Ronde est l'arène où le rêve s'incarne. Tout m'y relie depuis l'enfance. Plus d'un demi-siècle a passé et je n'en épuiserai jamais le prodige. Elle m'a enchanté bien avant ma naissance, depuis deux cent cinquante ans et les débuts à Ronda. Le couple de l'homme et de la bête célèbre des noces indicibles dont très peu d'échos nous parviennent. Les deux adversaires convertis en partenaires s'affrontent au centre de la piste et consomment leurs épousailles dans un silence coupé des brefs appels du torero et du souffle rauque du fauve en réponse. Chronique, roman, essai ou poème, on ignore quand le taureau va sortir et dans quel espace aura lieu sa rencontre avec le matador de mots, mufle collé à un charme où l'on jurerait que la littérature n'a rien à voir. Mais quelque chose passe dans la phrase qui trace un lent dessin, se cambre et défie, et la mort frapperait à cause d'un vocable mal placé, si par son paraphe ne la déviait un autre mieux inspiré. On appelle ça la grâce ou la visite de l'esprit. Présent perpétuel, c'est toujours la première fois quand se déplient les capes après le défilé inaugural et qu'elles jouent avec le vent. JEAN-MARIE MAGNAN
Nombre de pages
214
Date de parution
13/05/1999
Poids
230g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782742723256
Titre
Le roman de la corrida
Auteur
Magnan Jean-Marie
Editeur
ACTES SUD
Largeur
115
Poids
230
Date de parution
19990513
Nombre de pages
214,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Avec Les Revenants de midi, Jean-Marie Magnan donne un roman doué d'une force d'évocation et d'un onirisme peu communs. Au c'ur de l'ouvrage se trouve Vincent, le héros, un Provençal, et plus précisément un Arlésien. En sept chapitres qui sont autant d'étapes de la vie de Vincent, des années 1920 à l'après-Mai 1968, se déroulent les mythologies personnelles de l'auteur, faites de rêves, de cruauté, d'amour, de douleur, de tendresse, et de complicité aussi. Inséré au sein d'un monde qui lui est propre, Vincent évolue tout au long du roman entre notables et filles de joie, tauromachie et littérature, famille recomposée et souvenirs du vieil Arles, Résistance et vie politique. Un chemin de vie des plus riches et des plus complexes, narré dans un style où la concision le dispute à l'efficacité. Un roman à lire, donc, pour tous ceux qui veulent bien aborder l'univers étrange et attachant de Jean-Marie Magnan.
Adolescent, je rêvais d'un musée imaginaire consacré à la corrida, où je confronterais les styles et les carrières des artistes marquants en une vaste rétrospective. Depuis plus d'un demi-siècle, fidèle à cette passion de toute une vie, je tente de les unir dans une geste où le les donne à voir et à entendre avec l'essentiel de leurs espoirs et de leurs souffrances, la fièvre des triomphes et aussi le sang des blessures. Beauté tauromachique si précaire et si menacée où l'homme dit son mystère grâce à une bête sauvage avec laquelle il noue la plus étroite connivence : leurs deux sensibilités se conjuguent, et l'un doit mourir au bout d'un quart d'heure pour ne pas tuer. Dans l'étreinte du fauve, l'accord rythmique suspend la menace. La plus inventive des chorégraphies naît du danger et compose à partir de lui une suite musicale qu'elle intègre dans ses pas de deux. Bien que toute-puissante sous le splendide aspect d'un taureau de combat, la mort, provisoirement soumise, voire complice, permet à l'homme d'être reçu dans une sorte de frange de la vie, assimilable à l'idéale distance que foule Manuel Benitez El Cordobés entre les cornes, le sitio où étancher notre soif de l'inconnu. Savourons sans a priori, sans idée préconçue, ces instants privilégiés où un Eros rayonnant fait reculer Thanatos - à chaque torero sa méthode et son art-, laissons-nous surtout enchanter et, avec un peu de bonheur, célébrons cet enchantement. " J.-M. M.
Une volonté d'annexer préside, comme son titre l'indique, à ce recueil dont la passion s'éclaire, loin des projecteurs de l'actualité, à la lumière autre, à la clarté d'ailleurs qu'enfant arlésien j'ai vu surgir pour la première fois dans l'?uvre de Van Gogh et aurait cherché toute une vie en aveugle, mais avec de soudains éblouissements. Inventrice, productrice, la lecture peut devenir inspiration empruntée et s'achever avec de la chance en réécriture.
Etrange confrontation entre un adolescent qui vivait la poésie par défaut, puisque je n'étais pas poète, et jean Cocteau chargé de l'incarner dans ses moindres faits et gestes. Cape qui caresse, épée qui foudroie, Picasso exacerbait la promesse de chaque minute, inespérément gagnée sur la lassitude de l'âge. Recouvert par un manteau de fables, l'insaisissable Tournier continuait à garder son secret. Mais grâce à la puissance transfiguratrice de son hyperréalisme de l'imaginaire, le plus sinistré avait droit au salut. Son cortège de monstres affirmait à l'encontre des préjugés une autonomie conquérante. " J.-M. M.
C'est à 51 ans que Dvorák débarque sur le sol américain. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine, mais sa «Symphonie n° 9 »en cristallise l'esprit et s'impose vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique et passionnée de cette partition en forme de voyage musical à la découverte d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare «Sérénade en ré mineur» complète l'enregistrement.
Menteuse invétérée, voleuse pathologique, arnaqueuse de génie : Marsha Sprinkle ne compte plus ses ennemis. Certains sont bien déterminés à lui faire ravaler ses bobards une bonne fois pour toutes. À commencer par sa mère et sa fille, son ex-complice lubrique Daryl et une sautillante bande d'hurluberlus, fétichistes du trampoline, tous lancés à ses trousses. Mais Marsha est intelligente, incroyablement fourbe, et celui qui l'attrapera n'est pas encore né. À priori... Sexe, crime et règlement de comptes familial : tels sont les ingrédients de cette course-poursuite rocambolesque et décadente tout droit sortie de l'esprit brillamment tordu de John Waters. Le cinéaste légendaire signe un premier roman à son image : hilarant, outrancier, déjanté et délicieusement pervers.
Au milieu de la forêt se cache un dôme mystérieux. Couverte d'aiguilles et de sable, c'est la maison de milliers de fourmis. Tant de choses se passent là-dedans ! Où vont les fourmis ? Peux-tu suivre leur chemin ...
George Sand découvre Tamaris, petite bourgade provençale de la commune de La Seyne-sur-Mer, et s'enthousiasme pour le caractère sauvage et rustique du paysage. Michel Pacha (1819-1907), après avoir été directeur des phares et balises de l'Empire ottoman, constructeur des quais et docks de Constantinople, transforme le lieu en ville de saison. Il achète les terrains, comble les marécages, édifie son château entouré d'un somptueux jardin. Il bâtit un décor qui suggère le voyage : palais italiens, chalets suisses, maisons orientales ; en front de mer, il plante le Grand Hôtel et le casino et, presque sur l'eau, l'Institut de biologie marine. Il aménage les accès terrestres et maritimes et exploite toutes les ressources du territoire. Dans son principe d'élaboration d'un paysage urbain harmonieux, Tamaris associe le jardin et la ville et annonce l'optique des cités idéales du XXe siècle. Au carrefour de l'orient et de l'Occident est née une architecture de la Méditerranée.