Accablé d'une postérité perpétuellement vouée aux polémiques les plus navrantes, mais qui suffirent à blesser ses amis de toujours, Cioran fut, à d'autres moments, l'objet de récupérations insidieuses. Une chose est sûre: c'est d'un sourire narquois que l'auteur du Précis de décomposition eût neutralisé "la curée des scribes funèbres" qui l'assaille. Il était temps de rendre à la littérature cet ami de Beckett et de Michaux, avec lesquels il vécut en "intense proximité". De célébrer celui que Paul Celan, Saint-John Perse et Octavio Paz, parmi tant d'autres, saluèrent. Par un effet d'ombre portée de ses écrits peut-être, on a pu penser à un Cioran solitaire, coupé de son époque et de ses contemporains. La lecture attentive de ses oeuvres, l'analyse serrée de ce qui s'est joué lorsqu'il choisit d'abandonner sa langue maternelle pour mieux renaître en français et en littérature, révèlent au contraire un homme attentif à ses pairs. Pour preuve, ce dialogue, d'une richesse insoupçonnée, qu'il soutint constamment avec Fondane, Paulhan, Sartre et Blanchot. Ce volume, qui croise les voix et les regards les plus divers comme les plus inédits, s'efforce de rendre à l'oeuvre de Cioran sa dimension européenne.
Nombre de pages
340
Date de parution
13/10/2011
Poids
550g
Largeur
156mm
Plus d'informations
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EAN
9782363710130
Titre
Cioran et ses contemporains
Auteur
Limet Yun-Sun ; Dauzat Pierre-Emmanuel
Editeur
PG DE ROUX
Largeur
156
Poids
550
Date de parution
20111013
Nombre de pages
340,00 €
Disponibilité
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Le travail permet-il le bonheur ? Convoité ou subi, orientant l'éducation, rythmant le quotidien et laissant envisager une retraite paisible, le travail est au coeur de nos existences. Partant de ce constat, Yun Sun Limet livre ici un petit essai sous la forme de courtes lettres, écrites à quelques destinataires privilégiés (deux amies dont une d'enfance et un ami universitaire). Malade et donc provisoirement éloignée du travail, elle propose une méditation à la fois intime, très personnelle et informée sur cette " valeur " centrale de nos sociétés. Se rencontrent les grands noms de l'histoire et de la sociologie du travail, Marx, Weber, Blanqui, mais aussi Sénèque, inattendu et pourtant essentiel pour accompagner la fragilité de l'existence et le sens que le travail lui donne. A la croisée de la réflexion et de la fiction, ce traité contemporain, porté par la voix juste et profonde de son auteur, ne perd pas une ligne pour être également un formidable appel à la vie, à la vie heureuse.
Si vous' lisez ces lignes, c'est qu'un événement improbable, impensable aura eu lieu : notre mort accidentelle à tous les deux, simultanée ou à peu de temps d'intervalle. C'est pourtant une crainte qui nous hante. Et si un tel malheur devait se produire, c'est à jean et Marie que nous pensons d'abord. C'est pour eux que nous écris vans cette lettre, afin qu'ils soient confiés à une famille amie qui les élève comme ses propres enfants. [...] Notre tristesse est infinie à l'idée que cette lettre puisse un jour être lue. Nous croyons que jean et Marie ont été heureux avec nous et espérons qu'ils continuent de l'être malgré notre absence." Les Candidats, à travers la voix des amis pressentis par les signataires de cette lettre, raconte une histoire de perte, de deuil et de la vie telle qu'elle (s'en) va, d'amitié aussi et d'accomplissement. Un roman à quatre voix qui reprend cette "crainte qui nous hante" tous, d'une manière sobre et entêtante.
Je marche. Personne pour s'arrêter et, en hésitant, prononcer mon nom. Je redoute ce moment, tout en sachant qu'il peut aussi bien ne jamais se produire. Qui pourrait me reconnaître, se souvenir que, derrière la face un peu burinée, la barbe naissante, les épaules un peu plus larges, il y a le jeune prof de musique de la petite ville d'à côté, plus loin le long du fleuve? Celui qui a fait un petit succès, il y a quelques années? Oui, oui, comment s'appelle-t-il déjà? Ah, la mémoire des noms, ce n'est pas mon fort. Un homme dans la foule, comme le titre du film." Dans ce roman limpide et mystérieux, Yun Sun Limet raconte l'histoire d'un musicien perdu entre la nostalgie d'un amour manqué et le désir d'être un artiste.
Dans un château ancien, un petit garçon nommé Timouk s'étonne de ne trouver personne à son réveil. Un merle moqueur lui explique que ses parents sont partis à la guerre et qu'ils ne reviendront peut-être pas. Furieux, Timouk lui lance des pierres et subit du même coup un mauvais sort: il perd la parole. Commence alors pour l'enfant une déambulation fantasmagorique dans le château désert, qui l'amènera à croiser une drôle de machine sur roues, un tigre puissant et magnifique, Alfred, le gardien du parc qui joue si bien du piano?. Un joli conte musical qui nous entraîne dans une succession de scènes abracadabrantes et nous promène entre rêve et réalité, entre silence et musique.Une composition originale de Guillaume Connesson.
L'inconnu continuait à me fixer. Qu'est-ce qu'il voulait, à la fin ? M'accueillir dans sa propre solitude ? Pas question. Même si la mienne était insupportable. Une engelure tenace. J'ai voulu me protéger à ma façon, et d'une voix narquoise : - A votre avis, quand le type en trench est entré et qu'il a glissé deux mots à l'oreille de l'autre, qu'est-ce qu'il lui a dit ? II est resté impassible, l'air de ne pas comprendre. Ou de s'en foutre éperdument. Peut-être avait-il dormi pendant le film ? - Si on allait prendre un verre ? J'ai secoué la tête énergiquement. Et avec forfanterie, voire provocation : - Non, merci. Je ne bois pas. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. De toute façon, j'attends quelqu'un. - Vous attendez quelqu'un ? a-t-il dit sur un ton de perplexité moqueuse." Michel Lambert nous fait pénétrer à nouveau dans l'univers chancelant des couples ou des compagnons de route improbables, des secrets douloureux à retardement, des derniers pas que promènent, au fil d'un poignant chant du cygne, ceux qui ne pourront plus jamais se retrouver comme avant, dans l'illusion ou le fantasme, soudain surpris par l'éternel lendemain et sa lumière trop forte et trop blanche.
La vogue actuelle de l'écologie (et de l'écologisme) s'explique par deux facteurs essentiels : l'aggravation des pollutions de toutes sortes, qui saccagent les paysages, détruisent les écosystèmes, infectent les nappes phréatiques et menacent les océans ; et l'épuisement programmé des réserves naturelles, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne sont ni inépuisables ni gratuites, à un moment où plus des trois-quarts de nos ressources énergétiques sont encore des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon, uranium). S'y ajoutent les débats sur le réchauffement climatique, le traitement des déchets industriels et nucléaires, les perturbateurs endocriniens, les menaces sur l'alimentation, etc. De nombreux auteurs se sont déjà attachés à étudier ces problèmes. Mais peu l'ont fait au point de prendre fermement position en faveur de la décroissance. Le constat de base que font les "décroissants" est celui-ci : une croissance matérielle infinie est impossible dans un espace fini (comme l'est notre planète). Sans pour autant vouloir arrêter l'histoire ni retourner en arrière, vient un moment où il est nécessaire comprendre que "plus" ne veut pas automatiquement dire "mieux" et qu'il est parfois nécessaire de dire : "C'est assez !" Alain de Benoist, à qui l'on doit déjà de nombreux essais d'histoire des idées et de philosophie politique, explique dans ce nouveau livre pourquoi le " développement durable " est voué à l'échec : en prétendant concilier croissance et écologie, il revient, dans le meilleur des cas, à réduire la vitesse sans pour autant changer de cap dans la mauvaise direction. La notion même de croissance, issue de la modernité occidentale, est ici déconstruite à partir d'une critique radicale, qui s'appuie notamment sur les notions d'"empreinte écologique" et d'"effet-rebond". L'ouvrage contient également plusieurs textes sur le sens profond de le pensée écologiste, ainsi que sur l'idée de "valeur intrinsèque de la nature". L'auteur plaide, en conclusion, pour restituer un rapport de co-appartenance à la nature rompant avec l'idée d'un monde transformé en simple objet du vouloir humain : "Le monde naturel n'est pas un simple décor de nos existences, c'est l'une des conditions systémiques de la vie".