Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part ? lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection " Les auteurs de ma vie " invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique. Elle reprend le principe des " Pages immortelles ", publiées dans les années trente et quarante chez Corrêa/Buchet Chastel : chaque volume se compose ainsi d'une présentation de l'auteur choisi ainsi que d'une anthologie personnelle. Ces rencontres extraordinaires, ici partagées, sont pour le lecteur de belles occasions de relectures ou de découvertes. " L'odeur de soufre s'était largement évaporée quand j'ai lu les Fleurs du mal pour la première fois. Un demisiècle plus tard, je suis sûr que le livre de Baudelaire, rouvert tant de fois depuis, m'a fait comprendre assez vite que la littérature, et singulièrement la poésie, agrandissait le réel. Baudelaire était bien ce magicien ès lettres " dont il parle dans sa dédicace à Théophile Gautier. Magicien et savant, tour à tour ivre de ses pouvoirs et mélancolique, accablé par la malchance, désigné par le sort pour être un génie malfaisant, qui épouvante sa propre mère. Jeune lycéen, comment ne pas être sensible à cette prose, à cette provocation, alors qu'on exagère tout et qu'on ne veut croire à rien ? "
Nombre de pages
201
Date de parution
02/03/2017
Poids
197g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782283030523
Titre
Baudelaire. Pages choisies
Auteur
Macé Gérard
Editeur
BUCHET CHASTEL
Largeur
115
Poids
197
Date de parution
20170302
Nombre de pages
201,00 €
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Bois dormant, au beau titre, est une sorte de plongée autobiographique dans les années de l'enfance. Mais aux anecdotes, aux souvenirs, aux confidences habituelles dans ce domaine, Gérard Macé substitue, en quelques brefs tableaux, une re-création de l'univers mental en métamorphose où se mêlent les contes de fées, la découverte fascinante des livres et les mystères que dévoilera beaucoup plus tard l'histoire symbolique d'?dipe. Un peu comme un kaléidoscope onirique, mais dont chaque élément s'intègre dans un ensemble qui associe à la surprise poétique - images personnelles et réminiscences littéraires - la subtilité de la construction. Une netteté délicate d'écriture porte ces interrogations de l'énigme d'être, d'écrire, de parler, comme s'il s'agissait de soulever - au fond de l'espace ouvert et déjà parcouru dans Les balcons de Babel - d'autres tentures arachnéennes.
Promesse, tour et prestige sont les trois moments d'un spectacle de magie. Cette dramaturgie très simple est faite d'apparitions et de disparitions, de doutes et d'enchantement, comme la poésie et notre rapport au monde, mais donner trop d'explications est contraire aux usages, et tout dévoiler dépasse nos compétences. G. M.
La langue, la littérature, les mythes, la civilisation et la barbarie: telles sont les lignes de forces et les hantises personnelles à partir desquelles se dessine l'unité de ce livre, qui repose aussi sur l'enchaînement des pensées. La langue: l'auteur se penche non seulement sur le français, mais aussi sur le chinois, le japonais, les hiéroglyphes de l'ancienne Egypte. Les mythes sont ceux du monde entier. Quant à la littérature, elle est celle des grands écrivains de l'humanité, notamment lesconteurs, parmi lesquels les Mille et une Nuits, et Borges. Grand voyageur, l'auteur est particulièrement fasciné par l'Afrique; d'où des notations inattendues sur ce continent méconnu, car le récit de voyage est devenu une expérience personnelle, au même titre que la lecture, le souvenir, la rencontre.
La carte de l'empire est un nouveau volume de Pensées simples (le premier a été publié dans la collection "Blanche" en 2011). Les réflexions, notes de lectures, souvenirs et anecdotes qu'il rassemble au gré de trois sections pourraient passer pour disparates aux yeux d'un lecteur distrait. Un principe d'ensemble en émerge néanmoins peu à peu, qui est justement la négation de tout principe d'ensemble. Pour Macé il n'existe pas d'origine, ni de l'homme, ni des langues, ni de la culture. Tout est affaire de glissements, de déplacements d'un pays à un autre, d'un sens à un autre, d'un son à l'autre, etc (Un point de vue qu'il étaye de très beaux exemples, puisés dans 1'oeuvre de Rabelais, dans l'histoire du Japon, connue dans Lévi-Strauss). Pas plus qu'il n'y a d'origine, il n'y a pour lui de centre (le présent manuscrit d'ailleurs n'en a pas). Macé s'exerce à regarder le monde, non depuis l'Europe, mais depuis le Japon, ou l'Afrique. Il met face à face les grands totalitarismes du XXe siècle quand on a l'habitude de les opposer. Il juxtapose les regards de cinéastes aussi différents qu'Ozu et Michael Cimino. Et quand il parle de littérature, il récuse le roman et sa domination, affirmant : "La poésie m'a sauvé la mise." Ces fragments opèrent entre eux et forment un discours de plus en plus net et pénétrant. Un livre en forme de cabinet de curiosités, patiemment composé par un écrivain flâneur et érudit. au goût et au regard très sûrs.
Deux voix rivalisent aujourd'hui en Amérique latine. Par leurs politiques, leurs projets et leurs doctrines, Chavez et Uribe symbolisent deux manières radicalement distinctes de concevoir la vie nationale et régionale. Malgré des parallèles parfois rapides les rapprochant sous l'étiquette de "populistes" ou de "néo-populistes", la situation que connaît chacun de leur pays après plusieurs années de pouvoir est très différente. L'antagonisme direct de ces deux chefs d'Etat se traduit entre autres par leurs vues politiques distinctes: le leader vénézuélien promeut un "projet bolivarien" qui repose essentiellement sur la lutte "révolutionnaire"; le président colombien défend une politique de renforcement de l'autorité de l'Etat par la voie constitutionnelle avec le soutien des Etats-Unis. Dans cette lutte pour le leadership politico-moral de l'Amérique latine (dernièrement, l'affaire Bétancourt en a été révélatrice), le Brésil de Lula tente de s'interposer dans le match Chavez-Uribe et se présente comme une voie intermédiaire.
Pourquoi les abeilles dépérissent-elles? Parce qu'on les empoisonne? Parce qu'on les prend pour des vaches à miel ou à venin? Les scientifiques cherchent des réponses. Sid aussi essaie de comprendre. Né au début des années 1980, il ne sait pas trop à quoi se raccrocher, se fiant tour à tour à la sagesse des apiculteurs, à la nostalgie des néonazis, au cynisme du Forum de Davos, à son irrésistible penchant pour une étrange téléphoniste japonaise... Dans un pays sans mer où coulent le miel et le chocolat au lait, sur une planète où les humains ne pourront survivre sans les abeilles, Le Silence des abeilles est le roman d'apprentissage, drôle et grave, d'une certaine jeunesse.
U n avocat de trente-cinq ans travaille au Luxembourg pour un gros cabinet. Salaire mirobolant. Pas d'amours. Pas d'amis. Une femme de ménage... qu'il ne voit jamais. Mal dans sa peau, il se trouve insignifiant au point de se sentir transparent. La veille d'un passage à Paris, l'avocat ressent une douleur inexplicable au cou, puis au bras. Dans sa chambre d'hôtel, il constate qu'il est devenu tout à fait invisible. Comme le héros détraqué de H.G. Wells. Des traces humides sur la moquette, un creux sur un matelas, voilà ce qu'il reste de lui. Cette expérience le délivre de ses angoisses, sa nouvelle impunité lui permet tous les excès. Il voyage, porté par une sensualité retrouvée, se rend en Sardaigne, traverse la Méditerranée... Insaisissable, ivre de puissance, il s'intéresse finalement à une humanité qu'il croit dominer de très haut... Fable ironique au rythme soutenu, riche en rebondissements, ce remake d'un grand classique en élargit le sens, pour mettre en cause une société en voie d'atomisation, séduite par des valeurs virtuelles.