De regarder la télévision, on ne fait pas profession sans se salir les yeux, et pis encore. J'avais pourtant résolument décidé de regarder cette télé-là : la télé grand public, celle qui commence quand s'égoutte la vaisselle du dîner, dont les enjeux font un événement, et les programmes l'ordinaire des conversations salariées à l'heure de l'embauche. On sait bien qu'il se trouve sur certains canaux des trésors ; on sait mieux encore, et d'expérience, que ces miracles se diffusent plus souvent à des horaires dissuasifs, dans un hors-temps de la télé que nul annonceur ne trouble, nul impératif d'audience ne contraint. Dans ces moments où le médium a un sens, il n'a pas de téléspectateurs. Ou, pour mieux dire, il n'a pas de troupeau à mener ; à peine des individus épars, rares et curieux zombies, inclassables marginaux ou franchement chômeurs mais qui, dans tous les cas, ne justifient pas un écran publicitaire. Ce repos qu'alors il s'octroie et nous octroie, on peut considérer que c'est un accident - que ça ne compte pas. " Pierre Marcelle a tenu pendant deux ans la chronique " Après coup " de Libération. Il raconte.
Nombre de pages
107
Date de parution
01/11/1998
Poids
145g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782864322931
Titre
Contre la télé. Récit
Auteur
Marcelle Pierre
Editeur
VERDIER
Largeur
140
Poids
145
Date de parution
19981101
Nombre de pages
107,00 €
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Quand à l'Ouest il peut de nouveau, quand le stade Malherbe caennais est encore parti pour prendre une danse à domicile, quand on est un bon mec comme moi, que le terrain est lourd et qu'on va devenir un assassin... Si vous saviez comme on se sent seul ! Il vaudrait mieux que vous le sachiez, parce que ça vous pend au nez : il suffit d'une garce.
Avec ce troisième et ultime volume de Quotidienne, Pierre Marcelle conclut l'exégèse de la chronique du même nom qu'il donna sept années aux pages Rebonds de Libération. Le même souci de commenter de l'intérieur un propos qui s'inscrivit dans une durée l'y fait longuement revenir sur une actualité bouleversée, en 2005, par l'enlèvement à Bagdad de Florence Aubenas et de son fixeur Hussein Hanoun al-Saadi. Et de même revisite-t-il la crise qui secoua douloureusement le quotidien de la rue Béranger. Du jeudi 29 juin 2006, que Serge July fit ses adieux à son journal, jusqu'au 3 janvier 2007, qui vit Édouard de Rothschild achever sa mainmise sur le titre, l'auteur vécut cette refondation à propos de laquelle il écrivit abondamment. À travers le long commentaire que constitue Libération, une crise , il décrypte son propre point de vue d'opposant et sous-titre les ressorts d'une entreprise au terme de laquelle une histoire s'acheva. Aujourd'hui encore, il continue d'affirmer que l'émancipation des journalistes sera l'oeuvre des journalistes eux-mêmes, ou ne sera pas.Pierre Marcelle vit à Paris et travaille toujours à Libération, où, sous l'intitulé Smoking, sa chronique est devenue hebdomadaire. De temps à autre, il écrit un livre.
Parus dans Libération durant l'hiver 1988-1989, ces « articles » assemblent en quelque sorte l'herbier, ambulant et pédestre, d'un flâneur. À la surface de Paris, Pierre Marcelle, le prévôt des marcheurs, prélève de menues parcelles : une placette, rue Didot ; un billard à Clichy ; un pont aux Buttes-Chaumont, etc. Articles de Paris, ou l'esquisse du « plan de Paris pour gens de tout repos » dont rêvait L.-P. Fargue en 1938.
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.