Avec le développement continu des technologies numériques, de nombreux artistes se sont emparés du code informatique et l'ont intégré à leur pratique artistique. Encouragés par les nouvelles possibilités offertes par l'impression 3D et la robotique, ils ont converti le code en matière, n'hésitant pas à détourner des machines. L'accessibilité à ces outils, leur mutualisation et la mise en commun des savoirs et des savoir-faire ont profondément transformé l'usage du numérique. Ce changement de paradigme a encouragé le MIAM à s'engager sur ce territoire qu'il n'avait pas encore exploré. Lieu de rencontres et de découvertes des innombrables démarches artistiques qui traversent la création, le MIAM propose dans "Fait Machine" de reconsidérer les aprioris attachés à un art faisant la part belle à l'immatériel et à la réalité virtuelle. Face aux inquiétants développements d'une intelligence artificielle s'affranchissant à grands pas du contrôle de la main, les artistes de "Fait machine" opposent le ressenti, la collaboration et la mise en commun des savoirs.
L'exposition de La maison rouge réunit pour la première fois en France plus de cent cinquante oeuvres de l'artiste rom Ceija Stojka, née en Autriche en 1933. Déportée à l'âge de dix ans, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen. C'est à cinquante-cinq ans, qu'elle rompt le silence et se lance dans un fantastique travail de mémoire, lequel donne naissance à plusieurs récits et à plus d'un millier d'oeuvres, encres, gouaches et acryliques sur toile ou papier, alors qu'elle est autodidacte. Elle devient ainsi la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner de son expérience concentrationnaire, contre l'oubli et le déni, contre le racisme anti-rom ambiant en Autriche et en Europe. L'ensemble de ce qu'elle laisse à sa mort en 2013, donne la sensation d'un grand journal sans chronologie, où peintures et écrits, s'entremêlent pour restituer les souvenirs cauchemardesques d'une enfant sur ce qu'on appelle Samudaripen ou génocide tsigane. Ce catalogue, réalisé à l'occasion de l'exposition, s'attache à restituer fidèlement l'esprit de l'artiste, sa singularité, sa force de vie et dévoile un travail pictural hors du commun.
Le noir est antérieur à la lumière. Avant la lumière, le monde et les choses étaient dans la plus totale obscurité. Avec la lumière sont nées les couleurs. Le noir leur est antérieur.