Si la préhistoire est bien la science dont le but est l'étude de l'homme d'avant l'écriture, Leroi-Gourhan, par la place centrale qu'il lui a accordée tout au long de son itinéraire scientifique, peut apparaître à juste titre comme l'un des fondateurs de cette discipline. De ces hommes préhistoriques il ne reste cependant que des traces encore amenuisées par l'action du temps. Et l'abondance des documents livrés par les fouilles du passé ne doit pas faire illusion : extraits de leur contexte sans indication précise sur leur situation dans le site et sur leurs relations avec les autres objets, ces documents ne nous apportent guère d'autre renseignement que celui de leur existence. L'apport de Leroi-Gourhan est, à cet égard, de première importance, puisqu'aux méthodes de fouilles qui s'attachaient à la détermination chronologique des vestiges, il substitua le décapage horizontal qui dévoilait les techniques, le savoir-faire, les déplacements même de l'homme préhistorique. Tout cela n'apportait cependant que trop peu de renseignements sur leur univers mental, et il faut souligner ce que l'analyse de leurs créations esthétiques a pu nous apporter à ce sujet. Ici encore, Leroi-Gourhan s'est brillamment illustré en proposant une interprétation d'ensemble de l'art préhistorique qui a ouvert des voies qu'il ne saurait plus être question d'ignorer désormais. Les textes rassemblés pour la première fois ici intéressent précisément ces deux aspects, complémentaires pour la préhistoire, de la recherche archéologique et de l'approche esthétique. Ils restituent l'essentiel de la pensée d'André Leroi-Gourhan dans ces domaines sur lesquels il a travaillé de façon soutenue pendant presque toute sa carrière scientifique, et constituent donc une source d'information de première importance pour tous ceux que l'étude de nos origines intéresse. A ce titre, il se devait d'ouvrir la collection L'Homme des Origines.
Nombre de pages
420
Date de parution
01/07/1993
Poids
748g
Largeur
160mm
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EAN
9782905614711
Titre
L'art pariétal. Langage de la préhistoire
Auteur
Leroi-Gourhan André ; Groenen Marc
Editeur
MILLON
Largeur
160
Poids
748
Date de parution
19930701
Nombre de pages
420,00 €
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NOUS ne percevons la religion paléolithique que dans une faible pénombre. La seule chose qu'on puisse avancer, hormis un principe général de complémentarité entre des figures de valeur sexuelle différente, c'est que les représentations couvrent un système extrêmement complexe et riche, beaucoup plus riche et beaucoup plus complexe qu'on n'avait imaginé jusqu'alors. La constance extraordinaire du dispositif symbolique est la preuve qu'il existait une mythologie, constituée très tôt puisque à l'Aurignacien déjà le couplage des animaux et des signes est attesté.
On sait combien André Leroi-Gourhan a contribué au renouvellement de l'archéologie préhistorique par une approche ethnologique des vestiges du passé, qu'il s'agisse des méthodes de fouille ou de l'interprétation des documents mis au jour." Disciple et collaborateur, José Garanger, présentant la première édition de ce dictionnaire, rendait hommage au maître d'?uvre disparu deux ans auparavant et précisait: "C'est dans cet esprit que, sans négliger l'homme préhistorique, les témoins de ses activités et leur chronologie, nous avons fait une large place à son environnement, accordant autant de rubriques à la faune et à la flore qu'aux fossiles humains." Là résident l'originalité et l'importance de ce dictionnaire consacré à "la connaissance de l'aventure humaine préhistorique", rédigé par une centaine d'auteurs français et étrangers, ayant travaillé par secteurs géographiques. Chacune des 5 000 entrées environ est signée, accompagnée de références bibliographiques, parfois d'un schéma. Une bibliographie générale, des documents, cartes et tableaux complètent ce dictionnaire quasi unique en son genre.
Aborder le problème de la religion préhistorique sans avertir d'emblée le lecteur qui s'engage dans la brume la plus épaisse, sur un terrain glissant et semé de ravins serait manquer de charité à son égard. [...] L'homme préhistorique ne nous a laissé que des messages tronqués. Il a pu poser sur le sol un caillou quelconque à l'issu d'un long rituel où il offrait un foie de bison grillé sur un plat d'écorce peint à l'ocre. Les gestes, les paroles, le foie, le plateau ont disparu ; quant au caillou, sauf un miracle, nous le distinguerons pas des autres cailloux environnants."
Un demi-siècle de pérégrinations entre les sciences m'a conduit à réaliser une certaine image de l'homme dont la mise à l'épreuve exige la ressaisie sur des matières et sous des angles différents... La recherche des premiers hommes et, dans ces hommes, celle du capital intellectuel, m'ont vu emprunter les différentes voies qui se sont offertes, aboutissant chaque fois à une vision différente de l'homme en question... "Ce volume d'études menées au fil du temps reflète les multiples aspects de la démarche scientifique d'André Leroi-Gourhan. Ses premiers textes traitent d'art et d'esthétique et se réfèrent en particulier aux Eskimos et à l'Extrême-Orient. Puis l'auteur cherche à mieux définir l'ethnologie et la place qu'elle tient dans les sciences de l'homme. Les études suivantes sont consacrées à la préhistoire, à ses méthodes ainsi qu'aux principales fouilles opérées par André Leroi-Gourhan: s'en dégagent une vision ethnologique du passé et une archéologie du geste. Enfin les derniers essais rassemblés ici abordent l'art préhistorique comme moyen d'approche le plus sensible de la pensée de l'homme paléolithique.André Leroi-Gourhan est titulaire depuis plus de dix ans de la chaire de Préhistoire au Collège de France.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.