La dernière révolution de Mao. Histoire de la Révolution culturelle 1966-1976
Macfarquhar Roderick ; Schoenhals Michael
GALLIMARD
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EAN :9782070785797
On ne saurait comprendre la volonté aujourd'hui de la Chine communiste de devenir une superpuissance capitaliste sans en remonter à la source, traumatique : la Révolution culturelle. Lancée en 1966 par Mao Zedong, cette " guerre civile générale " visait à défaire " les éléments de la bourgeoisie infiltrés dans le Parti. le gouvernement, l'armée et la culture ". Ceux-ci auraient travaillé à renverser la dictature du prolétariat, à l'instar de Khrouchtchev en URSS et de sa révision du stalinisme. Mao incite à la rébellion tout particulièrement les lycéens, transformés en Gardes rouges. Elevée dans la violence répétée des campagnes de " luttes de classe ", délivrée des freins familiaux et institutionnels, livrée à elle-même (" plus vous tuez de gens, plus vous êtes révolutionnaire "), la jeunesse instaure une première terreur contre des responsables de l'Etat et du Parti de 1966 à 1968. Mais en juillet 1968, Mao décide froidement de briser les activités révolutionnaires de la Garde rouge et d'endiguer l'effondrement de l'économie; il ordonne à l'armée de procéder au démantèlement expéditif des organisations, il contraint près de douze millions de jeunes à renoncer aux études pour travailler aux champs ou dans les usines. Le retour sanglant à l'ordre bureaucratique fit davantage de morts et de blessés que les agissements des Gardes rouges déchaînés en 1966-1967 ou les combats armés entre les " organisations de masse " rivales en 1967-1968. Il fut conduit par l'armée d'abord, puis par les nouvelles structures politiques qui remirent au pas les militaires grâce à la liquidation du maréchal Lin Biao en septembre 1971, quelques mois seulement après qu'il eut été proclamé le successeur de Mao. Cent millions de personnes ont été affectées par la Révolution culturelle, incluant les survivants estropiés à vie comme les familles dont l'existence a été simplement perturbée par les événements; le nombre de victimes directes, tuées, suicidées, voire dévorées puisque les cas de cannibalisme furent nombreux, serait d'un million. La dernière révolution lancée par Mao, afin de transformer les êtres, fut l'ultime tentative, par le refus de singer les étrangers (Occidentaux, puis Soviétiques), de perpétuer dans la modernité occidentale une essence proprement chinoise, rêvée depuis un siècle par les élites. La Révolution culturelle fut le baroud d'honneur du conservatisme chinois.
Zhao Ziyang ; Bao Tong ; Macfarquhar Roderick ; Vi
Ce livre est tiré de trente cassettes enregistrées par Zhao Ziyang en 1999 et 2000 et qui ont ététrouvées après sa disparition, en 2005, parmi les jouets de ses petits enfants. Il a été édité à HongKong par le fils de Bao Tong, son secrétaire particulier et auteur d'une préface qui restitueparfaitement le contexte.Zhao commence ses Mémoires par le récit des événements de Tiananmen et de l?âpre lutte, ausommet de l?État chinois, entre partisans du dialogue et partisans de la fermeté, entre lui-même etcelui qui fut son mentor, Deng Xiaoping. Il donne là un éclairage très nouveau sur ces événementset les replace dans le contexte politico-économique de la Chine de Deng. Zhao était en effet lemaître d'oeuvre de la réforme économique soutenue par Deng et de l'ouverture du pays à l?étranger. Les chapitres suivants reprennent l'historique de la sortie du maoisme sur le plan économique, le redressement de la Chine et les batailles internes qui l'accompagnent. On découvre dans ce document exceptionnel le fonctionnement de l?État chinois autour d'un chef qui n'en a pasle nom ni tout le pouvoir (Deng est alors en position de « patriarche ») et du parti à la tête del?État où les diverses tendances, entre la « vieille garde » maoiste et les réformateurs, s'affrontentvivement.Ce livre est unique en ce sens qu'aucun dirigeant chinois depuis l'avènement de la Chine Nouvelleen 1949 n'a jamais publié de mémoires ni donné d'entretien: nous avons là pour la première foisun compte rendu à la première personne qui donne une analyse précise et dépourvue de langue debois, Zhao n'hésitant pas à nommer ses rivaux et adversaires, sans complaisance ni acrimonie. Leton est sobre, pas du tout sentencieux, ni même revanchard. La conclusion des Mémoires s'achève sur ces mots: « Longtemps je me suis considéré comme un réformateur économique et un conservateur politique. Mais ma pensée a changé ces dernières années. À présent, je sens que la réforme politique doit être une priorité ».
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide... qui n'existe plus". Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.
De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d'avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd'hui. Cette femme, c'est moi". La nuit au coeur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l'énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l'amour.
Fin février 2020, lors de fouilles dans le gouffre de Legarrea en Navarre. Nash Elizondo, psychologue médico-légale, et son équipe de chercheurs découvrent à cinquante mètres de profondeur une dépouille de brebis, une guirlande de minuscules roses desséchées et le corps d'une jeune fille : Andrea Dancur, portée disparue depuis trois ans. Parmi ses proches, chacun a quelque chose à cacher, et la silhouette menaçante du grand-père fait obstacle aux confidences. Mêlant approche scientifique et sensibilité aux croyances et aux légendes locales. Nash entame une enquête discrète, soutenue par Amaia Salazar, désormais inspectrice de la Police forale de Navarre. Mais l'annonce du confinement ne va pas lui faciliter la tâche.
Résumé : "Je suis partie en Chine à l'aube des années 1970 parce que je croyais au maoïsme, et donc à la Révolution culturelle. Nous sommes partis sans savoir si nous allions revenir. Seuls Français à Canton à l'époque, nous sommes devenus des soldats de Mao. Que s'est-il passé durant ces années chinoises ? Qu'ai-je voulu quitter ? Ai-je voulu devenir une autre ? Oublier ? Dans ce livre, je tente de faire le point sur cette tache aveugle de ma propre vie, à la fois en historienne et en ancienne militante. Je suis revenue en Chine, aux endroits où j'avais vécu. Ce récit au pays de ma mémoire est aussi une réflexion sur le devenir de la Chine aujourd'hui."
Résumé : L'Occident n'a pas su voir que du crime de Tiananmen surgissait la Chine d'aujourd'hui. En 1989, après la répression du mouvement démocratique, nombreux sont ceux qui prédisent la chute du régime communiste chinois. " Un pouvoir qui tire sur sa jeunesse n'a pas d'avenir ", déclare le président François Mitterrand. Trente ans plus tard, le régime de Pékin lui donne tort. De la tragédie est né un nouveau modèle : Tiananmen est le terreau - et le secret de famille - de la dictature qui se déploie sous nos yeux. Dans le sillage de juin 1989 triomphe un courant d'idées connu sous le nom de néo-autoritarisme chinois. D'abord conceptualisé à des fins de justification du massacre puis comme étape nécessaire avant la démocratisation, il n'a cessé de monter en puissance jusqu'à la version " dure " qui est celle d'aujourd'hui. " Il existe une solution chinoise ", a déclaré Xi Jinping. Il est temps que les démocraties occidentales comprennent la logique à l'oeuvre dans ce pays depuis trente ans pour éventuellement la contrer.
Résumé : En 1949, quand les communistes s'emparent du pouvoir après deux décennies de guerre civile, la Chine était l'un des pays les plus pauvres de la planète. Aujourd'hui, la République Populaire de Chine est la deuxième puissance commerciale du monde et la seule à pouvoir contester l'hégémonie américaine. Ce manuel décrit et explique cette ascension fulgurante. Il livre une analyse de la Chine des "années Mao", marquées par la construction des bases de sa puissance retrouvée ainsi que parla catastrophe de la grande famine du Grand Bond en avant et le chaos de la Révolution culturelle. Il expose ensuite le processus complexe et contradictoire de la réforme de Deng Xiaoping, avec ses éclatants succès et leurs revers - montée des inégalités, disparités régionales, corruption et violation des libertés, arrogance vis à vis des Etats voisins... Enfin, il dépeint la Chine actuelle de Xi Jinping, qui semble amorcer une nouvelle étape dans son développement en s'affirmant à l'avant-garde de l'actuelle révolution du numérique et de l'intelligence artificielle, pour le meilleur mais aussi pour le pire.
Résumé : Une fresque épique des relations de la Chine avec le monde sur huit siècles, portée par une éblouissante galerie de personnages. De Perse en Crimée, d'Indonésie au Sri Lanka, de la Chine au Tibet, des Pays-Bas à l'Afrique du Sud, treize personnages inattendus, mais emblématiques, nous guident, par terre et par mer, sur les routes de la mondialisation. Anonymes ou célèbres, Chinois ou étrangers, ils sont empereurs, aventuriers, marchands, eunuques, pirates, missionnaires, orfèvres, soldats... Et tous, quels que soient leur destin et leur importance dans l'Histoire, témoignent des interactions de la Chine avec le monde et de la richesse de leurs contacts, commerciaux, religieux, diplomatiques ou personnels. Car, par-delà les conflits et rivalités entre empires tout au long de ces huit siècles, la Chine n'a jamais cessé d'être connectée au reste de la planète, ces "dix mille pays" qui constituaient les voisins du Grand Etat mongol bâti au XIIIe siècle par Kubilai Khan à partir des conquêtes de son ancêtre Gengis Khan. Un livre magistralement mené, foisonnant et époustouflant d'érudition, qui renouvelle l'histoire de la Chine comme Mary Beard l'a fait pour Rome dans SPQR.