Dans le compartiment du train qui "se fraie un passage en direction de Vers", quatre des sept principaux acteurs et narrateurs du roman viennent de faire connaissance. La belle et apaisante Kismeth Laveran, née à Vers, est la seule à savoir où elle va. Les trois autres sont à la recherche d'une identité ou d'un emploi stable, c'est-à-dire d'un état social honorable. Saïf, noir et agressif, qui répond à une offre d'emploi de scélérat patenté, profite de l'innocence apparente de Kismeth pour se renseigner sur son futur employeur. Junes Brane, l'"idiot"" qui va découvrir la vie à l'âge adulte, est tourmenté par la soif d'apprendre et de rattraper le temps perdu. Manes Atmen enfin, clocbarde ou fille de bonne famille potentielle, répond à un avis de recherches lancé par lnigo, la veuve que l'on croit être la femme la plus riche de Vers, dont elle prétend être la fille. La vie et la mort les attendent à Vers où ils seront emportés dans une suite d'événements tragi-comiques, surréalistes et grotesquement quotidiens qui les révéleront à eux-mêmes. Plus ou moins volontairement, les trois derniers narrateurs assurent les rôles aux contours plus flous d'observateur, d'analyste et de metteur en scène. Chacun des sept "auteurs" du roman rédige sa chronique dans sa langue, sans quitter sa planète personnelle, chacun est influencé par les autres, chacun reste irrémédiablement inchangé... On verra tour à tour dans Mettons que le monde existe une parodie des systèmes philosophiques successifs et des littérateurs pontifiants, une satire décapante de la corporation des avocats, la dénonciation de la violence promue au rang de spectacle, celle du milieu carcéral des hôpitaux psychiatriques, l'analyse tendre et aiguë de l'irréalisme des artistes... A moins que l'on ne préfère suivre simplement les aventures troublantes de ces marionnettes si proches de nous, entraînées dans tous les sens par l'illusion comique de la vie qui se moque des genres littéraires.
Nombre de pages
432
Date de parution
03/05/1991
Poids
422g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782070718597
Titre
Mettons que le monde existe
Auteur
Madsen Svend
Editeur
GALLIMARD
Largeur
141
Poids
422
Date de parution
19910503
Nombre de pages
432,00 €
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Dans une petite ville danoise, Toger Vendor, âgé de treize ans, est chargé de "raconter les hommes" à Icona, une jeune fille dotée d'une intelligence et d'une mémoire prodigieuses, mais privée de l'usage de ses sens. Elle a été isolée des êtres humains, dont elle ignorait l'existence. En même temps qu'il construit dans le jardin d'Icona un mouvement perpétuel, Toger va lui faire, d'un côté, le récit de la "réalité" fondé sur ses souvenirs et ses observations, et organisé autour du couple extraordinaire de Ditten et Stefan, de l'autre, un récit entièrement imaginaire, livré à une merveilleuse fantaisie, et dont les personnages gravitent autour d'un homme sage-femme et d'une femme entrepreneur de pompes funèbres. A mesure que l'histoire se déroule, Icona s'éveille au monde des sentiments et des sens, révèle ses dons de visionnaire, mêle intimement fiction et réalité, et entraîne Toger à créer, avec elle, et en toute innocence, l'humanité de demain. Interprétation tragi-comique de la Genèse, Raconter les hommes est un roman foisonnant aux dimensions mythiques.
Que se passe-t-il lorsqu'on n'est plus seul dans sa peau ? C'est ce que narre l'auteur, dans ce récit dérangeant qu'il concocte comme une potion magique, tranquillement, sans avoir l'air d'y toucher.
Monrad Kasper ; Gorm Madsen Jan ; Svenningsen Jesp
Artiste danois majeur du XIXe siècle, Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783-1853) est à l'origine de l'Âge d'or de l'école de Copenhague, aussi en tant que professeur à l'Académie. Il pratique divers genres picturaux tels que la peinture d'histoire et de paysage, les portraits, les marines ou encore les scènes de la vie quotidienne. Ses ?uvres restent marquées par son goût pour une narration claire et dénuée d'effet dramatique, servies par la représentation d'une réalité finement observée avec un accent porté sur la géométrie des effets de la lumière. Ses séjours de jeunesse à Paris (1810-1813) où il était l'élève de David, puis à Rome (1813-1816), influencent durablement son art. De retour à Copenhague, Eckersberg s'illustre à travers ses portraits imposants, mais humbles par sa recherche obstinée de la vraisemblance. Son intérêt pour la construction des images se concrétise à la fin de sa carrière par la publication de son traité sur La perspective linéaire appliquée en peinture (1841). Son enseignement, basé sur l'étude peinte d'après le modèle vivant et l'étude du paysage, a inspiré plusieurs générations de jeunes peintres danois. Première monographie sur l'artiste en français, ce livre rend hommage à la richesse de l??uvre peint et dessiné d'Eckersberg.
« Léon est un homme de grande taille, au teint bistré, un peu gras (bouffi, disent les mauvaiseslangues). Il marche en se dandinant et monte à cheval en amazone à cause des ulcères de soncul ». C?est ainsi que dans ses mémoires, Peppe, le nain bossu, chambellan de Sa Majesté,présente son maître bien aimé, le pape Léon X. Le portrait qu?il fait de ce prince, qui protégeaRaphaël et Michel-Ange (mais condamna Luther), est assez loin d?obéir aux conventions retenuespar l?histoire. Léon est certes un ami des arts et de la culture, mais surtout des jeunes gens bienmontés. C?est avant tout un homme dont le désir de jouissance rêve de s?élever jusqu?au ciel.Impertinence, férocité jubilatoire et truculence de la langue sont les maîtres mots de ce roman riche aussi de sentiments humains, de savoir et de sagesse.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.