La particularité de ce livre, parmi tous les travaux parus à l'occasion du centenaire de l'affaire Dreyfus, est de lier les nouveaux regards sur cet épisode fondamental de j notre histoire à la réflexion sur un certain nombre de débats actuels, notamment sur la question de l'approche universaliste ou communautaire de la lutte contre l'antisémitisme. En se plaçant sous l'égide de Pierre Vidal-Naquet, qui s'est défini lui-même comme, inséparablement, historien et citoyen engagé, cet ouvrage s'efforce d'ajouter à l'analyse proprement historique celle du sens qu'a pris, depuis l'Affaire et jusqu'à aujourd'hui, la notion d'engagement dreyfusard. A partir des travaux du colloque international organisé, en association avec plusieurs institutions et sociétés savantes, par la Ligue des droits de l'Homme les 8 et 9 décembre 2006, à l'Ecole militaire, sur les lieux mêmes où s'était déroulée, un siècle plus tôt, après la dégradation du capitaine, la cérémonie réparatrice de juillet 1906, les directeurs de cet ouvrage ont introduit d'importants compléments qui en dégagent les problématiques et les principaux points en débat. Aux études des quarante-cinq historiens réunis ici, dont Serge Berstein, Patrick Cabanel, Vincent Duclert, Michel Dreyfus, Rémi Fabre, Robert Frank et Jérôme Grévy, s'ajoutent des contributions d'autres personnalités connues pour leur implication dans les questions relatives à la Justice, tels Lucie Aubrac, Robert Badinter, Jean-Jacques de Félice, Jean-Pierre Dubois, Nicole Dreyfus, Stéphane Hessel, Henri Leclerc, Michel Tubiana, ainsi que l'ancien premier président de la Cour de cassation, Guy Canivet, et l'avocat général à sa chambre criminelle, Didier Boccon-Gibod. Les échanges rassemblés dans ce livre prennent aussi une dimension internationale, avec les apports de Michel Abitbol, Cylvie Claveau, Simon Epstein et Norman Ingram. Au-delà du public intéressé par l'histoire de l'affaire Dreyfus et la place fondatrice qu'elle occupe dans notre modernité républicaine, les débats soulevés dans ce livre, qui renvoient à des enjeux contemporains, concernent aussi tous les citoyens.
Nombre de pages
551
Date de parution
29/10/2009
Poids
838g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782753509474
Titre
Etre dreyfusard hier et aujourd'hui
Auteur
Manceron Gilles ; Naquet Emmanuel
Editeur
PU RENNES
Largeur
150
Poids
838
Date de parution
20091029
Nombre de pages
551,00 €
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Présentation de l'éditeur C'est une introduction originale à l'histoire de la colonisation française que propose Gilles Manceron dans cet essai inédit. On sait que ces dernières années, des revendications se sont élevées, pour exiger des réparations, voire des poursuites judiciaires, pour les crimes de la colonisation : quelles réponses apporter aujourd'hui à ces revendications ? Pour répondre à cette question, Gilles Manceron revient sur les crimes massifs et organisés qui ont accompagné la colonisation pendant plusieurs siècles, depuis la traite esclavagiste jusqu'aux indépendances. Et il montre comment, à partir du XIXe siècle, ces crimes ont été systématiquement déniés, par un discours officiel selon lequel les notions d'égalité et de droits de l'homme admettraient une exception : celle des peuples colonisés, " mineurs et barbares ", qui ne pouvaient prétendre en bénéficier. Ce discours, qui fut celui des IIIe, IVe et Ve Républiques, a été abandonné après les indépendances. Mais, depuis, les autorités de la République n'ont jamais reconnu les crimes de la colonisation, ni désavoué le discours officiel antérieur. À partir de cette confrontation entre la réalité de la violence coloniale et le discours qui la légitimait, Gilles Manceron montre que ce n'est pas par d'hypothétiques procès ou réparations financières que ces pages noires de l'histoire de France seront définitivement tournées, mais par un effort de vérité politique et historique auquel ce livre entend contribuer.
Biographie de l'auteur Gilles Manceron, historien, est vice-président de la Ligue des droits de l'homme. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont D'une rive à l'autre. La guerre d'Algérie de la mémoire à l'histoire (avec Hassan Remaoun, Syros, 1993) et Marianne et les colonies. Une introduction à l'histoire coloniale de la France (La Découverte, 2003).
Manceron Gilles ; Comte Antoine ; Sainati Gilles ;
Le but est d'établir une liste de "11 mesures" proposer dans le domaine judiciaire et policier, pour lutter efficacement contre la violence d'Etat. La liste s'établit ainsi: 1. Suppression de la garde à vue; 2. Détention préventive, surpopulation carcérale; 3. Abolition des lois et juridictions d'exception; 4. Fichiers et surveillance de la vie quotidienne; 5. Compétence universelle; 6. La question du parquet; 7. Contrôle de la police - Suppression des polices d'exception; 8. Lutte contre le racisme d'Etat; 9. La dite gestion des flux migratoires; 10. L'utilisation policière de la psychiatrie; 11. La fin de la protection des mineurs. Chaque partie présente un court état des lieux et donne à voir quelles mesures nous proposons (sans souci de leur possibilité de réalisation).
Manceron Gilles ; Merle Jean-François ; Ravenel Be
Le 17 octobre 1961, alors que les pourparlers qui devaient déboucher sur les Accords d'Evian étaient engagés, la manifestation organisée par la fédération de France du FLN à Paris et en région parisienne, pour desserrer l'étau du " couvre-feu ethnique " qui était imposé aux " Français musulmans algériens ", est violemment réprimée par la police placée sous les ordres du préfet Papon. Des centaines de morts ont endeuillé ce qui a constitué, selon des historiens britanniques, " la répression la plus meurtrière d'une foule désarmée dans toute l'histoire contemporaine de l'Europe occidentale ". Il faudra de longues semaines pour que, le 18 novembre puis le 12 décembre, la gauche se rassemble enfin dans la rue derrière les mêmes mots d'ordre. Après l'indépendance algérienne, un travail de mémoire se fera pour briser l'omerta sur la répression du 17 octobre 1961. Mais paradoxalement, il passera sous silence le rôle du PSU pour riposter à ce crime d'Etat et le dénoncer.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.