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Afrique, Afrique
Marchal Omer
FAYARD
35,90 €
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EAN :9782213011509
L'épopée du continent noir, narrée par un écrivain qui y a vécu, servi, aimé. Comme dans ses récits précédents _ La Mort des autres, Baptiste et le sanglier _ ce petit-fils de maître sabotier et fils de paysan d'Ardenne vibre d'une double sensibilité : terroir ardennais d'où il tire son héros, Léopold Chauvaux ; Afrique des plateaux où il servit très jeune avant de la parcourir en tous sens pour la raconter comme journaliste, puis comme romancier. Chauvaux était l'un de ces deux ou trois mille administrateurs qui depuis cent ans, de Saint-Louis du Sénégal à Sainte-Marie de Madagascar, pacifiaient le sommeil des dix mille tribus d'hommes noirs : " A chaque aube, ils recommençaient, silencieux, le plu formidable exploit accompli par l'homme d'Europe à travers les siècles. Le plus secret. Le plus glorieux. Sans armes. Sans indulgences plénières... " Mais l'Afrique de l'an 1959 a condamné le blanc à mort. Chauvaux, Ira, la femme qu'il aime, Matshyali, le grand chef noble, et les Batutsi, géants livrés à la révolte des serfs, marchent sans retour vers les noces de sang de la lunaison de Nzeri. Six mois plus tôt, Amata, la Lune du Lait au pays des vaches sacrées cher à Kessel, ne promettait pourtant qu'amour et beauté... Un quart de siècle après les soubresauts de la décolonisation, voici le grand roman des nostalgies africaines.
Nombre de pages
548
Date de parution
25/05/1983
Poids
752g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782213011509
Titre
Afrique, Afrique
Auteur
Marchal Omer
Editeur
FAYARD
Largeur
153
Poids
752
Date de parution
19830525
Nombre de pages
548,00 €
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Ce livre bilingue français anglais est composé d'une cinquantaine de tableaux : créations photographiques, collages, peintures, chansons... qui ont germé au fil des voyages effectués par les auteurs. France, Mali, États-Unis, Russie, Mauritanie, Cuba... Leurs rencontres avec des hommes et des femmes hors du commun qui luttent pour sauver notre environnement, leurs témoignages, leurs expériences et leurs réflexions apparaissent ainsi métissés à chaque page de l'ouvrage. Les chansons, qui font partie intégrante de l'oeuvre, trouvent leur écho dans un CD musical inclus, mixé à Box par Adrian Chivers !Nadine Marchal est auteur plasticienne, directrice artistique, créatrice de tissus... Ses oeuvres sont régulièrement exposées aux Etats-Unis. Elle est l'auteur d'un Carnet de voyage à Lyon publié en 2004. Elle a également coécrit les paroles du dernier album de Geoffrey Oryema Words . Réalisatrice de la partie graphique du livre, c'est encore elle qui interprète les chansons de l'album inclus !. Stanislas Pierrel est guitariste et compositeur. Il a collaboré avec Philippe Garcia, Bobby Rangel, Yves Matrat... et fait les premières parties de Nina Simone, Luther Allison. Il a composé les titres du CD.
Extrait Extrait du prologue Lugdunum, octobre 64 après J.-C. Les néphélions glissaient dans le ciel comme de longues barques silencieuses aux contours déchirés. Le monde d'en haut caressait celui d'en bas : les nuages semblaient si proches des habitations qu'ils donnaient l'impression de pouvoir les toucher juste en tendant le bras. Ils tutoyaient la colline de Lugdunum avant de s'éloigner, indifférents à l'agitation de la fourmilière humaine qui s'étendait autour des deux fleuves. Les Dieux sont ainsi : toujours à nous surveiller sans jamais se découvrir, songeai-je au milieu d'un tapis d'herbe dense et souple, au détour du chemin qui s'enfonçait dans le bois sacré. Je l'avais choisi lors de mon arrivée à la colonie en raison de sa position surélevée et de sa faible fréquentation par les habitants de Condate. L'endroit était devenu mon repaire et me permettait une observation méticuleuse du ciel. Celle-ci s'achevait, comme chaque jour depuis six mois, par un échec : aucun de ceux qui avaient déjà survolé la colonie ne s'était à nouveau présenté à moi. Je ne pouvais me tromper : j'avais gravé dans ma mémoire leurs formes si différentes jusqu'à en devenir capable de reconnaître celui qui, revenant des contrées lointaines du monde d'en haut, volerait à nouveau au-dessus de ma tête. Je me levai et admirai la vue que l'endroit offrait en cette fin de journée automnale. En face, la colline et sa ville romaine aux maisons ordonnées et aux ifs effilés qui s'étiraient au-dessus des toits. Émergeant de la Saône, l'île des Canabae et son agitation commerciale qui ne cessait qu'avec la nuit, faite de navires marchands à la voilure impressionnante entre lesquels se glissaient des barques et des radeaux dans d'incessants va-et-vient entre les rives, de grues de déchargement au bout desquelles pendaient des barriques ou des ballots, de carrioles remplies de marchandises, d'acheteurs et de promeneurs qui se mouvaient entre les échoppes et les entrepôts comme un ru scintillant de mille couleurs. À mes pieds, le sol gaulois de Condate et son sanctuaire des Trois Gaules. L'édifice semblait endormi après les journées d'été qui avaient vu se rassembler les délégués des nations gauloises. Douze années auparavant, j'y avais accompagné Adbogios, mon maître, pour ma première incursion en pays ségusiave. Je l'avais attendu, sans pouvoir y pénétrer, deux jours durant, allant et venant entre les soixante statues des peuples de notre nation et écoutant le vent me porter les discours qui allaient enflammer l'assemblée des édiles gaulois. Alors que je longeais la haute enceinte en pierres taillées du sanctuaire, un groupe de corneilles, effrayées par le claquement de mes pas, s'envola dans un bruit de froissement de toge pour se poser sur les ailes des victoires dorées, les trois sculptures qui ornaient de leur majesté l'entrée de l'édifice. Adbogios y aurait vu un présage, songeai-je avant de regretter de laisser sa présence envahir encore mes pensées. Je levai les yeux vers la colline où se détachaient le bâtiment majestueux du théâtre et celui, en construction, de l'odéon. Il me restait à m'acquitter d'une tâche avant de les rejoindre et, au lieu d'emprunter le pont qui prolongeait la voie du Léman, je restai sur la rive gauche et marchai près d'une lieue jusqu'aux entrepôts de Canabae, seul endroit où trouver l'huile de Bétique réclamée par Talusius l'archiviste. Il avait été prévenu de l'arrivée, la veille, d'un navire oneraria qui contenait de l'huile Psedatiaviti, son producteur préféré, et m'avait ordonné de lui en rapporter. Talusius était aussi le seul Grec que je connaissais qui haïssait le théâtre plus que toute autre activité, surtout depuis qu'il avait été affranchi par le légat Caius Julius Vindex. Son désir forcené de s'intégrer à la colonie le conduisait à renier tout ce qui faisait sa fierté d'esclave hellène. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Ces mots résonnent encore en moi comme une provocation, une pique adressée à mon orgueil. Sûrement était-ce son objectif. Il savait que je ne pourrais rester indifférente au défi qu'il me lançait. Comme tous les hommes politiques d'expérience, il avait le don d'aller chercher dans les tripes de ses interlocuteurs ce qui pouvait les galvaniser. Il en appelait chez moi à un sentiment qui n'a jamais cessé de m'animer : la conviction d'avoir un devoir envers mon pays et mes compatriotes. Il est souvent difficile de se sentir à la hauteur d'un héritage quand celui-ci n'est pas seulement civilisationnel mais aussi familial". .