Une philosophie concrète est une philosophie de la pensée pensante; elle ne peut se constituer qu'à la faveur d'une sorte de dangereuse et perpétuelle acrobatie. [...] je serais enclin, pour ma part, à dénier la qualité proprement philosophique à toute oeuvre où ne se laisse pas discerner la morsure du réel. [...] On ne saurait trop se méfier du philosophe qui juge, qui fonctionne, en tant que philosophe. Car il opère au sein de sa propre réalité une discrimination qui le mutile et qui tend à fausser irrémédiablement sa pensée; [...] le rôle des esprits philosophiquement les plus vivants du siècle dernier, peut-être un Kierkegaard, mais sûrement un Schopenhauer ou un Nietzsche, ajustement consisté à mettre en lumière [...] la dialectique en vertu de laquelle le philosophe est amené à se surmonter lui-même en tant que simple spécialiste. [...] Il ne saurait y avoir de philosophie concrète sans une tension continuellement renouvelée et proprement créatrice entre le je et les profondeurs de l'être en quoi et par quoi nous sommes, ou encore sans une réflexion aussi stricte, aussi rigoureuse que possible, s'exerçant sur l'expérience la plus intensément vécue."
Nombre de pages
359
Date de parution
25/08/1999
Poids
175g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070410200
Titre
Essai de philosophie concrète
Auteur
Marcel Gabriel
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
175
Date de parution
19990825
Nombre de pages
359,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le Journal métaphysique, qui, primitivement, n'était pas destiné à la publication, est constitué par un ensemble de notes philosophiques rédigées au jour le jour. Il comprend deux parties : la première écrite en 1913-1914, la seconde de 1915 à 1923. L'évidente différence de style entre les deux parties tient au fait que sous la pression de la guerre la pensée de l'auteur s'est tournée de plus en plus résolument vers le concret, vers l'existentiel, qui a trouvé dans le Journal métaphysique une des premières expressions qu'il ait revêtues en France. Il ne faut d'ailleurs pas parler de l'existentialisme, mais une thématique de l'existence considérée dans sa spécificité tend à s'y constituer par une réflexion qui se concentre de plus en plus sur le corps propre (par opposition au corps-objet ou instrument), sur la sensation traitée non plus comme message mais comme façon d'être au monde, sur la mémoire, sur la volonté, etc. Des phénomènes métaphysiques tels que la télépathie, la lecture de pensées, etc. sont considérés avec une attention particulière et l'auteur va jusqu'à se demander s'il ne conviendrait pas d'inverser la relation communément pré-supposée entre le psychologique et le métapsychique et si la clef des phénomènes dits normaux ne devrait pas être cherchée dans le supra-normal.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys