétrées par les médecins SS. Mais quand elle reçoit l'ordre de prêter la main aux actes criminels, elle refuse, s'opposant frontalement aux nazis.
Reçu premier à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé de philosophie en 1927, Jean Cavaillès fut l'un des intellectuels les plus brillants de sa génération. Gaston Bachelard, avec qui il noua une forte amitié, notait : " Jean Cavaillès avait une volonté de héros ". Un héros de la pensée sûrement, que ses travaux sur la théorie de la science auraient distingué si la guerre n'avait orienté sa vie vers d'autres combats. Lié dès le début au mouvement de résistance Libération, animé entre autres par Emmanuel d'Astier de La Vigerie, Jean Cavaillès fut arrêté par les Allemands en août 1943, puis condamné à mort et exécuté cinq mois plus tard. Gabrielle Ferrières retrace dans ce livre émouvant la vie d'un philosophe, inséparable de celle de l'homme d'action et de convictions.
En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. " Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald. " Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Jacques Lusseyran deviendra un brillant conférencier et enseignera la littérature française dans différentes universités américaines. En 1971, il meurt dans un accident de voiture. Il a alors 47 ans. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l'adversité.
Odile de Vasselot a 18 ans lorsque les Allemands envahissent la France. Convaincue dès le début du conflit de la nécessité de résister, elle est orientée vers des réseaux qui, bien qu'animés en grande partie par des civils, ont des objectifs militaires. A partir de 1942, elle est mise en contact avec deux vastes réseaux antinazis oeuvrant en Belgique, en France et en Espagne. Odile de Vasselot est d'abord agente de liaison pour le service de renseignement Zéro, puis sert, au sein du réseau Comète. comme convoyeuse de pilotes anglais rescapés des batailles aériennes, des opérations à haut risque et très mouvementées menées depuis le territoire belge. C'est en brossant le portrait de ses compagnons d'armes portés par leur courage, leur modestie et leur ténacité que l'autrice nous fait revivre une phase essentielle de la Résistance.