Les écrits de Rob Mallet-Stevens (1886-1945) avant la guerre de 1914-1918 révèlent son admiration pour la Sécession viennoise qu'il découvre dans l'hôtel particulier de sa tante, Suzanne Stevens-Stoclet, édifié à Bruxelles par l'architecte autrichien Josef Hoffmann. Il écrit sur le théâtre et est aussi le premier à s'intéresser à l'architecture au Japon. Après la Grande Guerre, son centre d'intérêt se déplace vers le 7e art. Il réalise les décors de quelque vingt films et devient une personnalité reconnue dans le domaine des décors de cinéma. Cette implication va avoir un effet simplificateur sur sa propre architecture. Il se distingue de ses confrères modernistes par une attention soutenue aux arts appliqués, au vitrail, au fer forgé, à la sculpture... En 1925 il atteint la notoriété avec la construction d'une villa pour les Noailles à Hyères, suivie par l'inauguration en 1927 à Auteuil d'une rue qui porte son nom. La villa Cavrois, à Croix dans le nord de la France, inaugurée en 1932, aujourd'hui monument historique, suscite, depuis son ouverture au public en 2015, l'engouement de milliers de visiteurs. Après la publication en 2016, aux éditions AAM, de ses écrits de 1907 à 1914, ce livre rassemble tous ceux rédigés entre 1917 et 1940. Fruit d'un travail intense de recherche de textes disséminés dans de nombreuses publications, certaines rarissimes, ce recueil donne accès à la pensée critique d'un des grands architectes européens de son époque. Les différents textes dévoilent aussi un auteur au style original qui s'inscrit dans une lignée familiale d'artistes et d'une grand-mère écrivain, Jeanne Thilda, amie de Maupassant, qui marqua son époque.
Nombre de pages
495
Date de parution
08/11/2019
Poids
1 515g
Largeur
190mm
Plus d'informations
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EAN
9782871433507
Titre
Rob Mallet-Stevens 1917-1940
Auteur
Mallet-Stevens Robert ; Mare Alexandre
Editeur
AAM
Largeur
190
Poids
1515
Date de parution
20191108
Nombre de pages
495,00 €
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Voici rassemblés pour la première fois tous les articles de Rob Mallet-Stevens écrits entre sa sortie de l'Ecole Spéciale d'Architecture à Paris en 1906 et le début de la guerre, fin juillet 1914. Le jeune architecte commence par écrire dans une revue anglaise, puis dans des publications belges, françaises et autrichiennes. Ses premiers articles sont des reportages sur des édifices parisiens et des comptes rendus des salons d'art. Puis, il s'attache à l'architecture traditionnelle japonaise et à l'art théâtral et à son évolution jusqu'aux créations d'avant-garde des Ballets russes et du Théâtre des Arts de Jacques Rouché. La maison-palais de sa tante, Suzanne Stevens-Stoclet, édifiée de 1905 à 1911, à Bruxelles sur les plans de l'architecte autrichien Josef Hoffmann avec la collaboration de Gustav Klimt et de la Wiener Werkstatte, l'introduit dans l'univers de la Sécession dont il devient le prosélyte. Mais bientôt les rumeurs de guerre l'incitent à prendre ses distances avec ce qu'on appelle en France" le goût munichois". II apprécie alors les lignes simples du style Directoire et ses couleurs vives. Ses articles dans Comoedia illustré le font entrer dans le cercle de la mode où il côtoie des créateurs illustres dont certains deviendront ses clients : Jeanne Paquin, Jacques Doucet, Paul Poiret... A travers ses écrits de jeunesse on découvre un plumitif prolixe, cosmopolite et doté d'un oeil critique dans la lignée de ses illustres ascendants, les frères Stevens et sa grand-mère l'écrivain Jeanne Thilda dont le salon parisien a marqué les lettres françaises.
En 1922, l'éditeur Charles Massin publiait un splendide portfolio du jeune architecte Robert Mallet-Stevens, Un cité moderne, consistant en 32 planches rassemblées dans un cartonnage de luxe et reproduisant des dessins colorisés. Fortement influencées par le style viennois, ces planches sont un manifeste de l'art moderne. Cinéma, banque, musée, halles, pavillon de sports, maisons ouvrières, hôtel de voyageurs, mairie, arrêt de tramway, église, immeuble de rapports sont quelques-uns des édifices projetés, proposant ainsi l'amateur une manière de ville idéale. Le portfolio est aujourd'hui réédité en fac-similé, au plus proche de l'édition originale.
En 1926, Le Corbusier et Pierre Jeanneret réalisent à Pessac, près de Bordeaux, la Cité Frugès, commandée par Henry Frugès, industriel sucrier bordelais. Ce lotissement expérimental entend offrir à l'habitat populaire les ressources d'une architecture nouvelle : standardisation, polychromie, toit-terrasse, volumes simples, liberté du plan. Très vite pourtant, les habitants transforment les maisons. Ils les adaptent au climat, aux usages quotidiens, aux besoins de la vie familiale. L'oeuvre moderne entre alors dans l'histoire vivante : elle cesse d'être un manifeste immobile pour devenir une matière habitée. Depuis juillet 2016, la Cité Frugès appartient au patrimoine mondial de l'Unesco. Près d'un siècle plus tard, Léon Krier - 1946-2025 - revient sur cette expérience fondatrice. Dans un projet théorique largement illustré, il se met dans les pas de Le Corbusier, non pour l'imiter ni pour l'effacer, mais pour poursuivre le dialogue. Son Nouveau Pessac démontre que l'oeuvre de Le Corbusier peut encore être une source d'invention, à condition d'être confrontée au génie de la ville européenne : ses rues, ses places, ses quartiers mixtes, ses échelles humaines, sa diversité et sa mémoire. Le nouveau Pessac, Le Corbusier après Le Corbusier, est ainsi moins un retour en arrière qu'une méditation sur l'avenir possible de la ville.
Culot Maurice ; Pirlet Lola ; Marchand Yves ; Meff
Dans les premiers jours du mois d'octobre 1870, Arthur Rimbaud, use ses bottines sur le chemin qui le mène à Charleroi. L'adolescent fugueur, qui rêve de se faire engager dans un journal local, pénètre dans la ville au moment du démantèlement des formidables fortifications qui depuis 1666 forment le verrou de la trouée de l'Oise. L'Espagne, la France, l'Autriche, la Hollande ont laissé leur empreinte sur la ville qui, au XIXe siècle, se retrouve au coeur d'un empire industriel né de l'exploitation de la houille. La ville moderne qui s'érige à l'emplacement des glacis et courtines vit au rythme des aléas de l'économie du charbon, de l'acier et du verre. Au début des années 1930, l'architecte moderniste Victor Bourgeois présentera à ses collègues européens le cas de Charleroi " ville marxiste " . Aujourd'hui c'est une agglomération de 200 000 habitants reconvertie dans les industries de pointe, entre autres dans l'aérospatiale. Elle accueille l'aéroport de Bruxelles-Sud avec ses millions de voyageurs annuels et vient de se doter d'une élégante tour signal en briques bleues portant la signature de Jean Nouvel associé à l'agence MDW. Charleroi c'est encore une variété d'ambiances urbaines contrastées uniques à 50 kilomètres de Bruxelles et 200 de Paris, une rare mixité sociale et ethnique, une scène alternative de la danse, du rock, de la photographie, une capitale du vintage. C'est le Brooklyn belge. A travers des dessins, plans et photographies, le plus souvent inédits, le livre retrace l'évolution du visage de la ville, entre 1870 et aujourd'hui. Une partie du livre retrace l'histoire de la forteresse entre 1666, année de sa fondation et 1867, année où est adopté le plan d'extension de la ville à l'emplacement des fortifications.
Ce livre est un essai sur la politique d'expansion territoriale des ducs de Zähringen. Stratèges ambitieux, alliés de l'empereur d'Allemagne, ils fondèrent au XIIe siècle quinze villes, jalons de leur pouvoir, entre la Forêt Noire et la Suisse actuelle, sur un territoire dont l'enjeu était le franchissement des Alpes. L'auteur étudie le plan et la charte de ces créations urbaines, en fait émerger un modèle et le compare à d'autres villes de cette époque. Il faut dire la modernité de cette dynamique urbaine, une large rue qui, à l'image du village-rue slave ou du " strip " des villes américaines, structure la ville. L'ouvrage est un livre d'histoire et un livre d'architecture qui met en scène dans des villes toujours existantes les paysages, pouvoirs et conflits de leurs origines.