Les Jeunes constellations, roman-journal, raconte un retour vers l'Orient, ou l'inverse de l'arrivée de Rayas Richa en Occident, cette terre "avec vue sur les difficultés économiques" où la magie semble s'être atténuée depuis que l'Antiquité a inventé les constellations et les a dessinées en imaginant des lignes virtuelles entre les étoiles qui forment ces animaux que l'on retrouve dans les cahiers de dessins d'enfants. L'Enfance, le narrateur en sort tout juste. C'est un jeune bâtard à la recherche de son père installé en Orient. La fraîcheur de son regard est à l'épreuve tout au long de son périple décillant entre Ulm, le pays Souabe et Venise, voyage durant lequel il assiste à maintes scènes frappantes, de la plus bucolique à la plus violente. Et comme dans un conte oriental, c'est ainsi que lui est enseignée la vie en des leçons que son précepteur blasé mais jouisseur commente de la plus joviale des façons. Ripailles et pogroms, siestes et viols, fuites et coups se succèdent d'étape en étape, avant que le jeune homme puisse se repaître de toutes les beautés de Venise, de ses libéralités et de son commerce. Au terme de quelques semaines de travail salarié ennuyeux égayé par la seule présence d'une belle secrétaire, il perd son précepteur mais empoche le viatique qui lui permettra d'embarquer vers Istanbul pour d'hypothétiques nouvelles aventures. Récit d'aventure faisant semblant d'ignorer le Nouveau Roman en même temps que roman de formation grave et truculent, Les Jeunes Constellations entrecroisent les fils de la création littéraire avec une impressionnante maîtrise. Il semble en effet que le projet de l'auteur consiste à concilier Stevenson et Arno Schmidt, Beckett et B. Traven. Son livre, plein d'audaces stylistiques assez inédites, se distingue en particulier par des images stupéfiantes. Elles sont même caractéristiques, et paraissent ne pouvoir jaillir que sous le dictée d'un homme à la recherche de sa langue propre, entre l'arabe maternel et le français d'accueil. Ces trouvailles dignes d'un créateur de premier ordre constituent des points d'orgue dans le cours d'un récit monté par un écrivain aussi roué qu'habile aux entrelacs et contrepoints et qui n'hésite pas devant l'outrance inusitée ou le verbe idoine.
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Nombre de pages
222
Date de parution
17/02/2016
Poids
250g
Largeur
124mm
Plus d'informations
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EAN
9791091504386
Auteur
Richa Rayas ; Mary Donatien
Editeur
ARBRE VENGEUR
Largeur
124
Date de parution
20160217
Nombre de pages
222,00 €
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Résumé : "Le jour où ils pourront se mouvoir avec leurs latrines, on ne connaîtra des pèlerinages que leurs conversations intestinales. Au-delà d'un certain âge, il faudrait interdire le voyage. Qu'ils lèguent et qu'ils meurent ou qu'ils meurent et qu'ils lèguent". Hâtez-vous, hâtez-vous ! " hennit le cocher. Les vieux dépêchaient vers la calèche leurs trognons ravis ; pour peu, ils auraient fait tinter leurs pots à pisse. Pelleas : " Si le soleil se couche en Occident, c'est par dégoût". " Sur la route d'Orient, on effectue sans cesse le même périple. Selon les contingences des époques, on s'y croise dans un sens ou dans un autre. Ceux qui ne se foutent pas, se saignent. Les autres aussi. Les hommes, les bêtes, les plantes, les villes, toutes les bouches prient des dieux qu'elles exècrent. Les mots perdent leur chair. On se méfie. On échafaude un petit journal. Y a-t-il d'autre motif pour un voyage ? Rayas Richa est né à Aitanit en 1978. Enfance au Liban, le reste en Occident. Il travaille à ses Jeunes Constellations, un projet romanesque-lent. Publications : Premier volume des Jeunes constellations paru initialement en 2016 chez l'Arbre Vengeur. Rayas Richa publie parfois des textes pour des artistes contemporains. Ou en revue poétique (TXT repris partiellement dans Po&ésie).
Résumé : "Je me suis mis à scruter la terre. Il faisait trop sombre. J'entendais marcher les falaises. J'écoutais le bruit aveugle de l'écume élimer les rochers. La nuit déborde de mots : réponds, ressac, repars, reviens... Et je ne sais pas comment je suis devenu les falaises et les rochers qui allaient nous déchiqueter. Je disais aux hommes de ne pas s'inquiéter. Y aura pas de cruauté inutile. On sait ce que c'est... Nous aussi on crève en silence, au fond de nos criques, par la force des choses ou par la distraction des dieux". Affleurer, par l'écriture, à d'autres manières de voir, de sentir, de vivre ; c'est la tentative même de ce roman. En voyage de Venise en Orient à bord d'un navire fatigué d'être, un jeune homme part retrouver un géniteur qu'il n'a jamais connu. L'époque : le Moyen-Age tardif et des croisades hors d'haleine. "Toute ressemblance avec notre temps est à imputer à la nature des hommes" , nous dit son auteur.
Rinzler J. W. ; Jackson Peter ; Saint Martin Richa
George Lucas a consacré près de dix années à son rêve : un film de science-fiction d'un genre nouveau, inspiré des comics, du western comme des grandes figures mythologiques. Son titre : The Star Wars. La suite appartient à l'histoire de la pop culture. Sa genèse est une aventure en elle-même, que J. W. Rinzler, un des plus grands auteurs sur le cinéma, retrace au fil d'entretiens et d'archives retrouvés chez Lucasfilm. Le réalisateur, ses collaborateurs, les acteurs racontent les tempêtes, les crises, les contraintes techniques, le stress et les déconvenues que tous ont dû surmonter pour mener à bien cette épopée. Cet ouvrage n'est pas seulement un livre sur un film : c'est un hommage vibrant à tous cous qui ont inventé une galaxie lointaine, très lointaine et qui ont, sans le savoir, changé le cinéma pour toujours.
En vingt mille pages, j'ai bien dû écrire quelquefois des choses qui méritaient d'être écrites et qui ne l'auraient jamais été si je m'étais contenté de remplir les cases très concertées de romans ou de pièces. A choisir, sans doute aurais-je préféré aligner les ouvrages de bibliothèques, romans, nouvelles, récits, tout cela construit, formé, délibéré. Mais je cherchais quelque chose comme un moyen de saisir le monde et les sentiments que ce monde immédiatement perceptible pouvait produire, minute après minute ou quasi". Vingt-cinq ans, de nos jours, c'est presque une éternité. Grâce à la découverte des cahiers inédits de Franz Bartett qui, depuis des décennies, confie à son clavier matinal le récit de son quotidien et ses réflexions sur son patient labeur d'écrivain, une époque semble renaître : ce début de millénaire banal et magnifique, ridicule et touchant, morceau de temps sauvé de l'oubli. La première année d'un siècle qui ne renonce pas depuis à en ajouter une de plus chaque premier janvier, vit surgir la télé-réalité et mourir Charles Trenet. De quoi inspirer Franz Bartett qui observe avec drôlerie, agacement ou colère ses contemporains capiteux.
Charles Stuart n'a de royal que le nom : il semble terne, efflanqué et timide, voire invisible. C'est dire s'il est surprenant de le retrouver devant un tribunal, jugé pour une claque étourdissante dont il va avec difficulté avouer la genèse. Figure de l'exaspéré qui se réveille de manière un rien brutale et se révèle à sa grande stupeur, il prend une place pour le moins décalée au milieu des anti-héros chers à Fitzgerald qui signe ici une love story inattendue, avec des pages parmi ses plus drôles et ses plus... frappantes.
Si Ambrose Bierce continue à nous impressionner, cent ans après sa mystérieuse et romanesque disparition, c'est sans doute que son art de raconter a gardé cette stupéfiante puissance d'évocation qui est le lot des plus grands. Il ricane beaucoup, il rugit et effraie volontiers, il bouscule son lecteur à coup d'images dont on peine à se défaire, et il le fait avec une verve colorée et un style, aiguisé comme une lame, qu'on ne retrouve que chez lui. Ses récits sensationnels nous conduisent sur un chemin escarpé entre farce et terreur, humour et horreur, dérision et épouvante, et semblent à chaque fois nous mener au bord d'un précipice qu'il nous laisse contempler, pris d'un délicieux vertige. Ce classique de l'acidité attendait depuis trop longtemps une édition à même de rappeler sa place au panthéon des grands écrivains, dans la pénombre inquiète que suscite son impitoyable génie.
La vie d'écrivain, de dramaturge notamment, est souvent ponctuée de grands espoirs et de terribles déceptions. Le jeune homme plein de promesses que nous allons découvrir dans ces pages en fait l'expérience, sans amertume mais pas sans inquiétude : comment faire pour qu'on lise enfin sa pièce d'une méritoire brièveté? Saisi d'une étrange inspiration, il va l'adresser à une star d'Hollywood, loin d'imaginer qu'un jour, bien plus tard, celle-ci va se manifester, te faisant basculer dans un univers et une aventure pour le moins phénoménaux. D'une singulière drôlerie et clairement décalé, loufoque parfois, ce premier roman sur les traces d'un auteur en devenir basculant dans une nouvelle dimension dissimule aussi une étonnante réflexion sur le pouvoir fantasmatique des mots et sur les liens inattendus qui se nouent sans qu'on y soit préparé.