La flânerie est un concept de la modernité rompant avec l'idéal de la perspective hérité de la Renaissance. Fondée sur le décentrement, la discontinuité, la sérialité d'une part, et d'autre part, sur la montée en puissance du quelconque, sur les devenirs insolites, en accord avec la déambulation, la foule et la ville, la flânerie ne va pas sans changement dans le statut du sujet. La perception devenue flâneuse, se vérifie alors par une capacité à être " appareillée " à l'ère de la reproductibilité technique. Ainsi deux notions clés de la pensée benjaminienne se retrouvent étroitement corrélées (l'appareil définissant une époque tout autant qu'il est caractérisé par une époque) pour assurer un nouveau partage de l'expérience esthétique.
Nombre de pages
342
Date de parution
06/02/2009
Poids
435g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296073548
Titre
Propos sur la flânerie
Auteur
Liandrat-Guigues Suzanne
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
435
Date de parution
20090206
Nombre de pages
342,00 €
Disponibilité
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Ce livre décrit une origine et une trajectoire. L'origine est un imaginaire propre au XIXe siècle qui annonce l'arrivée de la reproduction mécanique de l'image (le cinématographe). On y trouvera donc le rappel de pratiques et d'inventions, de théories (Benjamin, Warburg), d'écrivains (Baudelaire, Zola, Villiers), de photographes (Nadar), de plasticiens ou de danseurs (Rodin, Nijinski). La trajectoire consiste à vérifier que cet imaginaire traverse tout le XXe siècle (Duchamp, Giacometti, Proust, les figures de Breton...), et fonde une esthétique du mouvement cinématographique (expérimental, poétique ou de fiction) reposant sur la figure du marcheur. Depuis l'homme des chronophotographies de Marey jusqu'à la course de Denis Lavant chez Leos Carax, à travers le néoréalisme ou en passant par la modernité cinématographique d'un Alain Resnais, d'un Jean-Luc Godard ou d'une Agnès Varda, une même élaboration du mouvement se déploie.
Ce livre se propose d'interroger le rapport entre sculpture et modernité cinématographique. La Jetée de Chris Marker, Une Femme mariée ou Le Mépris de Jean-Luc Godard, Shadows de John Cassavetes, Hiroshima mon amour ou L'Année dernière à Marienbad d'Alain Resnais, Sandra (Vaghe stelle dell'orsa) de Luchino Visconti, Voyage en Italie de Roberto Rossellini, Méditerranée de Jean-Daniel Pollet : pendant une dizaine d'années, entre 1954 et 1965 notamment, cette petite constellation de films réalisés par divers cinéastes de tout premier plan fait une place remarquable à la sculpture et, plus singulièrement encore, à la visite d'un musée. Dès lors, se fait jour une séquence fondée sur " l'universalité d'un problème " où la relation de la sculpture et du cinéma sert de révélateur et crée un événement relevant de l'histoire du cinéma. C'est dans ce tournant des années soixante que l'on voit émerger une certaine modernité du cinéma.
J'ai préféré prendre une série d'éléments du baroque romain que j'ai recomposés dans une complète liberté de proportions et de position. Il en est résulté une évidente falsification, une image quasi magique, d'un monde faux inventé à partir de détails entièrement vrais. La triste vérité c'est le partage déchirant de la vie humaine entre des phénomènes opposés, comme disait Jung : le jour et la nuit la naissance et la mort le bonheur et le malheur, le bien et le mal. Sans qu'on puisse même savoir si un élément prévaudra sur l'autre. Luchino Visconti