Ce qui me fascine dans mon aventure, c'est la marche sur le mur entre la vie et les grandes profondeurs annonciatrices de la mort. C'est aussi le souvenir de ces profondeurs. "Les réanimés ne se souviennent de rien" (de rien, mais de conversations entre les médecins !). La rencontre avec la part de l'homme qui marche, geint ou hurle quand la conscience n'est pas là. J'ai été conscient de ne plus savoir où j'étais -, d'avoir perdu la terre. Pas d'autre douleur que celle des autres, qui bat confusément cette chambre blanche où veille la petite lampe de la nuit comme, dans ma chambre de Bombay, la rumeur de l'Océan battait la grève. Je suis lucide, d'une lucidité limitée au ressassement d'une terre de nulle part, à la stupéfaction devant un état ignoré. Ce qui s'est passé n'a rien de commun avec ce que j'appelais mourir. " En 1972, André Malraux, " atteint d'une maladie du sommeil ", est hospitalisé à la Salpêtrière. De cette expérience va naître Lazare, un de ses plus beaux livres, celui qu'il choisit pour clore le cycle du Miroir des limbes.
Nombre de pages
174
Date de parution
21/10/2004
Poids
106g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070315833
Titre
Lazare
Auteur
Malraux André ; Guyard Marius-François
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
106
Date de parution
20041021
Nombre de pages
174,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Interprété par Eric Herson-Macarel 8 CD - 600 mn Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire? frapperait-il au travers? L angoisse lui tordait l'estomac; il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable, en cet instant, que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu une ombre, et d'ou sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même de la chair d'homme. Prix Goncourt 1933
La panthéonisation de Jean Moulin fut portée, en 1963, par l'initiative de résistants de son Hérault natal, à l'occasion du vingtième anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance. André Malraux, alors ministre d'État chargé des Affaires culturelles, manifesta aussitôt son intérêt et obtint l'accord de principe du Premier ministre, Georges Pompidou, entériné par le général de Gaulle. Après quelques hésitations en raison de l'ampleur du projet, la cérémonie ne fut publiquement annoncée qu'au début de l'été 1964. Elle s'inscrirait dans le cadre de la commémoration des vingt ans de la Libération. La date fut fi xée au samedi 19 décembre tandis qu'André Malraux se voyait confi er l'écriture du discours, qu'il prononça lors de la cérémonie de panthéonisation captée par l'ORTF. Ce discours, que nous croyons si bien connaître, cette "psalmodie hurlée" comme Malraux l'appelle lui-même, a été un texte mouvant, retravaillé avant, pendant et après sa lecture publique. C'est ce processus d'écriture que le présent recueil donne à voir, réunissant le texte que Malraux choisit de publier dans les Oraisons funèbres, le manuscrit de la plus ancienne version du brouillon connue - fac-similé et transcription -, ainsi que ses autres discours sur la Résistance et la déportation. Tel est l'ensemble qui tentera de répondre à cette suggestion formulée un jour par Roger Martin du Gard à son ami : "Il faudra bien, un jour, que vous écriviez un essai sur le miracle de la parole en public, et que vous nous révéliez ce qui se passe en vous quand vous êtes sur le trépied."
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys