Dans une Méditerranée riche en tempêtes, la guerre d'Algérie et la question palestinienne représentent deux paroxysmes. C'est une bonne raison pour les regrouper et leur donner ici une place centrale. Il en est d'autres qui tiennent à certains traits communs de ces conflits. Les négations de l'identité nationale d'un peuple et des politiques de peuplement systématiques leur confèrent des caractères coloniaux et l'allure d'affrontements intercommunautaires. Parmi les enjeux qui ont été privilégiés dans ces études ressortent fortement la terre et l'eau, les équilibres écologiques, les migrations. L'acuité des problèmes de mémoires est aussi une spécificité méditerranéenne. Plus modestement, ce recueil de textes, qui est largement ouvert à de jeunes spécialistes, voudrait contribuer au questionnement permanent dont les sociétés concernées ont tant besoin.
Nombre de pages
265
Date de parution
01/11/2003
Poids
490g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782747544788
Titre
Tensions méditerranéennes
ISBN
2747544788
Auteur
Liauzu Claude
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
490
Date de parution
20031101
Nombre de pages
265,00 €
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De la colonisation française dans les différentes parties du monde, on n'a jusqu'à présent pas dressé la bilan, ni mis en ?uvre l'analyse objective qui serait de mise. Les indépendances sont récentes en effet, les enjeux de mémoire ou nationaux parfois très lourds, comme l'illustrent régulièrement les débats suscités de part et d'autre de la Méditerranée sur la guerre d'Algérie. Pourtant, il est aujourd'hui possible de se livrer à une lecture sereine des acquis, des passifs, des conséquences du système colonial, dans les différents états où il s'est exercé, et surtout dans les différentes sociétés où il a fini par produire des réalités neuves, inédites, de passionnants cas de métissage et d'acculturation réciproque. C'est à ce travail sans préjugés et sans esprit partisan, sans volonté de démontrer et sans concessions que se sont livrés sept historiens spécialistes des zones concernées, qui apportent sur chacun de ces dossiers sensibles un éclairage depassionné
Depuis le 11 septembre 2001, la guerre des civilisations - comme Wells disait la guerre des mondes - est devenue une évidence pour tout un chacun, pour les médias et pour nombre d'intellectuels. Les ayatollahs des deux camps sonnent le tocsin et la charge. Ce livre a pour seul parti pris le refus d'une dérive qui n'est pas inéluctable, le refus de conflits dont les effets seraient irréparables pour nous mais aussi pour les générations à venir. Il se propose de décrypter les images réciproques que les deux civilisations ont élaborées au fil des siècles, de leurs chocs, échanges, rejets et refoulements. Les dossiers qui sont présentés ici ne proclament pas une vérité, mais veulent nourrir l'information et fournir des pistes de réflexion. Comme dit le proverbe, les hommes ressemblent plus à leur temps qu'à leurs pères. L'interdépendance de plus en plus accentuée des sociétés entraîne des brassages sans précédent de produits, d'hommes et d'idées, développe les métissages. Les cultures de guerre, les universalismes univoques sont dépassés. Nous devons élaborer une conception du monde à la hauteur des exigences de la mondialisation. Biographie de l'auteur Claude Liauzu est professeur d'histoire contemporaine à Paris VII. Il a notamment publié Colonisation: droit d'inventaire (dir.), Armand Colin; Violence et colonisation: pour en finir avec les guerres de mémoires (dir.), Syllepse; Tensions méditerranéennes (dir.), L'Harmattan; Quand on chantait les colonies: colonisation et culture populaire de 1830 à nos jours (avec Josette Liauzu), Syllepse.
Passer d'une rive à l'autre, changer de nationalité et même de Dieu n'est plus aujourd'hui se condamner inéluctablement à l'exclusion, au moins dans les sociétés les plus ouvertes. Mais de nombreux obstacles persistent : l'intolérance des intégrismes religieux, l'uniformité imposée par les nationalismes, la soumission des femmes à l'ordre masculin, à la règle de la reproduction du groupe? La période coloniale au Maghreb a été une mise en contact d'une ampleur sans précédent entre les populations du Nord et du Sud, offrant des possibilités multiples de franchissement de frontières.
Non, les guerres coloniales ne sont pas finies! Quatre procès concernant celle d'Algérie les rappellent à notre bon souvenir en 2003, dont le procès du général Maurice Schmitt, ancien chef d'état-major des armées entre 1987 et 1991, mis en cause par deux Algériens, anciens militants du FLN, pour son attitude pendant la bataille d'Alger. Ce livre a pour origine la volonté de ne pas s'enfermer dans la répétition indéfinie des guerres de mémoires, dont les protagonistes - au nom de leurs souffrances et sous prétexte de l'honneur de la France - empêchent un travail de mémoire. Or ce travail, désormais possible, est plus que jamais indispensable pour faire reculer les xénophobies et le spectre du conflit de civilisation. Pour clore ce chapitre, il faut cesser des combats d'arrière-garde qui persistent à nier l'évidence. Le but de cet ouvrage est d'expliquer la violence coloniale, d'en rechercher les origines dans les conquêtes, des siècles d'esclavage, le racisme colonial. Quantité de témoignages ont établi la réalité et la gravité de la violence des guerres coloniales, ceux des défenseurs des droits de l'homme dès le début de la guerre, ceux du contingent et de militaires de carrière tels de Bollardière. Récemment, le général Aussaresses et le général Massu ont reconnu les faits. Les souvenirs des anciens du contingent ne laissent pas place au doute qant à la «nécessité» de faire parler pour protéger les civils. Le géénral Massu lui-même a reconnu sa faiblesse en admettant l'inefficacité de la torture. La colonisation est notre passé commun. Cet héritage doit être assumé, partagé.