La maladresse n'est pas envisagée ici comme un défaut. En parcourant l'histoire du cinéma (de Man Ray à Jonas Mekas, de Renoir à Pialat), on découvre qu'il existe une maladresse délibérée, relevant d'un programme artistique, d'une visée esthétique. On sait que, dans le burlesque, la maladresse a un pouvoir libérateur: Buster Keaton, Charlot et Monsieur Hulot sont des saboteurs qui mettent à nu l'absurdité de notre quotidien. Certains réalisateurs ont exploité le potentiel subversif de la maladresse pour mettre en crise les conventions du "bien-filmer" traditionnel. Dans les films de Jacques Rozier, la gaucherie (féconde) des personnages constitue une sorte de manifeste en faveur de l'"amateurisme" de la mise en scène. Comme chez Jean Rouch, Jean-Luc Godard ou Gilles Groulx, il s'agit de rejeter le savoir-faire attaché au réalisme classique pour instaurer un rapport plus authentique à la réalité. Le cinéma contemporain est tributaire de cet héritage; la maladresse y est largement utilisée dans le but de "faire vrai". Une recherche plus approfondie montre que la maladresse recouvre encore d'autres enjeux: elle permet d'interroger les présupposés du médium cinématographique et, in fine, de désigner les limites de l'image, de montrer que quelque chose échappe - qu'il y a du non-visible, de l'insaisissable, de l'imprésentable.
Nombre de pages
279
Date de parution
17/02/2011
Poids
340g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296541726
Titre
L'Esthétique de la maladresse au cinéma
Auteur
Leperchey Sarah
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
340
Date de parution
20110217
Nombre de pages
279,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Si le cinéma a une influence si déterminante sur nos modes de vie, c'est sans doute parce qu'il a toujours su fournir des réponses précieuses à qui se demande comment les gens vivent. Explorant des univers filmiques très différents — des films de fiction aux films documentaires, du cinéma d'auteur aux comédies contemporaines hollywoodiennes, des films de symphonies urbaines aux documentaires intimistes, des oeuvres de Yasujirõ Ozu à celles de Chantal Akerman, d'Alain Resnais à Jim Jarmusch, de Maurice Pialat à Wang Bing... —, ce livre se propose d'ouvrir un questionnement non seulement sur ce que le cinéma peut nous dire du quotidien, mais aussi sur la façon dont il l'appréhende, le donne à voir et parfois le réinvente. Comment filmer ce qui, d'ordinaire, n'est plus perçu ? Comment faire de la vie de tous les jours, de ce qui ne fait pas événement et ne mérite pas d'être montré, l'enjeu d'un regard singulier, d'un mode de narration et représentation propre, tout simplement d'une attention cinématographique particulière ?