Depuis le XVIIIe siècle la correspondance de Mme de Maintenon a suscité l`intérêt de plusieurs éditeurs. Certains se sont engagés dans l`entreprise avec quelques libertés comme La Beaumelle, d`autres avec un préjugé nettement favorable comme Th. Lavallée, d`autres encore avec un regard plus critique comme M. Langlois dans son édition restée malheureusement incomplète et inachevée. Aucun d`entre eux n`a pu porter à la connaissance des lecteurs et chercheurs l`intégralité de ces lettres. Une telle lacune se devait d`être comblée : une équipe de chercheurs franco-néerlandaise s`est mise à la tâche. Ce premier tome ouvre l`édition intégrale de la correspondance active de Mme de Maintenon, personnage de premier plan dans l`histoire de France. L`ensemble comportera sept volumes ; six entièrement composés de lettres et un septième et dernier contenant des index et des lettres non datables malgré tous les efforts des éditeurs. Ce vaste corpus épistolaire permettra, à travers la destinée toute particulière de Mme de Maintenon, de revisiter l`histoire du Grand Siècle, sous différents aspects : vie de la Cour, questions religieuses, débats éducatifs avec la fondation de Saint-Cyr, mais aussi vision de la condition féminine dans une société encore exclusivement régie par des hommes. Au-delà de cette richesse historique l`accès à la correspondance intégrale de Mme de Maintenon permettra de saisir pour la première fois le talent d`une grande épistolière qui a trop longtemps subi l`ombrage de la réputation éclatante de sa contemporaine, Mme de Sévigné. À travers un réseau épistolaire d`une ampleur et d`une diversité considérables se révéleront en effet une grande faculté d`adaptation aux destinataires, une capacité à user de tons et de registres très divers et une conscience linguistique aiguë. Ainsi cette édition entend-elle toucher non seulement des historiens de différentes disciplines, mais aussi le lecteur intéressé par l`histoire de France ou l`amateur d`art épistolaire.
Date de parution
25/08/2009
Poids
1 325g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782745318824
Titre
LETTRES T1 : 1650-1689
Auteur
MAINTENON MME DE
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
1325
Date de parution
20090825
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Le second tome de la nouvelle édition intégrale et critique de la correspondance de Mme de Maintenon contient 828 lettres, qui s'adressent à plus de 125 destinataires différents et s'étendent sur les années 1690-1697. Trois sujets y retiennent plus particulièrement l'attention : tout d'abord la consolidation de la fondation royale de Saint-Cyr, puis l'influence quiétiste sur Saint-Cyr et l'histoire de la faveur de Fénelon à la Cour et auprès de Mme de Maintenon, jusqu'à la rupture en 1694. Les lettres montrent bien comment les soupçons d'hérésie à l'égard des écrits de Mme Guyon ne tardent pas à atteindre Fénelon. Enfin cette correspondance témoigne du rôle influent joué par la Marquise lors des vacances de sièges épiscopaux. Les lettres de Mme de Maintenon, recueillies dans ce second tome, constituent une source très précieuse pour l'historien de la fin du XVIIe siècle : elles montrent bien les qualités de cette grande épistolière, tout aussi talentueuse que sa contemporaine, Mme de Sévigné.
Le tome III de la nouvelle édition intégrale et critique de la correspondance de Mme de Maintenon contient 817 lettres, s'adressant à 108 destinataires différents et s'étendant sur les années 1698-1706. L'archevêque de Noailles et son neveu Adrien-Maurice, comte d'Ayen puis duc de Noailles, sont les deux principaux correspondants. Pendant cette période commence aussi une correspondance suivie avec Mme de Caylus, Mme de La Viefville, abbesse de Gomerfontaine, et la princesse des Ursins. L'éducation des Demoiselles de la Maison de Saint-Cyr demeure un thème. Trois sujets importants retiennent plus particulièrement l'attention au cours de cette période. Tout d'abord les suites de la cabale quiétiste, notamment la condamnation de l'Explication des Maximes des Saints de Fénelon et la rupture définitive de ce dernier avec Mme de Maintenon. Puis le réveil de la querelle janséniste et les premiers reproches à l'adresse de l'archevêque Louis-Antoine de Noailles soupçonné de sympathiser avec le parti janséniste et d'être son protecteur. Enfin la mort du roi Charles II en 1700 et la succession d'Espagne. L'acceptation par Louis XIV du testament espagnol et la proclamation royale du duc d'Anjou comme roi d'Espagne, le 16 novembre 1700, ont eu de terribles suites au cours des années suivantes. Cette décision déchirera l'Europe par de longues guerres. En mai 1702, l'Angleterre, les Provinces- Unies et l'Empereur déclarent la guerre à la France et à l'Espagne et ce n'est qu'en 1713, avec le traité d'Utrecht, et après de longues négociations que les possessions espagnoles seront réparties et les conditions de paix arrêtées. Les lettres de Mme de Maintenon, recueillies dans ce tome III, dont un grand nombre n'a jamais été publié, apportent des éléments précieux aux historiens de cette période et témoignent en même temps de son grand talent épistolaire.
Le quatrième volume de l'édition des lettres de Mme de Maintenon couvre la période de 1707 à 1710. Avec 759 lettres adressées à 61 correspondants, on a le récit des sombres événements qui ont marqué la fin d'un règne accablé de désastres militaires. La place particulière de la princesse des Ursins auprès de Philippe V et de la jeune reine Marie Louise fait l'objet de 192 lettres. Le drame de la guerre de Succession y est sensible avec son cortège de discordes entre les deux correspondantes soutenues malgré tout par une estime mêlée d'affection. Les querelles religieuses qu'on a suivies dans les ouvrages précédents connaissent une pause, mais les nominations de l'archevêque de Rouen, Claude Maur d'Aubigny, et du successeur de Godet des Marais à l'évêché de Chartres, François de Mérinville, occupent Mme de Maintenon qui veille, en Mère, au sort de l'Eglise. Les Dames de Saint-Cyr et l'abbesse de Gomerfontaine ainsi que les chères amies intimes de sa petite Cabale affectueuse apportent un éclairage touchant sur cette période où la grande histoire jette son ombre sur l'Europe entière. Cette correspondance, jamais entièrement publiée, offre enfin aux historiens et aux curieux de la Cour de Louis XIV le portrait d'une femme longtemps et arbitrairement jugée qui mérite une place exceptionnelle dans la littérature épistolaire.
Comment s'y retrouver dans le dédale des interprétations contradictoires que, jusqu'ici, les biographes des vieux jours de Mme de Maintenon ont construit à coups de citations isolées? Est-ce une vie pleine à la fois de dévotion et d'activités à tous les niveaux de l'Institut de Saint-Cyr (Caraccioli)? Ou a-t-on plutôt affaire à une femme malade et désillusionnée, délaissée par ses amis (Desprat) et en proie à "un ennui total, écrasant et pathétique"? "Françoise, pendant quatre ans, va s'ennuyer comme elle ne s'était jamais ennuyée de sa vie. Accablée par la monotonie des jours, se voyant brusquement inactive et inutile, elle va éprouver dans tout son être la nostalgie de Versailles" (Cordelier). Une femme qui en plus aurait perdu jusqu'à sa dévotion, car "pour Mme de Maintenon, Dieu est mort" (Cordelier) ! Que pour sortir de ce dédale Mme de Maintenon elle-même nous serve de guide, jour après jour. Pour faire le portrait de Mme de Maintenon dans les cinq dernières années de sa vie, les principaux biographes du siècle passé ont su tirer profit de sa correspondance. Toutefois, faute sans doute d'une édition complète, on s'est concentré sur les lettres adressées à Mme de Caylus et à la princesse des Ursins, ses deux principales correspondantes. Le chercheur qui s'intéresse par exemple aux sentiments religieux de Mme de Maintenon âgée, reste un peu sur sa faim. C'est le cas aussi pour sa prise de position sur les problèmes de l'acceptation de la bulle Unigenitus en France. Dans les deux correspondances mentionnées, ces sujets apparaissent mais ils ne sont pas traités en profondeur. Sur ces thèmes, les lettres qu'elle adresse à l'archevêque de Rouen et au curé de Saint-Sulpice, se révèlent bien plus instructives. Et pour savoir si ses idées pédagogiques ont évolué vers la fin de sa vie, les lettres à la Prieure de Bizy ou à certaines Dames de Saint-Louis ne manqueront pas de fournir la réponse. Et ainsi de suite.La publication de cette partie "oubliée" de sa correspondance contribuera à compléter et à nuancer le portrait de Mme de Maintenon octogénaire.