Un Juif rebelle dans la Révolution. La vie de Zalkind Hourwitz (1751-1812)
Malino Frances
BERG
18,80 €
Sur commande
EAN :9782911289231
En 1774 arrive à Paris Zalkind Hourwitz, né en 1751 dans une petite communauté juive de Pologne. Ayant appris l'alphabet à l'aide d'un dictionnaire hébreu-allemand, il devient secrétaire-interprète à la Bibliothèque du roi. En 1788 il partage avec l'abbé Grégoire le prix décerné par la Société royale des arts et sciences de Metz qui avait organisé un concours sur le thème : " Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en France ? ". Durant la Révolution, proche des Girondins, il s'engage dans la garde nationale. Tandis que l'abbé Grégoire considère que la " régénération " des Juifs doit être un préliminaire à leur émancipation, Hourwitz déclare : " Tant qu'il ne sera pas prouvé que les Juifs sont vraiment dégénérés, je ne vois point la nécessité, ni même la possibilité de les régénérer ", avant de préciser : " exclure les Juifs de la citoyenneté équivaudrait à priver la Révolution de son fondement moral et éthique. " En 1791, un décret d'émancipation affranchit les Juifs de l'oppression et de la discrimination. Mais une loi ne suffit pas à changer les mentalités. Hourwitz raconte en 1792, dans La Chronique de Paris, sa dispute avec un bedeau : " [...] il me traita d'impie, de déiste, d'athéiste et, qui pis est, d'un homme qui a renoncé à son baptême. Moi !, m'écriai-je, en feignant de me fâcher à mon tour ; moi, renoncer au baptême ! Apprenez, Monsieur, que je n'ai jamais été baptisé ni à l'eau, ni au feu, ni au Saint-Esprit. Quoi ! dit-il en frémissant, seriez-vous donc de la nation coupable du meurtre de Jésus-Christ ? Oui, Monsieur, lui répondis-je, et vous êtes bien ingrat de me reprocher ce meurtre qui vous a sauvé du péché originel, et auquel vous êtes redevable de votre place de bedeau. Il voulut répliquer, mais l'éclat de rire de mes camarades le fit détaler en nous donnant à tous les diables. " Libre penseur, libertin au sens premier du terme, rebelle en tout cas, Hourwitz combattit l'obscurantisme des rabbins comme celui des prêtres tout en revendiquant hautement sa judéité. " Citoyen Zalkind Hourwitz, Juif polonais ", ainsi se présentait-il avec fierté et provocation. Ce livre permet de clarifier les enjeux de l'émancipation, de distinguer les révolutionnaires chrétiens comme Grégoire, ou laïques et anti-juifs comme les héritiers de Voltaire, d'autres révolutionnaires qui jouèrent un rôle important dans le combat pour la liberté et la justice. U émancipation n'impliquait pas plus la régénération des Juifs que l'abandon de leur identité, comme semble le croire aujourd'hui une certaine historiographie judéo-centriste.
Mon conte. Un rat, un bernard-l'ermite, une sterne et un râle. Ils ont fabriqué leur pirogue avec une feuille de bananier, puis ils s'en vont se promener en mer. " Que va-t-il advenir de cette fragile embarcation et du petit rat sur le grand océan pacifique ? (Illustations en noir et blanc).
Préface de Guillaume Durand.Dans tous les voyages initiatiques de l'adolescence une place fondamentale est réservée à l'Italie: Rome, Florence, Naples, Sienne, Venise. Mais bizarrement dans ce passage obligé de la culture occidentale, Ferrare, la ville de l'Arioste, du Tasse, où oeuvrèrent les plus grands architectes et peintres de la Renaissance, est souvent ignorée, évitée, presque méprisée. Cette ville fut pourtant au XVe et au XVIe siècle un foyer artistique et culturel important de l'humanisme, elle accueillit Juifs expulsés d'Espagnes et Protestants pourchassés par l'Église, mais prise par les armées du pape Clément VIII en 1598, une chape de plomb s'abattit sur Ferrare qui fut oubliée.Or c'est une exception assez incroyable dans la constitution des grandes villes de la péninsule. À la Renaissance, le duc Hercule Ier d'Este inspira un plan d'urbanisme tout à fait original pour l'époque avec de larges avenues et de grandes places qui tranche totalement avec le reste de l'architecture italienne de l'époque et anticipe la modernité.De nos jours, plusieurs expositions de mise en valeur de son patrimoine se sont succédé tant au palais des Diamants qu'à la Galleria Estense de Modène, mais l'histoire de Ferrare et ses apports dans la construction de la culture européenne contemporaine sont encore méconnus d'un large public.Pourtant cette ville a inspiré Giorgio de Chirico pour ses peintures métaphysiques, et de nombreux écrivains dont Giorgio Bassani, en particulier dans son livre mis à l'écran, Le Jardin des Finzi Contini.
Au travers de la correspondance du compositeur Erik Satie, ce court texte retrace les coulisses de la création de Parade, ballet emblématique conçu par Jean Cocteau et chorégraphié par Lconid Massine pour le compte des Ballets russes de Diaguilev. Le compositeur Erik Satie écrit la musique - largement décriée à l'époque - et Picasso réalise des costumes et décors, tout autant décriés pour leur cubisme débridé. C'est d'ailleurs à propos de ce ballet, créé le 18 mai 1917 au théâtre du Châtelet, que Guillaume Appolinaire prononce pour la première fois le mot "sur-réalisme". L'oeuvre fit scandale (quatre ans après celui provoqué par le Sacre du printemps de Stravinsky) avant d'entrer triomphalement, quelques années plus tard, dans le grand répertoire symphonique. Chaque lettre reprise dans ce livre est commentée, explicitée et replacée dans un contexte relationnel qui unit (et désunit parfois) les différents protagonistes : Valentine Gros, Misia, Cocteau, Diaguilev, Picasso, Satie, Ricardo Vines, autant de personnages hauts en couleur qui participent au microcosme artistico-mondain d'un Paris déprimé par la guerre.
Résumé : Même chez Mozart, archétype du génie musical, il reste des aspects plutôt méconnus : la part du comique, non pas seulement dans les opéras, mais dans la musique instrumentale. Qu'est-ce qui nous cache en partie le sourire et le rire de Mozart ? Sans doute un trait général de tout Mozart : sa discrétion. "Mozart ne parle qu'à demi-mot et le public n'entend plus que les cris", notait Gide. Le livre met en perspective oeuvres célèbres et moins connues. Il peut servir d'introduction à l'écoute de Mozart comme d'analyse comparative des oeuvres. Gil Delannoi tente aussi d'expliquer pourquoi Bach et Mozart sont les compositeurs qu'il écoute le plus fréquemment et avec le plus d'effets bénéfiques.
La ville d'Amsterdam a été le laboratoire de l'argent dans sa modernité et celui des libertés dans leur diversité. Libertés gagnées au prix du sang, contre l'Espagne d'un Philippe II cupide et intolérant. Grâce au lien circulaire entre argent et liberté, la ville, après la première révolution européenne qui enfanta la République des Provinces-Unies à la fin du XVIe siècle, fut seule capable dans le monde d'éradiquer le despotisme, la tyrannie, le fanatisme, bien avant les exigences de 1789. Elle accueillit les Juifs fuyant l'inquisition, les Protestants pourchassés dans leurs pays et d'autres hétérodoxes. Elle a aussi permis de faire entendre les voix de Descartes et de Spinoza que nous ne cessons encore d'interroger. Mais doit-on pour autant confondre argent et liberté, fin et moyens ? Amsterdam a-t-elle été fidèle à cette volonté de liberté honnie par les rois et les prêtres mais qui a sauvé des milliers de victimes de la violence et de l'intolérance ? Il appartient au lecteur d'apprécier l'usage que la ville faisait de son argent et de sa liberté, à l'heure où la République vivait son siècle d'or, et de ne pas oublier que le regard sur le passé n'est jamais neutre.
La personnalité de Danton a captivé de nombreux historiens, dramaturges ou cinéastes et, pourtant, elle reste une énigme. Etait-il le joyeux compagnon, bon ami et bon père que décrivent unanimement ses proches ? Ou bien l'homme prêt à tout immoler pour le succès de la Révolution, jusqu'à encourager les massacres du 2-Septembre et machiner la mort du roi ? Autre hypothèse : peut-être a-t-il su, plus que tout autre politique en son temps, prendre le pouls du peuple révolutionnaire, accompagner les débordements mortifères de la multitude tout en évitant, sitôt après, d'être discrédité, taxé de lâcheté, dès lors que le retour à la raison s'avérait indispensable ? S'appuyant sur des sources inédites, l'auteur réévalue l'influence de Danton sur les grands événements révolutionnaires. Au fil des chapitres, nous découvrons ses stratégies, ses amitiés, ses trahisons et son ultime courage face à la mort. Cette biographie restitue toute l'humanité d'un homme souvent réduit à des clichés. Jean-Paul Desprat est un historien et romancier français, spécialiste des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a publié des biographies remarquées, chez Perrin et Tallandier (Henri IV, Mme de Maintenon, Mirabeau...), et il est également l'auteur d'essais littéraires, de beaux livres et de sagas romanesques.
Une Révolution inéluctable A la fin du mois d'août 1786, Calonne, son contrôleur des Finances, alerte Louis XVI sur la situation désastreuse des finances publiques. Au début du mois de mai 1789, des centaines de représentants des trois ordres, venus de toutes les provinces du royaume, se pressent à Versailles pour participer aux Etats généraux dont l'ouverture est imminente. Entre ces deux dates, une véritable révolution s'est produite en France. Après avoir subi l'assaut des parlements et la pression croissante de l'opinion, le pouvoir royal vacille. La société est, pour sa part, traversée de multiples tensions qui ont considérablement érodé ses fondements traditionnels, à commencer par l'acceptation des privilèges dont bénéficient le clergé et la noblesse. Ainsi, cette période est bien davantage qu'un prologue à la Révolution française et, les trente-deux mois qui la composent, méritent d'être étudiés pour eux-mêmes, tant les bouleversements qui s'opèrent alors sont décisifs. Dette excessive de l'Etat, impéritie administrative, inéquité fiscale, instabilité ministérielle : l'évocation des maux dont souffre la monarchie au couchant de la décennie 1780 résonne curieusement deux cent cinquante ans plus tard !