Effrayants, les arbres, l'eau étaient envahis d'une noirceur de plomb. L'angoisse suintait de partout ; Il semblait à Tatiana que l'acide venimeux de la civilisation, inconnu du peuple khanty, dévorait la forêt, rampait au fil de l'eau. L'acide avait gagné les rames, les tolets, s'était glissé dans la barque, infiltré dans son ventre. Il aura fallu plus d'un demi-siècle pour que, sous la plume d'un écrivain sibérien, résonne la douleur des femmes khantyes, emportées dans la tourmente qui a secoué la région du Kazym dès les années trente du XXe siècle. Leurs filles connaîtront une autre descente aux enfers, où le bruit des armes aura laissé la place aux dures caresses de la civilisation . A la fois récits de vie et fiction, les deux oeuvres de Tatiana Moldanova, publiées pour la première fois en Occident, brossent l'angoissant destin des femmes autochtones de la Sibérie.Née en 1951 dans un petit village du District des Khantys-Mansis, Tatiana Moldanova appartient par son mariage au clan des Moldanov, célèbre pour ses chamanes et ses résistants à la soviétisation du pays khanty. Après des études de physique et mathématiques à Leningrad, elle travaille comme ingénieur dans une usine de Tioumen, mais très vitre regagne sa région natale, afin de participer au renouveau culturel, économique et moral du monde de son enfance.
Printemps 1945. Sur l'île d'Amrum, en mer du Nord, la guerre semble lointaine malgré les bombardiers qui sillonnent le ciel. Du haut de ses dix ans, Nanning n'a qu'une vague idée des orages d'acier que brave son père sur le continent. Les contours de son monde se résument aux dunes, aux prés-salés et aux vastes étendues de bruyère. Mais l'île, privée de ravitaillement, est minée par les tensions et sa petite communauté divisée par la guerre. Jour après jour, Nanning lutte pour subvenir aux besoins de sa famille. Il chasse, pêche et troque, affrontant un quotidien toujours plus rude. Alors que la défaite du Reich devient inévitable, il découvre à ses dépens que les siens ne sont pas du bon côté de l'Histoire. Porté par la beauté sauvage d'Amrum, ce roman d'apprentissage résonne comme lm hymne aux paradis perdus.
1923. Frederick Cook est derrière les barreaux. L'homme que l'Amérique encensait hier est condamné pour escroquerie. Pourtant, il avait tout d'un héros. Issu d'une famille d'immigrés, il s'est fait à force d'audace et de persévérance. Cet enfant des montagnes devenu laitier, médecin, puis explorateur a su tracer son chemin d'aventurier du Groenland à l'Antarctique, jusqu'aux plus hauts sommets de l'Alaska. Il ne manquait qu'un exploit à son palmarès : le pôle Nord. Gérard Guerrier redonne vie à Frederick Cook tout en explorant les frontières incertaines entre mensonge et vérité, héroïsme et imposture.
Que reste-t-il de notre humanité quand les civilisations s’effondrent ? Dans ce roman post-apocalyptique, l’auteur interroge notre nature humaine, notre lien au vivant quand il n’y a plus de repères, quand il faut survivre seul, se nourrir, s’habiller, s’abriter, se défendre, chasser. Ce roman raconte aussi l’emprise d’un humain sur un autre, quand les barrières sociales n’existent plus et qu’on ne peut compter que sur soi-même. Un roman qui me restera indubitablement longtemps en mémoire.
Une biographie richement illustrée de l'écrivain suisse qui a traversé le XXe siècle. Aventurier et parrain des avant-gardes artistiques et techniques, il fut un véritable chantre de la modernité. Il a révolutionné la poésie à bord du Transsibérien, au plus loin des conformismes et au plus près des émotions. Perdu un bras armé à la guerre et gagné une liberté immodérée en échange. Déménagé vingt fois. Souvent mangé des pierres et toujours manqué de reconnaissance. Admiré l'impériale Saint-Pétersbourg et désespéré la populeuse New York. Rêvé d'expéditions en Russie et imaginé des Eldorados au Brésil. Bourlingué et voyagé plus souvent qu'à son tour. Accompagné les Delaunay et Chagall, influencé Léger et Modigliani, inspiré Miller et Dos Passos. Il a apprécié la compagnie des femmes. Celle, éphémère, de Tarsila do Amaral, la peintre, et celle, définitive, de Raymone Duchâteau, l'actrice. Découvert le cinéma grâce à Abel Gance et l'architecture en compagnie du Corbusier. Il a fréquenté les paquebots et fantasmé les avions. Accompagné un tueur en série autour du monde et embarqué avec un milliardaire illuminé jusqu'aux confins polaires. Son oeuvre littéraire n'est pas seulement foisonnante, elle est innovante. Du roman d'aventures aux confessions intimes, il a tout osé, tout essayé. Blaise Cendrars tenait la remise en cause des acquis pour une nécessité, la curiosité pour une vertu cardinale et la joie de créer pour une raison d'exister.
Partez à la rencontre de Seft tailleur de silex, Joia fille d’éleveur, Pia fille d’agriculteur, Bez homme des bois, et tout un large éventail d’autres personnages. Leurs existences seront liées de plus ou moins près à la création d’un site historique mondialement connu. On découvre le quotidien de ces populations préhistoriques bercées par le rythme des solstices, dépendantes du climat et fragiles face à l’hostilité de certains. Une fresque historique passionnante et richement documentée qui retrace la vie de celles et ceux qui ont permis la construction de ce lieu légendaire : Stonehenge !