LES BROUILLONS AUTOGRAPHES DU DALALAT AL-HA IRIN (GUIDE DES EGARES)
MAIMONIDE
VRIN
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EAN :9782711623181
Des siècles d'études nous ont dévoilé un très grand nombre d'aspects de Maïmonide (XIIe siècle, le plus grand philosophe juif médiéval) et de son Guide des égarés. L'édition et l'examen des sept feuillets de brouillons autographes du Guide nous révèlent l'homme: Maïmonide écrit de sa main, s'exprime face à nous, réfléchissant à la forme qu'il va donner à sa pensée, biffant telle phrase et ajoutant telle autre. Dès sa jeunesse, le grand projet du Maître avait été d'extirper du peuple d'Israël la croyance à la corporalité divine. Ce but est proclamé dès le début de son premier grand livre, le Mishné Tora, destiné au grand public. Le livre fut sévèrement critiqué, en particulier, par les talmudistes babyloniens. De ces confrontations avec les fidèles des communautés juives orientales, sort un homme déçu, amer et blessé. Quand Maimonide rédige le Guide des égarés, les ignorants et les rabbins talmudistes sont ses ennemis et aussi les ennemis de Dieu. Il ne pouvait pas s'exprimer ouvertement. Dans le chapitre 17 de la partie I, Maïmonide compare son sort à celui des philosophes anciens, qui vivaient sous les lois païennes. Eux n'avaient rien à craindre, lui se sentait persécuté. On a beaucoup parlé des secrets que Maimonide a volontairement dissimulés dans le Guide des égarés. Ici, nous touchons du doigt la manière dont il l'a fait. Les brouillons autographes s'étalent sur une longue période, nous y voyons Maïmonide introduire peu-à-peu les traits les plus extrêmes de sa philosophie mais aussi des concessions faites au vulgaire. Cette interprétation n'est pas nouvelle (on la trouve déjà au mie siècle) mais elle n'a pas été acceptée par tous. Ici le témoignage est irréfutable : c'est l'auteur lui-même qui écrit. En regardant ces autographes, nous ressentons la douleur et le ressentiment de l'homme qui voulait montrer à ses coreligionnaires l'accord profond entre la philosophie et la religion juive.
Date de parution
25/01/2012
Poids
500g
Largeur
240mm
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EAN
9782711623181
Titre
LES BROUILLONS AUTOGRAPHES DU DALALAT AL-HA IRIN (GUIDE DES EGARES)
ISBN
2711623181
Auteur
MAIMONIDE
Editeur
VRIN
Largeur
240
Poids
500
Date de parution
20120125
Nombre de pages
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Sachez, mes maîtres, que j'ai beaucoup examiné toutes ces doctrines ; ce que j'étudiai d'abord, ce fut cet art que l'on appelle l'astrologie, que l'homme pratique pour connaître ce qui, d'une nation, doit advenir ici-bas, ou d'un homme, à chaque moment de sa vie. MAIMONIDE
C'est en Egypte, depuis la " vieille ville " du Caire, que Maïmonide a rédigé les épîtres traduites dans ce volume. Le grand philosophe, chose rare, y évoque son quotidien : médecin à la cour de Saladin, il côtoie la classe dirigeante mais son cabinet est ouvert à tous, juifs, musulmans, chrétiens, démunis... En même temps, il y dispense des leçons de philosophie magistrales, évoquant sa passion pour Aristote et les grands penseurs musulmans, tels Averroès et Alfârabî. Tous les lecteurs trouveront ici des analyses précieuses à une meilleure intelligence de l'histoire des idées en Occident. Dans La guérison par l'esprit - épître adressée au sultan AI-Afdal - Maïmonide mêle intimement psychologie et morale, expliquant que le malheur de l'homme provient de son incapacité à s'affranchir des " biens fictifs ", des " maux imaginaires " et de tout ce qui s'oppose à son mieux-être. Ces épîtres révéleront au lecteur des facettes inconnues d'une œuvre qui n'a pas fini de susciter débats et commentaires. A travers elles se dessine en tout cas une pensée qui situe sans conteste Maïmonide parmi les plus grands maîtres spirituels.
Abordant son sujet par petites touches aphoristiques, ce livre ne renferme pas toute la morale de Maïmonide et "ce ne sont que des propos glanés", écrit modestement celui-ci. Néanmoins, ce volume, extrait d'un commentaire biblique beaucoup plus vaste, reflète bien les préoccupations du plus grand penseur du judaïsme médiéval (1135-1204). En fait, sous couvert de compilation d'enseignements antérieurs, il confère à la pratique religieuse juive une dimension spirituelle toute nouvelle en l'établissant sur un fondement philosophique : l'éthique du grec Aristote et celle du musulman al-Farabi (872-950), qu'il reconnaissait comme son maître. On retrouve aussi dans ces pages le médecin mettant fréquemment en rapport le physique et le moral, s'intéressant dans plusieurs de ces huit chapitres aux maladies de l'âme."L'homme parfait examine continuellement ses traits de caractère, soupèse ses actions et considère la disposition de son âme chaque jour. Chaque fois qu'il voit son âme pencher vers un des bords, il se hâte de la soigner et ne laisse pas la disposition de l'action mauvaise s'installer par la répétition de l'action mauvaise." Outre la traduction et les notes, le professeur Rémi Brague nous fournit le texte original du livre en arabe, transcrit en lettres hébraïques. C'est la seule édition critique disponible à ce jour en français. --Colette Rebecca Estin
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Peut-on considérer une partie des troubles du sommeil comme des pathologies sociales, faisant du sommeil une question politique ? C'est ce que propose cet essai : examiner et évaluer les rapports du dormeur à la fois au monde et à son environnement de sommeil dans une perspective de philosophie sociale, à partir de l'aggravation contemporaine des troubles du sommeil, et en mettant au coeur de l'analyse la question du rapport entre sommeil et travail. Cela exige de rompre avec l'idée que le sommeil constitue une privation de monde. En vérité, l'appartenance du dormeur au monde n'est pas suspendue par son endormissement, et le sommeil ne saurait être un véritable oubli des peines. S'il est manifeste que tous les dormeurs ne profitent pas du même repos, c'est que le sommeil est loin d'égaliser les conditions. Bien que nous dormions, les multiples chaînes qui nous relient au monde, certaines plus étroitement que d'autres, ne se trouvent pas déliées. Le sommeil humain est tenu pour éminemment plastique : l'homme seul aurait la possibilité de déconnecter milieu nocturne et sommeil, notamment en travaillant la nuit. Reste à déterminer ce qu'il en coûte de faire de la nuit le jour. A partir des atteintes à la santé qui en résultent, le livre propose de mettre au jour une articulation plus juste entre déterminants naturels (astronomiques et biologiques), déterminants sociaux et processus psychiques en jeu dans le sommeil.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.