Anthropolitiques. Jean-Loup Amselle, une pensée sans concessions
Mangeon Anthony
KARTHALA
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EAN :9782811112691
L'anthropologie de Jean-Loup Amselle se distingue par son attention constante à l'histoire et par sa conception pragmatique des identités comme résultantes de rapports de force toujours susceptibles d'être modifiés. On lui doit la déconstruction des catégories d'«ethnie» et de «métissage», une critique acerbe de l'ethnologie coloniale, de l'idéologie républicaine et de leurs raciologies conjointes, mais également l'élaboration de cadres conceptuels nouveaux. Sa théorie des «branchements» - ou toutes les dérivations opérées à partir d'un réseau, ainsi que les torsions et emprunts latéraux entre divers «lieux de la culture», toujours en tension relationnelle les uns avec les autres - présente ainsi une alternative féconde aux théories postcoloniales de la polarisation et de l'hybridité. Cet ouvrage s'attache à mettre en relief la profonde cohérence d'une oeuvre qui a constamment remis en question les découpages ethniques ou communautaristes des corps sociaux et politiques, ainsi que les partitions disciplinaires entre anthropologie, sociologie, histoire de l'art, linguistique et études littéraires. De plus, on trouvera à la fin de chaque contribution les réponses de Jean-Loup Amselle à celles-ci. Il contient enfin quatre nouveaux essais de l'auteur. Professeur de littératures francophones à l'Université de Strasbourg, Anthony Mangeon a enseigné aux Universités de Stanford (Californie), de Cergy-Pontoise et de Paul-Valéry Montpellier (France). Il est l'auteur ou le directeur de plusieurs ouvrages, dont La Pensée noire et l'Occident (Sulliver, 2010) et Postures postcoloniales (Karthala - MSH-M, 2012). Directeur d'études à l'EHESS et rédacteur en chef des Cahiers d'études africaines, Jean-Loup Amselle est l'auteur de nombreux ouvrages dont Logiques métisses (1990), Branchements (2001), L'Occident décroché (2008), Rétrovolutions (2010), L'ethnicisation de la France (2011), L'anthropologue et le politique (2012), Psychotropiques (2013), et dernièrement Les Nouveaux Rouges-Bruns (2014).
Nombre de pages
368
Date de parution
26/01/2015
Poids
600g
Largeur
160mm
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EAN
9782811112691
Auteur
Mangeon Anthony
Editeur
KARTHALA
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160
Date de parution
20150126
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368,00 €
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Le nouveau monde a eu un prophète et un apôtre. Il a été aussi un martyr. L'Amérique est inimaginable sans Luther King. Cette biographie intime restitue son rêve dans toute sa réalité. Alors qu'on vient de commémorer les 50 ans de son assassinat, cet essai biographique revient sur l'itinéraire intellectuel, spirituel et politique du pasteur noir américain Martin Luther King Jr. S'appuyant sur de nombreux textes encore inédits en France, il tente de reproduire le plus fidèlement possible l'existence et la pensée d'une figure unique de l'Amérique du xxe siècle, prix Nobel de la paix en 1964. D'où Martin Luther King Jr. venait-il, quel élève était-il, et quel genre de pasteur devint-il ? Fut-il vraiment l'auteur de tant de livres et de discours ? Quelles étaient ses ambitions politiques ? Avait-il une vocation de martyr, de prophète ? Enfin, quel héritage a-t-il laissé, et à qui ? Au fil de pages très bien documentées, s'esquisse un portrait contrasté, loin des hagiographies habituelles, où l'étudiant plagiaire cède la place à un orateur et un stratège politique hors pair ; où le mari infidèle s'efface derrière l'infatigable militant ; où l'interlocuteur privilégié des puissants dialogue passionnément avec les plus humbles et les plus démunis. Un livre nécessaire, pour découvrir le vrai visage de Martin Luther King Jr. , et peut-être le vrai visage de l'Amérique.
Qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, les études postcoloniales, issues du monde anglophone, font désormais partie de notre horizon critique. Nous n'en sommes donc plus au stade où il faudrait encore et toujours les acclimater en France et dans le domaine francophone. Les auteurs de ce volume en prennent résolument acte et, en se fondant sur la vitalité des créations qu'elles ont eues pour objet, ils interrogent les postures, intellectuelles ou littéraires, que les littératures et les études postcoloniales ont rendu possibles. Dans leur vocation politique et pluridisciplinaire, les productions postcoloniales ont en effet contesté les rapports de force et les hiérarchies qui ordonnaient habituellement les champs du savoir et de la littérature, en étroit lien avec l'exercice ou l'héritage des dominations coloniales. Auteurs et penseurs postcoloniaux ont ainsi pris position contre un ordre dominant du discours. Mais les manières dont ils ont accompli ce geste créateur et critique constituent autant de postures, qui ont elles-mêmes une histoire et une mémoire. Comment se déclinent-elles ? Quels sont leurs modèles ? Quels sont ceux qui les incarnent aujourd'hui dans le monde francophone ? Centré sur les domaines africains et antillais, l'ouvrage propose un premier tour d'horizon en se concentrant sur certaines pratiques (l'autobiographie, l'essai, le roman, le théâtre etc.) et sur certaines figures majeures du postcolonialisme littéraire et philosophique (Valentin-Yves Mudimbe, Aimé Césaire, Edouard Glissant etc.).
Quel est le crime suprême que puisse commettre un écrivain ? Le plagiat, pour sûr. Et à quelle extrémité pourrait bien se résoudre un auteur pour masquer les traces de son forfait, ou pire, pour se débarrasser d'une influence trop encombrante ? Au meurtre du père ou d'un pair - c'est souvent tout un. On devient ainsi, selon les circonstances, " l'auteur d'un crime " comme on est " l'auteur d'une oeuvre ". Cet essai s'intéresse donc aux romans des écrivains qui ont mis le plagiat et l'assassinat au coeur de leurs intrigues. Des avant-gardes du début du XXe siècle aux romanciers francophones contemporains, du roman policier au roman de campus, de l'adaptation à la fiction cinématographique, on voit ainsi s'esquisser le portrait-robot de l'écrivain plagiaire ou assassin, simple victime ou, au contraire, bourreau pervers de ses rivaux.
La littérature est hégémonique, dans sa propension à englober dans son orbe des savoirs que d'autres discours ou disciplines - la philosophie, l'histoire, les diverses sciences humaines - aimeraient à distinguer clairement d'elle. Elle est aussi démonique, dans l'emprise qu'elle exerce sur nos esprits. Les travaux de Laurent Dubreuil ont montré comment l'écriture et la lecture avaient, dans la modernité occidentale, constitué un des ultimes refuges pour l'expérience de la possession. Ils ont aussi exposé comment la domination coloniale s'était elle-même déployée à travers une " phrase de possession " dont les échos continuent de résonner fortement dans les productions langagières et littéraires contemporaines. " L'empire de la littérature " dit ainsi trois phénomènes imbriqués : un domaine, une puissance, et la capacité qu'ont l'un et l'autre de renaître de leurs propres faillites. Comment s'est littérairement édicté l'empire, comment peut-on s'en sortir, la littérature peut-elle échapper à la politique et la parole esquiver ainsi la parlure ? Conçu dans un constant dialogue avec Laurent Dubreuil, qui signe ici plusieurs essais et entretiens inédits, cet ouvrage collectif aborde la question de l'indiscipline littéraire face aux différents régimes de savoir, face à la possession coloniale, et dans son rapport à l'histoire. Centré sur les littératures francophones, en particulier africaines et antillaises, il offre une contribution originale aux réflexions contemporaines sur l'apport des théories postcoloniales, et sur les relations entre littérature et pensée.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.