Rosa Luxemburg est une figure majeure de l'histoire révolutionnaire européenne. Née le 5 mars 1870 en Pologne, elle s'engage très tôt dans le militantisme ouvrier. Membre actif du Bureau socialiste international, dirigeante du Parti socialiste polonais et lituanien et cofondatrice avec Léon Jogichès du mouvement spartakiste, elle est assassinée, avec Karl Liebknecht, le 15 janvier 1919 lors de l'insurrection communiste allemande. Dès l'adolescence, elle a trouvé en Jogichès un compagnon de c'ur et un camarade de combat, un mentor et un confident. Leur correspondance, qui s'étend sur plus de vingt ans, de 1894 à 1914, évoque leur psychologie intime et leur combat politique. Elle révèle l'influence profonde que Jogichès exerça sur Rosa Luxemburg, mais aussi leurs divergences croissantes. Lettre après lettre se dessine l'évolution de Rosa, la sincérité de son engagement militant, depuis ses premières actions publiques en 1893 jusqu'à son emprisonnement à la veille de la Première Guerre mondiale. L'intégralité de cette correspondance est ici réunie dans un même volume. Document de premier plan pour l'histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire en Europe et des débuts de l'Internationale, c'est aussi une lecture émouvante, d'une grande richesse humaine.
Nombre de pages
678
Date de parution
14/11/2001
Poids
770g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782207252772
Titre
Lettres à Léon Jogichès. 1894-1914
Auteur
Luxemburg Rosa
Editeur
DENOEL
Largeur
140
Poids
770
Date de parution
20011114
Nombre de pages
678,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce choix de lettres et de textes est extrait de la correspondance écrite par Rosa Luxemburg en prison de 1915 à 1919. Ces extraits reflètent la vigueur de la pensée tout autant que la sensibilité de l'écrivain qu'était Rosa Luxemburg. "En réalité, je traverse actuellement une passe assez dure. C'est exactement comme l'an dernier, Barminstrasse : pendant sept mois je tiens bon, et le huitième mes nerfs flanchent tout à coup. Chaque jour à passer devient un petit sommet qu'il faut gravir ; la moindre bagatelle m'irrite douloureusement. En effet, dans cinq jours il y aura huit mois pleins de ma deuxième année de solitude. Ensuite, sûrement comme l'an dernier, la vie reprendra ses droits, d'autant qu'on s'approche du printemps. Du reste, tout serait bien plus facile à supporter, si je n'oubliais pas la loi fondamentale que je me suis fixée comme règle de vie : être bon, voilà le principal ! Etre bon tout simplement. Voilà qui englobe tout et qui vaut mieux que toute l'intelligence et la prétention d'avoir raison..."
En toute chose, Rosa Luxemburg répugnait à la tiédeur. S'emparant d'un fait divers (l'empoisonnement mortel d'une centaine de miséreux par de la nourriture avariée, dans un asile de nuit berlinois), Rosa Luxemburg dénonce, avec verve et passion, la logique d'un système qui assure dans le même temps la prospérité indécente d'une poignée de privilégiés et jette dans la misère noire une frange croissante du peuple. C'est un certain ordre social qui assassine. C'est l'indifférence générale qui en couvre les forfaits. Un texte d'une actualité brûlante. "Brusquement le spectre horrible de la misère arrache à notre société son masque de correction et révèle que cette pseudo-honorabilité n'est que le fard d'une putain. Brusquement sous les apparences frivoles et enivrantes de notre civilisation, on découvre l'abîme béant de la barbarie et de la bestialité." (1912) Les "Lettres de ma prison" sont adressées à Sonia Liebknecht, la compagne de Karl Liebknecht.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...