Les utopiques N° 13, printemps 2020 : Leur violence, nos ripostes
MAHIEUX CHRISTIAN
SYLLEPSE
8,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782849508336
La violence et la répression sont une constante dans l'histoire du mouvement ouvrier et, plus globalement, du mouvement social. Ce numéro des Utopiques a pour ambition d'aborder le sujet avec un spectre large, tant en termes de période historique que de secteurs d'activité ou de mobilisations. À La Poste, dans l'Éducation nationale, dans l'industrie, la presse, au ministère du travail... mais aussi dans des territoires comme à Rouen, les exemples ne manquent pas et seront présents dans ce numéro. «Leur violence, nos ripostes», c'est l'intitulé que les auteurs et les autrices ont choisi, car il ne s'agit pas de s'attacher à observer uniquement la répression d'État ou la répression patronale mais d'étudier comment les salarié·es et les citoyen·nes y font face. Rapport au juridique, modalités d'intervention militante, coordination des résistances, contre-feux médiatiques, organisation de la solidarité: les auteurs interrogent et discutent les initiatives prises par différents collectifs militants pour ne pas se laisser faire. Si les résistances syndicales occupent une large place de ce numéro, celui-ci ne se limite pas à ce seul aspect. Ainsi, diverses formes de répression seront traitées: au travers notamment de l'interview de la militante antiraciste, Assa Traoré (auteure de Lettre à Adama, Le Seuil, 2017), ou l'antifasciste Antonin Bernanos, ou encore celle qui frappe différentes formes de désobéissances civiles comme les lanceurs et lanceuses d'alerte. Le numéro abordera également la répression au travers des exemples des pays d'Amérique latine ou des interdictions professionnelles en RFA dans les années 1970, ce qui permettra d'avoir un regard transnational sur la question. Enfin, cette livraison reviendra sur l'histoire longue de la répression d'État, des «lois scélérates» de la fin du 19e siècle aux lois antiterroristes et celles de l'état d'urgence, à partir des réflexions de Raphaël Kempf, avocat, qui a récemment publié Ennemis d'État: les lois scélérates, des «anarchistes» aux «terroristes» (La Fabrique).
Nombre de pages
196
Date de parution
18/06/2020
Poids
368g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782849508336
Titre
Les utopiques N° 13, printemps 2020 : Leur violence, nos ripostes
Auteur
MAHIEUX CHRISTIAN
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
160
Poids
368
Date de parution
20200618
Nombre de pages
196,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La situation en Turquie et en Syrie est devenue une situation de guerre totale. Le pouvoir syrien d'une part, et le pouvoir turc d'autre part, s'illustrent particulièrement en la matière. Ils sont en effet responsables de massacres de grande ampleur et de crimes de guerre sur les populations de cette région du monde. Les Kurdes sont particulièrement touché·es depuis des années par des politiques de discrimination et de répression, et le pouvoir turc s'acharne avec une violence extrême contre ces populations. Leur lutte de libération a pris un nouvel envol dans la période ouverte par la révolution syrienne et sa transformation en conflit militaire. L'expérimentation sociale et politique qui s'est réalisée dans les zones libérées est ici présentée. La transformation du processus révolutionnaire syrien en un conflit armé pose des questions multiples pour lesquelles une solution ne peut être trouvée que par l'ensemble des populations présentes sur ce même territoire. L'ouvrage ne prétend pas donner une vision exhaustive des points de vue des différentes forces en présence dans le conflit syrien. Le choix éditorial a été de donner la parole à certaines composantes du mouvement kurde à qui, en général, est laissé peu d'espace pour s'exprimer. Il sera ainsi abordé la question des bases du système politique que le mouvement tente de développer en plusieurs endroits du Kurdistan, dans des environnements différents. Au sein de celui-ci, les mouvements d'émancipation des femmes jouent un rôle important. Les luttes des Kurdes contre l'État turc seront vues à travers le prisme syndical, et dans le contexte des purges ayant suivi la tentative de coup d'État de 2016. Enfin, des exemples de solidarités sont présentés, qui invitent à réfléchir sur les pratiques de soutien aux peuples en lutte pour leur autodétermination. Nous ne savons pas comment la guerre actuelle va évoluer, ni sur quelles configurations politiques elle va déboucher. En revanche nous savons que les populations civiles continuent d'être menacées et touchées durement que ce soit par le pouvoir d'Assad ou celui d'Erdogan, avec la complicité active ou lointaine d'autres puissances régionales ou occidentales. La présente publication, à travers l'information qu'elle permet de divulguer, se veut aussi une modeste contribution à la nécessaire solidarité...
La révolte sociale des Gilets jaunes a marqué l'actualité sociale et politique. Quel qu'en soit l'issue, rien ne sera plus comme avant.Ce numéro des Utopiques est consacré à ce mouvement et donne la parole à certain·es de ses actrices et acteurs : Gilets jaunes, syndicalistes, gilets jaunes-syndicalistes, syndicalistes-gilets jaunes... Ils et elles témoignent, expliquent, analysent, interrogent. Les auteurs et autrices sont de Fougères à Saint-Gaudens en passant par Nîmes, Rouen, Châlon ou Besançon, sans oublier les participant·es aux assemblées des assemblées de Commercy et Saint-Nazaire. La revue aborde également certaines des difficultés et des limites que rencontre le mouvement social actuel. En effet, si les ronds-points sont occupés et les péages libérés, les entreprises et les services semblent à l'écart. Mouvement, si souvent présenté comme apolitique, les gilets jaunes ont créé en réalité de la politique nouvelle en remettant le partage des richesses, l'égalité sociale et la question démocratique au c'ur des débats. Le syndicalisme étant directement concerné et interpellé, Les Utopiques ne pouvait pas tenter d'aborder de face, sans ?illères, un tel mouvement social. Les gilets jaunes ou la redécouverte du prolétariat, celui de la France du 21e siècle, avec sa complexité, ses contradictions, mais aussi sa force.
Cécile Gondard-Lalanne et Murielle Guilbert traitent de la bataille contre les violences sexistes et sexuelles, qui s'oppose aux pratiques machistes dans l'entreprise. Fanny Galot revisite l'histoire particulière et riche des femmes au travail?: utilisation de compétences dites «naturelles» (stéréotypes de genre), socialisation hiérarchique et luttes des femmes pour leur autonomie. Élisabeth Claude lève le voile de l'invisibilité des luttes des ouvrières et rend au syndicalisme une partie de son histoire. Annick Coupé met en lumière les outils que le féminisme a apportés à l'émancipation ouvrière comme de pointer les débats que cela a suscité. Murielle Guilbert traite des évolutions législatives sur la proportionnalité femmes/hommes dans les listes électorales, gage de représentativité mais aussi et surtout, synonyme de démocratie. Gaëlle Differ revient sur les conséquences politiques de certaines luttes, en prenant l'exemple du combat pour le droit à l'avortement, qui transforment la société et mettent à mal les visions réactionnaires et les politiques néolibérales. Des syndicalistes d'Italie, du Pays basque ou de Belgique apportent leur éclairage à l'aune de leurs expériences. Cybèle David complète cet aperçu international par un focus sur les rencontres des femmes zapatistes au Mexique. Des poèmes permettent une respiration.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux États-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une «arythmie», c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une «arythmie» systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.