Quand l'Histoire a effacé les traces d'un héros oublié, il demeure la littérature pour lui redonner sens et vie. Jeune garçon embarqué comme mousse sur le navire de Champlain qui fondera Québec dans la douleur, Etienne Brûlé fut sans doute le premier Européen à arpenter les territoires inviolés des tribus natives dont il apprit les langues. Durant ces premières années cruciales où les mondes, après leur rencontre fortuite, ont cherché à se parler, ce gueux mystérieux, témoin du crépuscule d'un temps et de la naissance d'un autre, servit de traducteur, repoussant jusqu'à l'extrême la radicale expérience du Nouveau Monde . "On ne sait presque rien de l'existence d'Etienne Brûlé qui n'a été racontée, en pointillés, que par les prêtres et les conquérants qui le méprisaient. Nul besoin d'inventer cependant pour aller, suivant son pas, là où personne n'est allé, où personne n'ira plus - seulement se mettre à l'écoute des langues éteintes, des anciens chants et des rituels perdus". Arnaud Maïsetti est né à la fin du siècle dernier, dans l'Ancien Monde. De Montorgueil à Paris, il a écrit un roman, Où que je sois encore (Seuil) ; entre Pau et Bordeaux, il a commis plusieurs récits édités chez publie. net ; dans le train, il a poursuivi ses études théâtrales ; il a écrit une biographie du dramaturge Bernard-Marie Koltès, parue aux éditions de Minuit. Des textes autour du travail de plasticien (Jérémy Liron) ou photographes (Ulrich Lebeuf, Stephen Dock) ont été écrits passé minuit. Il est dramaturge. Le jour, il est enseignant-chercheur en théâtre. Il vit à Marseille et tient ses carnets en lignes sur arnaudmaisetti. net A L'Arbre vengeur est paru en 2021 Saint-Just & des poussières.
Nombre de pages
263
Date de parution
20/01/2023
Poids
292g
Largeur
126mm
Plus d'informations
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EAN
9782379412097
Titre
Brûlé vif
Auteur
Maïsetti Arnaud
Editeur
ARBRE VENGEUR
Largeur
126
Poids
292
Date de parution
20230120
Nombre de pages
263,00 €
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Il y a un réel défi à oser aborder la figure du révolutionnaire Saint-Just avec le prisme de la littérature sans renoncer à en éclairer la dimension politique. Arnaud Maïsetti s'est approché de cet astre qui n'en finit pas de brûler pour nous raconter, pas à pas, le parcours d'un jeune homme à la beauté ambiguë qui usa d'une langue emportée pour dénoncer, dénoncer sans fin et jusqu'à la lie l'injustice faite à l'homme. Longeant l'Histoire avec les libertés de l'écrivain, l'auteur nous conte au plus près, au plus fort, les soubresauts de celui qui conquit le pouvoir avec son alter ego Roberspierre pour venger le sort de ceux qui ne l'eurent jamais. Un livre de poussière et de lumière, un livre fort, fait de tremblements et d'exaltation pour nous exposer une figure qui nous hante sans fin.
L'écriture, la pensée et la vie de Bernard-Marie Koltès (1948 ? 1989) sont liées dans un pacte qu'il forgea à vingt ans devant un théâtre de Strasbourg et qui jamais ne sera rompu : être soi-même l'auteur de sa vie. Il ne possédait qu'une morale : celle de la beauté. Et qu'une loi : le désir. On connaît de Koltès la trajectoire fulgurante : la rencontre avec Chéreau au début des années 1980, les pièces jouées à Nanterre-Amandiers, la reconnaissance publique et critique. On sait aussi combien cette oeuvre a pu donner l'image de son temps. On sait moins combien cette vie aura surtout été ailleurs, qu'elle s'est jouée dans les confins de cités perdues, entre le delta du Niger, au coeur de la jungle du Guatemala et de ruines précolombiennes, ou près d'un lac Maya, sur les docks abandonnés de New York, et dans les nuits de Salvador de Bahia. Suivre Koltès dans ses voyages, ce n'est pas chercher à retracer un itinéraire seulement, mais vouloir approcher les termes du pacte : ailleurs, il chercha les renversements où toujours se donner naissance ; ailleurs, il s'inventa des noms, marcha sur les traces de Rimbaud, de Dostoïevski ou de Faulkner ; ailleurs, il se mit en quête de frères et puisa des forces dans des figures de pur désir : James Dean, Bruce Lee, Bob Marley. Raconter la vie de Koltès, c'est tâcher d'écrire ainsi cette autre vie qui s'est écrite dans ce désir de se vouloir autre et dont ses pièces portent la trace. C'est tenter d'approcher l'oeuvre et la vie ensemble puisqu'elles sont l'une par l'autre la réécriture.
Résumé : Des voix donc. Des voix qui creusent de la manière la plus directe et la plus simple la saisie du monde un temps offert à sa profération possible. Alors seulement, voix du dehors (de la ville qui pénètre ici, et qui écrit), voix du dedans (de la langue qui lui répond). Que cette ville, cette époque-là, ce monde qui eut un nom, et qu'on écrit dans son oubli, qu'on écrit dans sa perte, que cette ville et ce monde demeurent, est la seule chose dont nous puissions témoigner. A. M. " Où que je sois encore... est le premier livre d'Arnaud Maïsetti. " déplacements " sur Internet : www. tierslivre. net/depl/
NOUVELLE COLLECTION Dans la collection Champion - Commentaires est proposé de mettre à disposition des étudiants et enseignants des commentaires, qui sont autant d'essais de référence, écrits par les meilleurs spécialistes, afin d'éclairer et de prolonger la compréhension des grands textes de la littérature française. Clé de voûte d'une oeuvre brève, intense et interrompue prématurément, Dans la solitude des champs de coton du dramaturge Bernard-Marie Koltès (1948 - 1989) pourrait faire figure de texte total, mais à l'épure, amassant à lui seul toute la poétique de l'auteur, sa conception du théâtre, du monde et des rapports entre les hommes. La pièce, pur dialogue, semble lever le théâtre en entier à travers une scène arrachée à la vie même, sa sauvagerie brutale découpée dans le langage virtuose de l'échange : un deal, le soir, dans une de nos villes. Seulement, que propose le Dealer à son Client, qui le refuse ? Pièce de l'énigme qui fonde l'enjeu de toutes relations, elle reste la plus jouée et commentée de l'oeuvre d'un auteur majeur du xxe siècle.
Alors, ma chérie ? Voilà que, soudain, ton mari est devenu un animal féroce que tu ne dois plus approcher sous peine qu'il plante ses dents ou ses griffes dans ta chair, voilà, ma chérie, que je n'ai plus le droit de t'appeler ainsi - oh mais je le fais tout de même, en mon for intérieur : ma chérie ma chérie ma chérie, et personne ne pourra jamais m'en empêcher, ma chérie. J'ai encore cette liberté, non ? " C'est un homme qui parle, il dit sa colère et tente de se faire justice, en toute sincérité. Sa femme l'a quitté, l'a fui, il ne comprend pas les raisons de ce qu'il voit comme une désertion après des décennies de vie commune qui lui étaient toujours apparues comme réussies, voire exemplaires. Elle essaie de lui répondre.
Livre de la méchanceté et de la solitude des hommes, autant que de leur démence, chronique de la vie insulaire, roman de l'amour fou d'un être pour sa terre natale et pour un Dieu insensible, ce roman drôle et furieux met en scène Cruachan Campbell, Ecossais velléitaire, magnifique et misérable qui refuse d'abandonner son île perdue, tellement ingrate que les autorités veulent la vider de ses habitants. Il flotte sur son rêve et son entêtement, affamé mais habité par un songe qui sent le feu de tourbe et le myrte des marais. Il y élève une improbable maison, une espèce de prière en brique et en mortier, un mélange de masure, de château, de cathédrale, en vieilles planches et vilaines briques, en n'importe quoi. Il attend, animé d'une foi primitive, autant le retour de son fils enfui que des jours meilleurs qui n'arrivent jamais. Et sa douce folie nous inquiète et nous subjugue, comme elle le fit avec Alexandre Vialatte qui défendit ce livre avec ferveur.
L'injonction que propose le titre de ce livre ne doit en rien constituer un frein à sa lecture. Ce serait courir le risque de passer à côté de l'un des textes les plus réjouissants de notre littérature signé par un membre éminent de l'Oulipo. Toi qui lis ces lignes, ne t'attends pas à y découvrir les ressorts de ce fabuleux "voyage autour de sa chambre" que raconte ici un lecteur boulimique. On ne te dira rien de son intrépidité au moment où il se confronte à un méchant bouquin qui lui enjoint de ne pas le découvrir. Rien non plus de ses espoirs, de ses échecs, de ses succès dans ce combat solitaire. A peine le prénom de la belle et mystérieuse Sophie te sera-t-il discrètement soufflé, afin que tu devines qu'il est bien entendu question, dans ces pages tendres et inquiètes, d'amour. Oui, d'amour. Alors, maintenant que tu as parcouru presque en entier ce court texte imaginé pour te séduire, auras-tu le coeur de te dérober ? Ne rejette donc pas ce livre avant d'en avoir démêlé le noeud, et d'aller retrouver le trottoir...
Charles Stuart n'a de royal que le nom : il semble terne, efflanqué et timide, voire invisible. C'est dire s'il est surprenant de le retrouver devant un tribunal, jugé pour une claque étourdissante dont il va avec difficulté avouer la genèse. Figure de l'exaspéré qui se réveille de manière un rien brutale et se révèle à sa grande stupeur, il prend une place pour le moins décalée au milieu des anti-héros chers à Fitzgerald qui signe ici une love story inattendue, avec des pages parmi ses plus drôles et ses plus... frappantes.