La Science gouvernée décrit une double crise de sens. Par les normes nouvelles qu'il lui impose, l'utilitarisme fébrile de nos politiques met en péril l'activité de recherche scientifique et la production de connaissances. Rabattement de la science sur la technoscience, financement sur projets, évaluations quantitatives à court terme, exacerbation des concurrences, brandissement d'excellences autoproclamées, précarités des carrières... les recettes du management libéral sont importées dans un domaine où elles deviennent absurdes et strictement contre-performantes. Ces mutations sont paradoxalement imposées au nom d'une ambition stratégique de l'Occident contre les pays émergents, le monopole d'une "économie de la connaissance", dont tout annonce déjà le caractère illusoire. Cette crise est couplée au désarroi de l'appareil de transmission des savoirs, l'Université, sommée de délivrer massivement des diplômes à des générations étudiantes pessimistes sur les portes que ces diplômes leur ouvriront. Le monde académique se plie hélas, à contrecoeur à des injonctions qui exténuent à la fois le bonheur de chercher et celui de transmettre. Lucide, inquiet mais combatif, le présent texte ne se contente pas de décliner ces formes spécifiques de la maltraitante néolibérale, il est un plaidoyer vivant et engagé pour la vocation première de l'entreprise de connaissance, incompatible avec la logique de retour sur investissement à court terme et l'assujettissement aux pouvoirs économiques et politiques. Il nous invite à ne pas succomber aux sirènes de l'opérationnalisme, à ne pas réduire le réel à son exploitabilité, à réintégrer la notion de "temps long" inhérente à tout projet de recherche.
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Date de parution
24/03/2011
Poids
204g
Largeur
130mm
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EAN
9782913911055
Titre
LA SCIENCE GOUVERNEE ESSAI SUR LE TRIANGLE, SCIENCES, TECHNIQUES, POUVOIR
Auteur
MALRIEU JEAN-PAUL
Editeur
VERDIER
Largeur
130
Poids
204
Date de parution
20110324
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Pourquoi nos enfants entrent-ils dans un monde plus cruel, plus dangereux que celui où nous avons grandi ? ce texte lance une série de questions inquiètes sur les avenirs que dessine leu désormais souverain de la libre concurrence. Il ne les adresse pas au Marché, aussi muet que sa main est invisible. Il ne les pose pas aux politiques, appliqués à faire de la compétition, donc de la guerre, le ressort de la vie sociale. Pas non plus à ceux qui nous vendent la potion magique de " l'économie de la connaissance ". Mais à nous. D'où nous vient cette résignation à suivre un cours si manifestement délétère, où s'accroissent les inégalités, la précarité et la violence ? De quoi est faire, de quelles adhérences profondes, notre impuissance politique ? est-il pourtant impossible d'articuler un projet politique radical pour ce temps, qui ne se bercerait ni de simplismes révolutionnaires ni des vagues invocations à un autre monde possible ? Bien que pessimiste, ce texte souffle sur les braises de nos rages lucides. Dans l'espoir ténu qu'en pourrait renaître une ambition politique à la mesure du défi civilisationnel que nous a jeté l'empire du Marché.
Le poète de Montauban disparu en 1976 chante l'amour, la fraternité et la nature. Il est mort à Penne-de-Tarn ("Mon pays préféré est cette gorge de montagne"). Son lyrisme d'amour, lui-même, s'épanouit en un accord cosmique. Comme chez les troubadours, son rapport à l'aimée est de respect et de fidélité; la femme désirée figure la terre nourricière, tandis qu'un être neuf va naître du couple accompli. Prose poétique, vers libre ou verset se partagent dans son ?uvre. Parfois le verset se fait un peu solennel, comme à l'évocation des Parfaits de Montségur (Le Château cathare, 1972). Ses débuts furent influencés par le surréalisme. Comme Eluard, il n'a jamais dissocié le vivre de l'écrire. Instituteur à Marseille où il collabora aux Cahiers du Sud et fonda la revue Sud, après avoir créé la revue Action poétique, il se gardait du factice et des arrogances intellectuelles. Il y avait en lui de la naïveté, une bonté indéracinable. Pour Malrieu, "le choses simples" étaient "heureuses". Il a parlé des gens démunis, de sa mère, avec un ton d'évidence, une économie de sensibilité peu fréquents. "Un homme est toujours sauvé par sa vie", a-t-il écrit. Il ajustait un souci de moralisme à l'exigence de liberté. Son bon sens précisait: "Malheur à qui mêle point de terre à son amour."
Quel époux demande-t-il ce soir à partager la couche de Roxane ? L'empereur passionné qui s'éprit d'elle au premier regard et l'épousa dans l'heure ? Ou le tyran torturé avide de pouvoir ? Blessée et lasse du caractère violent et imprévisible d'Alexandre, Roxane est séduite par Olympias, la mère de son mari. La folie meurtrière chronique d'Alexandre est décuplée lorsqu'il apprend l'idylle. Les deux amantes sont confrontées à des choix tragiques.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
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