La psychanalyse en Palestine (1918-1948). Aux origines du mouvement analytique israélien
Liebermann Guido ; Roudinesco Elisabeth
CAMPAGNE PREM
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EAN :9782915789539
Cet ouvrage retrace l'histoire du freudisme en Palestine avant la création de l'Etat d'Israël. Elle prend comme point de départ le passage entre les XIXe et XXe siècles, entre la douloureuse transition d'une Palestine ottomane rongée par les particularismes et les rivalités intercommunautaires, vers celle du Modernisme, prônée par les nouveaux maîtres du lieu, les Britanniques, installés dans le pays depuis la fin de 1917, et par les dirigeants sionistes chargés par le Gouvernement de sa Majesté de veiller à la création d'un foyer national pour les Juifs dans leur Terre ancestrale. C'est sur la toile de fond d'un antisémitisme croissant en Europe Orientale et Centrale depuis 1881, que des milliers de Juifs gagnés par les idées du sionisme naissant, décideront de partir en Palestine pour y ériger une patrie juive, laïque et socialiste, fondée sur les valeurs de la nouvelle culture et langue hébraïques, amenant dans leurs valises les écrits de Spinoza, Marx, Nietzsche, Buber et Freud. Nous suivrons de près l'évolution des idées de Freud dans la presse culturelle hébraïque de Palestine, et focaliseront toute notre attention sur la place qu'elles occuperont dans les vifs débats qui agiteront les milieux intellectuels du pays, et notamment dans ceux se réclamant de la gauche sioniste, parmi lesquels comptent les jeunes dirigeants et pédagogues du mouvement Hashomer Hatza'ïr: ceux qui à la lumière des découvertes de la psychanalyse chercheront à forger dans leurs kibboutzim une éducation collective révolutionnaire, annonciatrice de l'avènement du nouveau Juif héroïque, libéré des « névroses de Ghetto » et de celles de la vie bourgeoise de la Diaspora.Après avoir été nommé au conseil d'administration de l'Université hébraïque à Jérusalem en 1925, Freud fut salué par les tenants du Rationalisme juif comme l'un des « Génies » ou « Héros » intellectuels du Peuple juif, et considéré par les traditionalistes comme un « vieux juif malade d'assimilationisme » et dont son abominable science, exclue des salles de ce saint lieu universitaire, ne serait que le « retour du refoulé » symptomatique, de son propre judaïsme refoulé. Nous accorderons donc une analyse détaillée à l image que l'on se fit de Freud en Palestine, et aussi aux sentiments ambivalents et aux positions souvent fluctuantes de Freud face au sionisme, face à l'avenir des Juifs de Palestine, et face à la réception de son oeuvre traduite dans cette « Langue sacrée », comme il l'appela, qui suscita en lui autant de fascination que d'inquiétante familiarité.L'immigration juive en Palestine apportera aussi quelques grands noms du mouvement freudien international: Mosche Wulff, Max Eitingon et Josef Friedjung... parmi d'autres. Ils quitteront l'Allemagne nazie en 1933, puis l'Autriche en 1938, pour y fonder une nouvelle Société psychanalytique et poser les bases du mouvement freudien en « Eretz Israel », la Terre d Israël. D'autres analystes, moins connus, analysés sur les divans à Berlin ou Vienne, poursuivront leur formation à Jérusalem ou à Tel-Aviv et contribueront aussi à l'essor de la psychanalyse en Palestine durant les années trente et quarante; ils détermineront le cours de la psychanalyse en Israël à partir des années cinquante. Surtout, l'insertion des psychanalystes dans le pays n'aura pas été possible sans l'inappréciable soutien apporté par quelques médecins, pédagogues et dirigeants sionistes gagnés à la cause psychanalytique. Parmi eux, le docteur Aryeh Feigenbaum, frère de Dorian, le premier psychanalyste à avoir exercé à Jérusalem entre 1921 et 1924, tous deux figures centrales de notre histoire.
L'éducation est un instrument indispensable pour former l'enfant et le préparer à la vie d'adulte ; elle est aussi une arme puissante pour réduire les inégalités et changer le monde. C'est ainsi que l'ont comprise les pionniers arrivés en Palestine au début du XXe siècle, lorsqu'ils ont fondé les kibboutz, collectivités agricoles, socialistes et juives, créées dès 1910. Etrange croisement en effet que cette rencontre des idées marxistes issues de l'Europe de l'Est et du mouvement sioniste ! Elle donna lieu à des expériences d'éducation collective d'une grande inventivité, notamment avec les enfants nés au kibboutz du Hashomer Hatza'ir, et dans lesquelles la psychanalyse joua un rôle central, bien que controversé. Abondamment commentée, cette histoire-là est néanmoins peu connue. Guido Liebermann qui a vécu, adolescent, dans un kibboutz, nous en livre un récit vivant, et analyse les apports de la psychanalyse freudienne à la pédagogie moderne et à l'éducation, sujet plus que jamais d'actualité. Au cours de ses recherches, l'auteur a pu consulter un grand nombre d'archives, et rencontrer les derniers témoins de cette aventure inouïe et passionnante.
Après Freud adolescent, Florian Houssier poursuit sa présentation du jeune Freud. Avant d'entrer à la faculté de médecine de Vienne, le nouveau bachelier se plonge dans l'étude du français et de la philosophie. Sa vie sentimentale et sexuelle est réduite à sa plus simple expression. Plus tard, la relation à distance avec sa fiancée, Martha Bernays, s'accompagne d'un fantasme de possession. Toutefois, son amour du monde des livres et du langage écrit éveille son intérêt pour la recherche d'une vérité humaine. Poids du legs parental, de la nécessaire réparation d'une famille dans la gêne, et difficultés récurrentes à trouver de l'argent, fin de sa longue relation avec Eduard Silberstein, son principal ami d'adolescence, fascination pour les duos mère-fille, quête d'identifications masculines et surinvestissement de la vie psychique font partie des traits mis en évidence par l'auteur. Il souligne combien cette période est celle de basculements essentiels dans la vie de Sigmund Freud. En psychanalyste formé à l'étude de l'âme humaine et en biographe s'appuyant sur des archives sûres, Florian Houssier nous fait comprendre comment ces années ont conduit l'étudiant Sigmund Freud à devenir l'inventeur d'une nouvelle science de l'homme.
Si nous tous, êtres humains, sommes le texte du monde, nous devons d'abord apprendre à nous lire nous-mêmes, c'est-à-dire à nous voir comme des poèmes. Jean-Michel Rabaté nous guide dans cette exploration, en développant une théorie originale des rapports entre littérature et psychanalyse tels qu'on peut les penser à la suite de Lacan. Il nous introduit à une poétique du vécu, où le langage se noue au corps, où le rire et l'affect occupent une fonction centrale. La seule pièce de théâtre de James Joyce, un roman énigmatique de Maurice Blanchot, les intuitions de Virginia Woolf, mais aussi les écrits de Gide, Rimbaud, Breton, Eluard, Valéry, T. S. Eliot, Bataille, comme les oeuvres de Nietzche, Heidegger, Aristote et Spinoza font partie des textes que l'auteur nous entraîne à écouter pour saisir la jouissance de l'écriture. Car lire, c'est écouter, apprentis que nous sommes, le soleil dans l'oeil.
Avrane Patrick ; Solal Jean-François ; Vey Catheri
Que font les psychanalystes quand ils se lèvent de leur fauteuil ? Ils passent parfois au fourneau pour nourrir leurs amis, leur famille. Mais, quand ils en parlent, leurs recettes ne sont pas de simples assemblages d'ingrédients, elles sont aussi pleines de souvenirs oubliés, d'actes manqués parfois réussis, de mets fantasmés ; et ce n'est pas sans humour que les psychanalystes qui ont participé à ce livre acceptent de dévoiler les secrets inconscients des plats qu'ils préparent. Les 38 recettes proposées ici ont été réalisées par des psychanalystes, et goûtées par des personnes normales. Elles peuvent toutes être reproduites, y compris par des personnes n'ayant jamais fréquenté un divan, et sont agrémentées de textes expliquant leur extraordinaire saveur inconsciente.
Le transfert est l'un des concepts-clés et le ressort le plus important de la psychanalyse. C'est par lui que l'inconscient s'implique dans la cure. Sa mise au jour et son élaboration théorique reviennent incontestablement à Freud. Sans transfert, allié irréductible et rebelle, l'analyse est impossible. Freud ne cesse de le rappeler et de le redécouvrir, mais, précise-t-il, "il bouleverse tous les calculs" et "doit être deviné". Dans cet ouvrage, Catherine Muller analyse la confrontation de Freud à l'inconscient dans le surgissement du transfert au fil de sa clinique. Ce concept s'y révèle avec clarté, et dévoile les paradoxes avec lesquels s'est construite la rationalité freudienne. Cette étude, originale et inédite, met en lumière la nécessité d'une présence d'énigme qui tient à l'inconscient lui-même.
Penser et panser nos pulsions pour retrouver le lien à la vie. Les pulsions ne sont ni l'instinct ni le besoin. Elles incarnent ce qui fait de nous des êtres humains, unissant corps et langage dans une danse infinie. Forces mystérieuses et puissantes, elles surgissent en nous comme des élans parfois incontrôlables, donnant naissance à des émotions, des pensées, des réactions qui nous surprennent autant qu'elles nous définissent. Expression vivante de notre corps, les pulsions façonnent nos mots et nos récits qui les nourrissent à leur tour. Dans ce va-et-vient incessant, elles tissent nos représentations mentales, révèlent notre quête de sens et transforment la matière brute de notre existence en quelque chose de plus grand et de plus humain. Ambivalentes par essence, les pulsions nous poussent à aimer autant qu'à haïr, à construire autant qu'à détruire. Elles sont à la fois l'énergie de notre créativité et la source de nos plus grandes contradictions. Ce sont elles qui orientent nos choix, nos passions, nos talents, nos engagements - souvent à notre insu. Dans cet ouvrage, découvrez comment le processus pulsionnel oeuvre en nous, influençant nos liens aux autres, nos choix, nos consommations, nos passions, nos talents, nos engagements politiques. L'auteur nous aide à réfléchir et à comprendre ce que nous faisons de ces forces ambivalentes qui nous poussent à construire autant qu'à détruire, à aimer autant qu'à haïr, à progresser autant qu'à régresser. L'enjeu de nos pulsions est donc celui de savoir ce que nous en faisons et voulons en faire. INEDIT
Comment se représenter un "vagin d'homme" , un "pénis de femme" , un homme "enceint" ? Quid des théories sexuelles infantiles ? Les assignations sexuelles habituelles façonnent des catégories d'homme et de femme actuellement bousculées par de nouveaux usages de la sexualité et des identités sexuées. La sexualité est à sa manière une "fabrique du genre" . Comment le psychanalyste peut-il rencontrer et écouter un sujet transgenre sans être assailli par un flot de représentations susceptible d'entraver son écoute ? Seule l'interrogation du contre-transfert, qui relève tout autant de l'inconscient de l'analyste, de sa filiation théorique, que de son inscription dans le socius et dans l'histoire, peut constituer une boussole pour avancer dans le travail analytique. Plusieurs psychanalystes (Régis Bongrand, Francine Caraman, Kalyane Fejtö, Caroline Thompson) et un professeur de littérature (Pierre Zoberman) engagent un dialogue avec Serge Hefez à partir de ses propositions.
Rédigé entre 1930 et 1933, pendant les terribles années de crise en Allemagne, ce classique de Wilhelm Reich (1897-1957) demeure une contribution capitale à la compréhension du fascisme. Refusant d'y voir l'idéologie ou l'action d'un individu isolé, rejetant de même l'explication purement socio-économique avancée par les marxistes, Reich considère le fascisme comme l'expression de la structure caractérielle irrationnelle de l'individu moyen, dont les besoins et les pulsions primaires, biologiques, ont été réprimées depuis des millénaires. Aussi, toute forme de mysticisme organisé, dont le fascisme, s'explique-t-elle par le désir orgastique insatisfait des masses.
Résumé : Comment et pourquoi devient-on pervers ? Pour Robert Stoller, la perversion est fondamentalement liée aux difficultés que rencontre chaque individu à la recherche de son identité sexuelle, c'est-à-dire de sa féminité ou de sa masculinité. Dans sa quête, le petit enfant, aux prises avec les mille conflits de son existence familiale, va accumuler les peurs, l'angoisse et, surtout, l'hostilité à l'égard de l'un ou l'autre sexe. Pour se protéger, pour protéger son plaisir érotique, il lui faudra avoir recours aux fantasmes. Ainsi se développe la perversion, cette structure de défense, ce fantasme mis en acte, né de l'angoisse et de la haine.