Juliet, un des premiers textes de Katherine Mansfield et sa seule tentative romanesque, a été écrit entre la Nouvelle-Zélande et Londres, alors qu'elle n'avait pas dix-sept ans. Le seul roman qu'elle ait entrepris fut finalement abandonné à la fin de 1906 ; il devait rester inconnu jusqu'en 1970, et inédit en français jusqu'à cette édition. Juliet est une héroïne romantique qui emprunte beaucoup de ses traits et de sa vie à son auteur, notamment le cadre géographique et familial, la passion qui la lie à un jeune violoncelliste, ou ses tribulations qui la mènent de l'Océanie à l'Europe ; il n'est pas jusqu'à sa mort qui ne préfigure celle de Katherine Mansfield... Même si des passages restent inaboutis et certains chapitres à peine esquissés, Juliet constitue un roman bien dans la veine de celle qui sut allier la beauté des descriptions et l'art de l'évocation, avec une attention scrupuleuse au monde et aux êtres. C'est aussi un livre annonciateur de son oeuvre future et dont les personnages portent au coeur l'insatisfaction, l'attente et cette fêlure qui caractérisent si bien l'art de la nouvelliste.Née à Wellington (Nouvelle-Zélande), le 14 octobre 1888, décédée à Fontainebleau le 9 janvier 1923, Katherine Mansfield (pseudonyme de Kathleen Beauchamp-Murry) a enchanté la littérature britannique du XXe siècle. Menant une vie sexuelle et amoureuse très libre, celle qui fut l'ami de D.H. Lawrence, Francis Carco, ou Virginia Woolf, publia ses premières nouvelles en 1909, mais c'est avec Pension allemande en 1911 qu'elle connut le succès, manifestant une personnalité complexe et un style original. Ses oeuvres suivantes : Félicité (1920), La Garden-Party (1922), Le Nid de colombes (1923), l'imposèrent comme un des grands écrivains de l'époque. Ses Lettres et son Journal, posthumes, révèlent une femme vivant l'instant avec intensité et une artiste passionnément attachée à la recherche esthétique.. Henri Prémont, écrivain belge, qui a participé à la traduction, a publié plusieurs essais autour des rêves et de la magie, et collaboré à diverses émissions pour la télévision.
Ce tome 3, qui court sur près de 250 ans, évoque de nombreuses figures qui ont marqué leur époque et donné à la France un accent particulier : pasteurs, banquiers, écrivains, peintres, cinéastes, artistes, savants, industriels, sportifs, voyageurs... Parmi les 1500 notices, notons Pierre Loti, le baron Haussmann, Hermès, Gérard Larcher, Pierre Joxe, Lionel Jospin, Elisabeth Labrousse... Un ouvrage au carrefour de l'histoire, de la sociologie, de la culture, de la religion et de la politique, qui intéressera les protestants mais aussi tous ceux que passionne l'histoire religieuse, et les généalogistes.Un collectif regroupant 160 collaborateurs spécialistes des différents champs abordés dans les notices est placé sous la direction de Patrick Cabanel et André Encrevé, deux des principaux historiens du protestantisme en France, membres du comité de la SHPF. Le premier, auteur, entre autres, en 2012, d'une Histoire des protestants en France, XVIe - XXIe siècle et de nombreux autres ouvrages, est directeur d'étude en "histoire et sociologie des protestantismes" à l'Ecole pratique des hautes études ; le second, auteur, en 2001, de L'expérience et la foi, pensée et vie religieuse des huguenots au XIXe siècle, est professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Paris-Est Créteil.
Le tome 4 du Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours couvre les lettres M à Q. Il comprend quelque 1170 notices, comme les tomes précédents, rédigées par de nombreux collaborateurs et collaboratrices, généralement universitaires. Y sont représentés toutes les familles du protestantisme (réformés, luthériens, membres d'autres dénominations protestantes), tous les milieux sociaux (des pasteurs aux banquiers, des savants aux cinéastes, des dynasties industrielles aux figures de la vie intellectuelles, etc.), tous les modes d'appartenance au protestantisme (des pratiquants réguliers à ceux qui n'entretiennent que des liens ténus avec les Églises). Quelques noms de ce tome 4 : les banquiers Mallet, les producteurs de cognac (Martell) et d'absinthe (Pernod), l'auteur du best-seller de cuisine Ginette Mathiot, le footballeur Blaise Matuidi et le rugbyman Picamoles, le prix Nobel de médecine Jacques Monod, l'industriel de l'électricité Ernest Mercier et celui du textile Oberkampf, l'acteur Mounet-Sully, les écrivains André Pieyre de Mandiargues, Jean Paulhan, Francis Ponge, les hommes politiques Marat (oui !), Louis Mexandeau, André Philip, les dynasties des Mieg, des Peugeot, des Pourtalès ou des Puech (Hermès), les pédagogues Oberlin et Pécaut, l'inventeur de la source Perrier, le cinéaste Nicolas Philibert, le pasteur Roland de Pury, la théologienne France Quéré…
Biographie de l'auteur Patrick Cabanel, professeur à l'université de Toulouse (auteur notamment d'une Histoire des protestants en France, XVe-XXe siècle, Fayard, 2012). André Encrevé, professeur émérite à l'université de Paris-XII (auteur notamment de : Les protestants en France de 1 800 à nos jours, Stock, 1985).
Le journaliste et écrivain Pierre Merle, parisien, linguiste de plein vent, travailleur de l'oreille qui traîne et à qui l'on doit de nombreux ouvrages sur la langue française (Dictionnaire du français branché, Dico de l'argot fin de siècle, Nouveau dictionnaire de la langue verte...) s'attaque ici à une mode qui ne cesse de s'amplifier et qui vise à remplacer le langage populaire, dur. coloré, vivant, incisif, pittoresque qui nomme un chat un chat et dont les trouvailles et l'irrévérence nous enchantent, par une langue lisse, neutre, morte en un mot. A l'image d'une société infantilisée, molle, prudente, pétocharde, où tout le monde est censé se ressembler, s'aimer et se féliciter de cette uniformisation, la langue s'affadit, se banalise, perd tout relief, toute originalité. toute saveur. Dans ce dictionnaire/pamphlet, l'auteur relève le vocabulaire qui s'est substitué aux expressions et mots hauts en couleur, de plus en plus frappés d'ostracisme, voire interdits sous peine de poursuites, une occasion de dénoncer la bien-pensance générale, le conformisme branché qui sévissent aujourd'hui, et de rappeler que la langue est le pouls de la société et que l'affadissement, la castration de l'une renvoie toujours à celles de l'autre. Un livre salutaire.
1803, Caroline du Sud. Fille d'une riche famille de Charleston, Sarah Grimké aspire dès le plus jeune âge à accomplir de grandes choses. Lorsque, pour ses onze ans, sa mère lui offre la petite Handful comme esclave personnelle, Sarah se dresse contre ce système inhumain. Entre les fillettes naît alors une véritable amitié, qui grandit au fil des années. Guidée par ses idéaux mais surtout par son affection pour Handful, Sarah n'abandonnera jamais l'espoir d'affranchir son amie. Superbe ode à la liberté et au courage, L'Invention des ailes dépeint les destins entrecroisés de deux personnages inoubliables, à la force de caractère incroyable, unis par le même profond désir d'indépendance.
Après de premiers échanges d'une cordialité toute bourgeoise, deux voisines en viennent à se livrer une véritable guerre (chantage, insultes, incitation au divorce?) pour une histoire de lambris que l'une veut repeindre dans le hall de l'immeuble et l'autre pas. L'une d'elles finira par disparaître dans de mystérieuses conditions. Une nouvelle recrue d'un club de lecture est reçue par sa présidente qui lui en présente les membres, une à une. A mesure qu'elle raconte leurs goûts littéraires (gore, romance coquine) ainsi que leurs histoires intimes (insémination de l'une, morts suspectes des maris successifs de l'autre), elle distille son venin... Voici quelques exemples tirés de ces douze nouvelles empreintes d'un humour féroce. Des portraits cruels de femmes toutes plus névrosées les unes que les autres, qui sont aussi les révélateurs d'une société américaine aisée, qui tient à tout prix à se montrer sous son masque de perfection. Helen Ellis fait éclater les apparences et décrit la solitude de ces femmes au foyer, mais aussi le pouvoir qu'elles ont sur leur petit royaume ? leur appartement, leur club de lecture, leur immeuble, leur mari ?, allant parfois jusqu'à la pulsion criminelle? Une satire de notre époque qui contraint au bonheur et à sa représentation en toute circonstance.
Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé." (William Faulkner)Voici trente ans que Billie James n'a pas remis les pieds dans le Mississippi. Un sacré tempérament, quelques dollars en poche et son chien Rufus au bout de sa laisse, elle débarque à Greendale et s'installe dans une bicoque décrépite où vécut autrefois son père. Ce dernier, poète noir de renom, est mort de manière accidentelle alors que Billie n'avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment du drame, mais n'en a conservé aucun souvenir.Alors que les voisins font preuve d'un comportement étrange, que des rumeurs circulent, laissant soupçonner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci mène son enquête, aidée par son oncle et un drôle d'olibrius universitaire. Ensemble, ils vont exhumer de lourds secrets, dévoilant peu à peu l'histoire de ses origines mais aussi, en toile de fond, celle d'un pays marqué par les blessures toujours à vif de la ségrégation.Campé dans le décor à la fois somptueux et inquiétant du Sud profond, le premier roman de Chanelle Benz fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu'a été - et ce qu'est encore - l'Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son Histoire.Traduit de l'anglais par David FauquembergChanelle Benz, britannique et antiguaise d'origine, vit et enseigne aujourd'hui à Memphis, dans le Tennessee. Elle est diplômée de l'université de Syracuse, où elle a eu pour mentor l'écrivain George Saunders, qui a salué en elle " une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine ", et a également étudié l'art dramatique à l'université de Boston. Après un virtuose premier recueil de nouvelles, Dans la grande violence de la joie (Seuil, 2018), elle signe avec Rien dans la nuit que des fantômes son premier roman.
Avant de s'engager dans l'armée iranienne pour combattre l'ennemi irakien, Amir Yamini était un playboy, qui passait le plus clair de son temps à séduire les femmes et exaspérer sa très pieuse famille. Cinq ans plus tard, sa mère et sa soeur le retrouvent, amputé de son bras gauche, dans un hôpital psychiatrique pour soldats traumatisés. Quasi amnésique, Amir est hanté par la vision d'une mystérieuse femme sans visage, au front orné d'un croissant de lune. De retour à Téhéran, le fils prodigue est tour à tour salué comme un martyr de la Révolution islamique et confiné dans sa chambre comme un fou dangereux. Avec la complicité de sa soeur, il s'évade en escaladant le mur de leur jardin et repart sur le champ de bataille à la recherche de celle qu'il surnomme « Front de lune », accompagné dans ce périple au fil de la mémoire par deux scribes perchés sur ses épaules - l'ange de la vertu et l'ange du péché - qui consignent depuis toujours son histoire. Avec cette épopée amoureuse, guerrière et poétique d'une inventivité exubérante, porteuse d'un regard subtil sur la société iranienne contemporaine et empreinte d'une sensualité tout droit héritée de la grande tradition des contes persans, le grand romancier iranien Shahriar Mandanipour signe une oeuvre forte, envoûtante et pleine d'humanité.