Le présupposé éthique et politique de la modernité veut que la "nature" soit extérieure aux humains. Les hommes la considèrent comme leur "environnement", comme si les choses de la nature étaient conçues aux seules fins de les servir. Telle est l'origine de la crise écologique de notre temps: le projet politique et technique d'asservissement d'une nature fantasmatique vouée à satisfaire nos besoins. L'État moderne résulte donc d'un prétendu droit selon lequel nous devons nous organiser en vue de la lutte contre la nature et non d'une vie en harmonie avec elle. Ainsi pensée, la nature n'est plus qu'un vaste magasin où nous puisons notre nourriture. Quant à sa "valorisation", elle se réduit à la marchandisation capitaliste de ses ressources. Pour faire face à la crise, nous devons requalifier les fondements politiques et moraux de nos façons de penser et d'agir, et substituer au droit naturel un droit biotique permettant une réforme radicale de la relation qu'entretiennent la cité des hommes et la nature. Car, en réalité, la crise n'est pas écologique mais politique: c'est celle des fondements essentiels de la cité. Plutôt qu'une politique des hommes sur les choses de la nature, il nous faut concevoir une cosmopolitique de la nature.
Nombre de pages
93
Date de parution
05/04/2012
Poids
110g
Largeur
119mm
Plus d'informations
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EAN
9782724612400
Titre
Nature et souveraineté
Auteur
Mairet Gérard
Editeur
SCIENCES PO
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119
Poids
110
Date de parution
20120405
Nombre de pages
93,00 €
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La politique moderne a pour principe fondateur la souverainté. De Machiavel à Eric Weil, Gérard Mairet décrit les étapes historiques de la théorisation de ce principe de souverainté comme ses fondements métaphysiques, juridiques et éthiques. La souverainté consite, depuis le XVIe siècle, à ramener la liberté des hommes à la responsabilité des hommes eux-mêmes. Désormais, ils font leur propre histoire. Et l'existence de Dieu est indifférente à leur liberté. La souverainté fonde une politique profane : c'est par l'Etat et sa territorialité politique que peuples et nations ont construit leur identité. Une telle construction, opérée dans et par la guerre, mais vécue par les modernes comme le moyen de leur liberté tisse la trame de notre histoire. Or, en ce XXe siècle de fer et de feu, le principe de souveraineté n-a-t-il pas épuisé tous ses possibles ? L'heure est venue d'une véritable compréhension philosophique de la souveraineté et de son dépassement.
L'auteur analyse la formation de la pensée politique de Confucius à Raymond Aron, de Platon à Frantz Fanon, en passant par Hobbes, Hegel, Max Weber et tous les grands penseurs qui ont réfléchi sur le pouvoir. Une introduction précise à la pensée politique au cours des derniers deux ou trois millénaires.
Certains ont proclamé la " fin de l'Histoire ". Ne serait-ce pas plutôt celle de la philosophie politique moderne qu'il conviendrait de guetter ? Depuis cinq siècles, en effet, l'action politique a eu pour objet l'institution et la consolidation de la souveraineté, tandis que la philosophie politique structurait ses principes de gouvernement à partir de ce concept : penser la politique c'était penser la souveraineté. Or la souveraineté, née en Europe, forgée à travers les guerres qui donnèrent aux peuples le sentiment de leur particularité, s'y achève sous nos yeux, en une Union des peuples fondée désormais sur la paix, à la suite d'un génocide suicidaire. Pour penser l'achèvement, la philosophie politique ne saurait plus se contenter de répéter ses affirmations communes sur la volonté du peuple, l'indivisibilité de la république, la dictature du prolétariat et les droits de l'homme. Aucune n'a pu fonder l'existence libre de la multitude : elles ont soit révélé dans l'histoire leur absolue contradiction en allant, parfois, jusqu'au crime, soit permis d'ouvrir le chemin de la vie libre sans être capables, cependant, de le tracer jusqu'au bout. Ces catégories ressortissent à un monde et à sa fable que les temps présents abandonnent au passé. Le problème constitutif de la philosophie politique - les conditions de la vie libre - n'a pas disparu pour autant, mais la solution nouvelle est à inventer. Une double tâche s'impose désormais : montrer en quoi la souveraineté est achevée et ce que cela signifie, jusque dans les chemins divergents qu'empruntent l'Europe et les Etats-Unis ; formuler des propositions sérieuses capables d'orienter le débat politique de notre temps quelle moralité nouvelle, autre que la souveraineté, inventer pour des peuples européens qui, faute de pouvoir encore se faire la guerre, se sont du coup, sans autre projet, abandonnés au marché ...
Cette synthèse sur la théorie des relations internationales les situe dans leur environnement intellectuel et historique. Elle passe en revue les modèles de référence généraux ainsi que les divers concepts de cette science politique, avant de détailler les débats sectoriels de la discipline. Cette édition intègre notamment les derniers développements sur le marxisme et l'intégration européenne.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.