À Tel-Aviv, Ariel et Alaa sont voisins et amis. L'un est un journaliste israélien, l'autre, un cameraman palestinien, hanté par le souvenir de sa grand-mère récemment décédée. Un matin, Israël se réveille abasourdi : tous les Palestiniens ont disparu. Plus d'ouvriers, de serveurs, de chauffeurs... Le pays est à l'arrêt. Alors que le gouvernement tente de déterminer si cette disparition représente un danger pour l'État, Ariel pénètre dans l'appartement d'Alaa pour enquêter et découvre son journal. En le lisant, il va peu à peu prendre conscience de la douleur et de la colère que son ami a toujours contenues. Empreint de réalisme magique, Le Livre de la disparition renverse habilement les perspectives sur la question israélo-palestinienne et met en lumière l'invisibilisation d'un peuple et d'une histoire. Sobre et évocateur, le roman fait résonner le drame de l'exode palestinien de 1948 et explore la persistance des souvenirs, qui blessent autant qu'ils consolent.
Faysal, Palestinien trentenaire, reçoit un mystérieux faire-part de décès. Mais qui est donc cette tante Rita ? Intrigué, il abandonne son amant et sa vie en Europe pour retourner à Jabalayn, son village natal. Dans le palais déserté de son enfance, il erre. Le passé resurgit, fastueux et lourd de secrets. Alors que plane la menace d'une annexion imminente, qu'une famille et un pays sont au crépuscule, l'esprit de Faysal bascule. Karim Kattan nous donne à lire un premier roman troublant, à la fois tendre et violent, qui explore les contradictions de l'engagement politique et de la mémoire. A l'ombre des amandiers en fleurs, se dévoile une Palestine devenue lieu de l'imaginaire, intime et insoumise.
Abordé par un homme étrange, Rabee Jaber écoute son histoire. C'était à Beyrouth, après la guerre civile. Boutros était vigile dans un cinéma abandonné. Il aperçoit une silhouette, tente de la poursuivre, fait une chute violente au fond d'un trou. Puis il perd conscience. Revenu à lui après un long temps, recueilli dans une maison souterraine creusée dans la pierre, il comprend peu à peu qu'il existe une antique ville souterraine, jadis engloutie par un tremblement de terre, mais toujours habitée. Parmi ses rencontres, Yasmina, la silhouette du cinéma, avec qui se noue un amour secret. Si Boutros apprend à découvrir ce reflet trouble de la Beyrouth d'en haut, la mémoire de sa vie d'avant, marquée par la violence d'un conflit absurde, ne le quitte jamais. Après des mois sous terre, il remonte à la surface. Bouleversé par ce monde enfoui et fragile, il rompt sa promesse de ne rien révéler à ceux d'en haut. Berytus, une ville sous terre est un livre profondément original. Quelle est la nature de cette ville lentement découverte? Miroir fantasmé de la ville, ou hommage aux mondes perdus de Jules Verne ou Lewis Carroll? Et sans cesse se pose la question du retour à la vie réelle. Le roman de Rabee Jaber hante longtemps le lecteur, telle une fable à la beauté insaisissable. Biographie de l'auteur Rabee Jaber est né en 1972 à Beyrouth. Il est rédacteur en chef du supplément culturel du journal Al-Hayat et a publié quinze romans depuis 1992. La publication de Berytus, une ville sous terre constitue la première traduction en français de son oeuvre.
À la fin du XIXe siècle, alors que l'Égypte de l'Empire Ottoman est sous dominationbritannique, un officier cairote nommé Mahmoud est envoyé à Siwa comme gouverneur pour y collecter les impôts. Son prédécesseur n'a pas survécu à la mission, les habitants de l'oasis affichant une violente défiance face au pouvoir en place. Mais Mahmoud n'a pas le choix: sans relations haut placées, impossible d'échapper à cette affectation dangereuse qui n'enchante finalement qu'une seule personne, Catherine, son épouse irlandaise. Passionnée d'archéologie, elle est fascinée par Alexandre le Grand dont elle veut retrouver la trace. Or, si sa théorie est exacte, c'est à Siwa qu'il a désiré se faire enterrer. Face à eux, une population scindée en deux communautés belliqueuses, les Gharbiyin et les Charqiyin, les accueille avec une froideur inquiétante. Si le cheikh Yahya tente de faire rayonner sa sagesse et ainsi éviter un nouveau conflit, le poids de la tradition peut en un instant faire exploser l'inhibition artificielle qui régit l'oasis. C'est alors qu'arrive Fiona, la soeur de Catherine, tombée gravement malade. À mesure que sasanté se dégrade, Mahmoud est pris d'un amour grandissant pour cette femme qui s'éteint sous ses yeux impuissants. Il n'arrivera pas à supporter indéfiniment l'obsession de son épouse pour Alexandre alors que Fiona s'apprête à mourir dans cette région hors du temps? C'est une société vacillante que décrit avec intensité Bahaa Taher. Un complexe jeu de forces structure ce roman qui agence avec rugosité la tradition et la passion, l'histoire et le politique. Dans sa légèreté, l'écriture parvient à rendre possible la fuite vers les inconsistants mirages que renferme cette oasis tragique.
En 1913, la jeune couturière Marta Haddad quitte Beyrouth pour rejoindre son mari Khalil, parti travailler aux États-Unis peu de temps après leur mariage. La traversée est une épreuve, tout comme le séjour en quarantaine à Ellis Island, mais Marta a confiance en l'avenir et en cette terre d'accueil. Le choc est pourtant immense quand elle découvre que son mari vit avec une Américaine en Louisiane et qu'il ne l'attend déjà plus? Marta se ressaisit, devient d'abord vendeuse itinérante avant d'ouvrir un magasin à Philadelphie. Khalil perd la vie au milieu des troupes américaines pendant la Première Guerre mondiale, elle peut donc se remarier et épouse Ali Jaber, lui aussi d'origine syrienne. Mais la crise de 1929 frappe de plein fouet, et pour échapper à la misère Marta n'a d'autre choix que de s'installer sur des terres agricoles achetées avant la crise en Californie, avec Ali et leurs quatre enfants. Un nouveau départ - un de plus, dans la vie de Marta, héroïne attachante de cette vaste fresque de l'immigration que constitue Amerika.