L'oeuvre de Carlo Levi occupe une place centrale dans la littérature italienne du XXe siècle. Curieusement, elle est très peu traduite en français. Les lecteurs ne connaissent guère que le magnifique Le Christ s'est arrêté à Eboli ; or, plusieurs de ses livres manifestent une force d'écriture aussi grande que celui-ci. Les mots sont des pierres, qui a reçu le prestigieux Prix Viareggio, est particulièrement important dans son oeuvre. Publié pour la première fois en 1955 chez Einaudi, il était jusqu'ici inédit en français. Il s'agit d'un témoignage passionnant sur la Sicile, ses lieux et sa géographie, mais plus encore sur la vie du peuple, ses luttes, sa culture. Il contient, écrit Vincenzo Consolo, "une sorte de rythme urgent, une tension et presque une fièvre du regard et de l'intelligence dans la façon de cueillir voracement la réalité et de la restituer aussitôt, dans sa pureté et dans sa signification la plus vraie". Les mots sont des pierres est, dit Carlo Levi, "le récit de trois voyages en Sicile et des choses de là-bas, telles qu'elles peuvent tomber sous l'oeil averti d'un voyageur dépourvu de préjugés." Ces récits sont de tonalités très diverses. Il y a l'histoire de ce fils de cordonnier sicilien devenu maire de New York et qui revient, presque comme une divinité, le temps d'une courte visite, dans son village natal. Levi découvre ensuite le vieux monde sicilien des soufrières et la première grève de ses travailleurs. Puis c'est Palerme, Palerme faste et misérable aux rues grouillantes d'humanité, aux souterrains des couvents remplis de cadavres embaumés, Catane, noire de lave, et enfin le désespoir des paysans de Bronte, le désespoir de toute cette Sicile qui pleure ses morts et souffre des injustices, l'histoire de Francesca Serio, mère d'un syndicaliste assassiné par la mafia, sa ferme détermination : "les larmes ne sont plus des larmes mais des mots, et les mots sont des pierres".
Nombre de pages
170
Date de parution
08/10/2015
Poids
235g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782370840196
Titre
Les mots sont des pierres. Voyages en Sicile
Auteur
Levi Carlo ; Brignon Laura
Editeur
NOUS
Largeur
150
Poids
235
Date de parution
20151008
Nombre de pages
170,00 €
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Anti-fasciste notoire, Carlo Levi est assigné à résidence en 1935 dans un petit village du sud de l`Italie. Romancier et étudiant en médecine, il se met peu à peu à soigner les paysans pauvres de la campagne contre son gré.
Levi Carlo ; Pascal Francis ; Casas Benoît ; Atzei
Si la Sardaigne est une terre où, comme le dit Carlo Levi, quelques minutes suffisent pour voyager à travers des dizaines de siècles, si un élément obstinément archaïque affleure de sa nature et de son quotidien, en elle cohabitent une apparente immobilité hors du temps et les bouleversements les plus profonds de l'histoire du XXe siècle. Bergers, paysans, ouvriers, intellectuels, bourgeois, clercs, fonctionnaires, ce sont autant de mondes proches et séparés, entre frictions marginales et déplacements, dans une période instable, active, où la fixité compacte de la coutume s'est brisée, et différents modes d'existence se trouvent côte à côte, comme juxtaposés, si bien qu'à un visiteur pressé, immergé dans ces présences et ces distances, il peut arriver de se sentir, ou de s'imaginer, comme le fragment incohérent, parmi d'autres, d'une vie où des temps extraordinairement lointains semblent s'écouler ensemble sous le même soleil, sous le même regard noir des animaux.
L'été s'abat sur la Sicile comme un faucon jaune sur l'étendue jaune des terres couvertes de chaumes. La lumière se multiplie dans une explosion continue, elle semble ouvrir, révéler les formes étranges des monts et rendre très durs, compacts, le ciel, la terre et la mer, mur ininterrompu de métal coloré. Sous le poids infini de cette lumière, hommes et animaux se déplacent en silence, acteurs d'un drame ancien dont le texte ne parvient pas à nos oreilles : mais leurs gestes suspendus dans l'air radieux sont comme des voix changeantes et pétrifiées, comme des troncs de figuiers de Barbarie, des branches tortes d'olivier, des pierres monstrueuses, de noires cavernes sans fond.
Au coeur d'une pensée du conflit entre Israël et la Palestine, Terres enchaînées cherche à défaire les pièges idéologiques, politiques et éthiques dans lesquels nous sommes pris. Pour ce faire, il cherche à tracer un possible : il le fait depuis ici et aujourd'hui, mais aussi depuis hier. Il le fait enfin depuis ailleurs, que cet ailleurs se nomme Palestine ou Israël. Ce possible repose d'abord sur la sortie du déni de la politique de colonisation et d'occupation des Territoires palestiniens, un déni qui organise la guerre tout comme il façonne les usages actuels du mot antisémitisme. Terres enchaînées donne également à lire des entretiens issus d'une enquête menée en Palestine à partir d'octobre 2023. Ces entretiens permettent de penser à nouveaux frais, donc en de nouveaux termes, les coordonnées de la question palestinienne. Car, quand les mots vitrifient la pensée, le temps est venu d'en trouver de nouveaux. "Il est politique d'ôter à la haine son éternité".
Il n'y a d'éthique que des vérités. Ou plus précisément : il n'y a que l'éthique des processus de vérité, du labeur qui fait advenir en ce monde quelques vérités. L'éthique doit se prendre au sens supposé par Lacan quand il parle, s'opposant ainsi à Kant et au motif d'une morale générale, d'éthique de la psychanalyse. L'éthique n'existe pas. Il n'y a que l'éthique-de (de la politique, de l'amour, de la science, de l'art).