Mansholt Sicco ; Méda Dominique ; Marchais Georges
PETITS MATINS
10,00 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782363833785
Enrichie d'une introduction inédite, la réédition d'un texte épuisé : il y a cinquante ans, un vice-président de la Commission européenne proposait à l'Europe une bifurcation radicale de l'économie, pour éviter la crise climatique qui se profilait déjà. Visionnaire ! Le 9 février 1972, le social-démocrate néerlandais Sicco Mansholt lâche une bombe. Alors vice-président de la Commission européenne chargé de l'agriculture, il écrit une lettre au président de la Commission : l'Europe, affirme-t-il, doit d'urgence engager une politique écologique rompant radicalement avec l'objectif de croissance. En pleines Trente Glorieuses ! Pourquoi un tel revirement de la part d'un homme politique jusqu'alors productiviste ? Mansholt a lu les travaux du rapport Meadows, qui sera publié peu après par le Club de Rome sous le titre Les Limites à la croissance, et en a été profondément ébranlé. C'est cette lecture qui le décide à proposer un plan d'action pour faire face aux menaces écologiques auxquelles l'humanité s'exposerait en continuant sur la même voie. Hélas, Mansholt n'a pas été écouté, il a même été raillé ou conspué, dénoncé comme ennemi des travailleurs ou du progrès, à gauche comme à droite. Nous avons perdu cinquante ans, mais il n'est pas trop tard. Cette lettre visionnaire, précédée d'une remise en contexte de Dominique Méda, est ici republiée, suivie de textes témoignant des vifs débats qu'elle suscita à l'époque. L'homme politique communiste Georges Marchais, le syndicaliste Edmond Maire, le philosophe Herbert Marcuse et Sicco Mansholt lui-même croisent le fer autour de leur conception de l'avenir de l'humanité en des termes d'une étonnante actualité.
Pour George Lakoff, le terrain de la lutte politique n'est pas seulement celui des programmes. Aujourd'hui plus que jamais, les élections se gagnent sur les mots - et plus précisément sur les métaphores conceptuelles, ces manières imagées de décrire la réalité qui véhiculent des valeurs. En analysant la cohérence et l'efficacité du discours conservateur aux Etats-Unis, La Guerre des mots met en lumière les cadres invisibles qui structurent notre perception du monde social. Comprendre le cadrage, c'est comprendre pourquoi certains récits s'imposent durablement dans le débat public. Cet ouvrage devenu classique rappelle qu'il ne suffit pas de contester les idées de l'adversaire : encore faut-il déplacer le cadre dans lequel elles prennent sens, et imposer ses propres termes.
Résumé : Donald Trump a conquis par deux fois la présidence des Etats-Unis en menant une politique "à la renverse". Sa méthode est singulière : c'est par ses médias à lui - ses comptes Facebook et Twitter (désormais X) - qu'il rassemble des électeurs et s'impose dans un parti qui ne voulait pas de lui. Il a compris ce qu'apporte la révolution numérique : la possibilité de s'adresser directement - sans le filtre de journalistes - à des millions de personnes. Il tire parti de cette liberté pour imposer l'incorrection politique. Dans la forme : les à-peu-près, les blagues, les insultes. Et sur le fond : en projetant des pulsions jusqu'alors refoulées. En dix années, il renverse les standards de l'espace citoyen. L'auteur décrit ce modèle en suivant concrètement l'histoire des victoires et des défaites de Donald Trump. Comment il substitue au vrai le vraisemblable puis le plausible, avant d'imposer des "faits alternatifs" et enfin des "réalités alternatives". Sa défaite de 2020, qu'il métamorphose en un "vol" électoral, devient un tremplin pour sa victoire de 2024. Le brouillard des fake news lui permet de fabriquer des représentations fallacieuses du réel dans son camp. Donald Trump est déjà devenu l'influenceur politique numéro un en Amérique latine. Si l'Europe veut avoir les moyens de faire face, il est temps de tirer les leçons du phénomène Trump et d'édicter des règles protectrices.
La violence fait partie des expériences humaines fondamentales. Si, dans l'espace public, elle se voit soumise à un contrôle social, la sphère privée demeure le plus souvent dans l'ombre. Mêlant récit personnel et recherche anthropologique, Barbara Peveling analyse les ressorts de la violence intra-familiale. Elle montre comment celle-ci ne relève pas exclusivement de défaillances individuelles, mais s'enracine dans les structures mêmes de la société : assignations de genre, inégalités économiques, héritage patriarcal. Loin d'un constat fataliste, elle ouvre des pistes pour penser autrement le couple et la famille, en dehors des schémas de domination.
Les énergies du soleil et du vent sont déployées de plus en plus rapidement à travers le monde. Parvenues à un sommet, les émissions de CO2 - gaz à effet de serre à l'origine du dérèglement climatique - vont enfin reculer, lentement d'abord, puis plus rapidement. L'étape suivante, c'est d'utiliser cette électricité verte, dont le potentiel est quasi illimité, pour chasser le pétrole, le charbon et le gaz des bâtiments, des usines et des transports. Pour le ciment, les avions et certaines émissions de l'agriculture, ce sera difficile et coûteux, mais pas impossible. En parallèle, il faudra mettre en oeuvre des politiques incluant la sobriété. Mais celle-ci ne saurait constituer à elle seule une alternative crédible à la transition énergétique. Prétendre imposer la décroissance aux peuples du monde ne pourrait que les dresser contre le changement et en faire des proies faciles pour les populismes. L'auteur démonte ici les principales critiques adressées aux solutions techniques disponibles dès à présent : les énergies renouvelables et l'électrification. Qu'elles viennent des défenseurs des énergies fossiles, des partisans de la décroissance ou des fanatiques du nucléaire, ces remises en cause de la transition énergétique n'ont d'autre effet que de la retarder davantage et d'accroître les dangers du dérèglement climatique.
Court échange très intéressant et initiateur de réflexions avec la journaliste économique Salomé Saqué et l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, chef de The Shift Project, autour de la question écologique et de la jeunesse. Malgré leurs différences de points de vue parfois, les deux intervenants se rejoignent sur de nombreux aspects et invitent, par cet échange enrichissant, à une lutte intergénérationnelle et intersectionnel pour changer les choses.
La nature menacée devient menaçante : notre excès de contrôle nous a fait perdre le contrôle. Il va maintenant falloir vivre dans un monde fluctuant, c'est-à-dire inventer la civilisation de la robustesse, contre la performance." Olivier Hamant Face aux bouleversements du monde en cours et à venir, le développement durable, entre géo-ingénierie contreproductive et tout-électrique mal pensé, crée de nombreux futurs obsolètes. Émergent alors les contremodèles de la décroissance et de la sobriété heureuse, nettement mieux alignés avec le monde qui vient. Mais la frugalité peut-elle réellement mobiliser ? Ne risque-t-elle pas non plus de se réduire à d'autres formes d'optimisation ? Et si, pour être sobre et durable, il fallait d'abord questionner une valeur nettement plus profonde : l'efficacité. Le monde très fluctuant qui vient appelle un changement de civilisation. Ce chemin demande surtout de valoriser nos points faibles et inverse toutes les recettes.
Et si notre culture occidentale avait presque disparu et qu’un anthropologue jivaro essayait d’en sauvegarder la mémoire en analysant le mode de vie de ses derniers représentants ? Et si les débats politiques portaient sur la réintroduction de l’anthropophagie rituelle plutôt que sur l'économie ? Ou encore qu’un groupe de mésanges se transformaient en activistes écologistes punk ? Toutes ces idées et bien d’autres encore se retrouvent dans les trois tome du « Petit traité d’écologie sauvage » réunis dans une belle intégrale. Inspiré par les travaux de Philippe Descola, ce roman graphique profondément comique permet de sensibiliser à des enjeux écologiques et sociétaux importants.
Et si repenser notre rapport au vivant passait… par un chat ? De la philosophie à la littérature, de l’anthropologie à la spiritualité, cet ouvrage invite à un voyage sensible et critique au cœur de la « grande division » entre l’humain et la nature. En suivant les traces de penseurs contemporains mais aussi celles de chats en littérature, les autrices interrogent les évidences culturelles propres à la modernité occidentale : pourquoi et comment l’humain s’est-il cru séparé du reste du vivant ? Avec quelles conséquences ? S’approprier cette question peut-il permettre de réapprendre à habiter la Terre avec égards, vers plus de justice sociale et climatique ? Ce livre est une invitation à la métamorphose : desserrer nos certitudes, rouvrir l’imaginaire, choisir des formes d’alliance plutôt que de séparation. Il appelle à inventer des manières d’être qui libèrent, relient et donnent à la Terre, donc aussi à nous-mêmes, la possibilité d’un avenir habitable. Pour celles et ceux qui forment, transmettent, accompagnent, résistent et pour quiconque souhaite participer à l’émergence d’un monde où vivre ensemble - humains et non-humains - redevient possible. Car penser autrement le monde, c’est déjà commencer à le panser.