La révolution des signes. L'art à l'église (1830-1930)
Leniaud Jean-Michel
CERF
15,00 €
Epuisé
EAN :9782204081849
Rassemblant une trentaine d'études sur l'art religieux des XIXe et XXe siècles, « La Révolution des signes » entend expliquer la diversité apparente des styles à l'église après l'abandon de ce qu'il est convenu d'appeler le néo-classicisme. D'autres ouvrages l'ont fait avant lui, notamment à partir des années 1930, mais dans un dessein polémique : il s'agissait de dénoncer l'incapacité supposée du XIXe siècle à trouver un style pour l'église et d'en déduire un manque d'authenticité de sa part dans l'expression de sa foi. On constate, au contraire, que la multiplicité des styles historiques (gothique, roman byzantin, etc.) exprime la détermination du catholicisme à accompagner étroitement toutes les aspirations du temps : la passion pour l'histoire nationale, pour l'Orient, pour l'archéologie, pour l'industrie et ses nouveaux matériaux, l'ambition de démocratiser les connaissances et le goût de l'oeuvre d'art. Mais on observe plus encore, dans cette chronologie séculaire que marque le passage du néo-gothique vers l'abstraction, une tendance qui conduit d'une époque, les années 1830, passionnée par la multiplication des images, des couleurs et des sujets, à une progressive raréfaction, intellectualisation et non-figuration : la « révolution des signes ». La seconde moitié du XVIIIe siècle avait déjà connu ce phénomène qu'inverse le romantisme : le primitivisme néo-paléochrétien qui se profile avec l'avancée du XXe siècle se combine avec un effort qui vise au rejet de l'ornement et conduit à la modernité. Au total, de Viollet-le-Duc au père Couturier, l'art à l'église, au long du siècle qui court jusqu'aux années 1930, révèle une vitalité prodigieuse dont l'héritage s'impose au XXIe siècle.--In assembling thirty-odd essays on the religious art of the 19th and 20th centuries, the aim of ?La revolution des signes' is to explain the apparent diversity of church styles following the abandon of what is generally called the neo-classical style. Other books, prior to the this one, have done likewise notably from the 1930s onward, but with a polemical agenda: they aimed to denounce the supposed incapacity of the 19th century to find a style for Churches, and to deduce from this observation a lack of authenticity in the expression of faith. But on the contrary, we may note that the multiplicity of historical styles (Gothic, Roman Byzantine, etc.) reveal the determination of Catholicism to remain in keeping with the aspirations of the times: the fervour for national history, the Orient, archaeology, industry and its new materials, and the ambition to democratise knowledge and the enjoyment of art. But what is even more remarkable in this secular chronology, which spans the passage between the neo-gothic and abstraction, is a trend that leads from one period, the 1830s - obsessed with the proliferation of images, colours and subjects - to a gradual rarefaction, intellectualisation and non-figurative style: the ?revolution of signs' which provided this book with a title. The second half of the 18th century had already experienced this phenomenon, which was reversed by Romanticism: the neo-palaeochristian primitivism which emerged with the advance of the 20th century combines with an attempt to reject ornamentation, leading to modernity. All in all, from Viollet-le-Duc to Father Couturier, church art, over a period of one hundred years ending in the 1930s, displays a prodigious vitality whose heritage can still be felt in the 21st century.
L'histoire de l'abbatiale Saint-Denis, haut lieu de la monarchie française, ne s'est pas arrêtée avec la fin de l'Ancien Régime, ni même avec la destruction des tombeaux royaux ordonnée par la Convention en 1793. Napoléon I ?r, attentif à l'appel de Chateaubriand, en ordonne la restauration et l'élit comme lieu de son tombeau ; Louis XVIII y transfère les cendres de Louis XVI ; Napoléon III souhaite y être enterré. A la mort de Viollet-le-Duc, en 1877, les travaux sont presque achevés, mais l'avènement de la République et les conflits avec l'Eglise vont-ils faire de la basilique un monument sans usage ?Commence alors un troisième chapitre dans la chronique de ce "lieu de mémoire" entre tous exemplaire : celui de sa réaffectation culturelle. Comment concilier le souvenir des rois et des empereurs, l'exercice du culte et les exigences d'un tourisme toujours plus nombreux ? Le Saint-Denis d'aujourd'hui saura-t-il assumer ses héritages contradictoires ? Sans doute n'est-il pas de lieu où soit posé avec davantage d'acuité le plus difficile des problèmes du patrimoine : quelle vie rendre à nos grands monuments ...
Par la nature de son activité, l'architecte anticipe sur son temps : à la différence des autres modes d'expression artistique, sa création soumet les générations suivantes à ses desseins. L'importance sociale de l'acte de construire est telle qu'elle suppose un dialogue approfondi entre l'architecte et les institutions d'enseignement, entre le maître d'?uvre et son commanditaire - le plus souvent la puissance publique. Depuis la Révolution française jusqu'à nos jours, les rapports que Fontaine a entretenus avec Napoléon Ier et Louis-Philippe, les polémiques de Viollet-le-Duc au temps de Napoléon III, la commande privée au temps de l'Art nouveau avec Guimard, Hankar et Horta, la modernisation de Lyon sous l'action conjointe de Tony Garnier et d'Edouard Herriot et, pour finir, la recherche - infructueuse - par Le Corbusier d'un mécène d'Etat illustrent ce débat, voire cette contradiction: la formation, la condition professionnelle et les pratiques du métier évoluent, la commande se déplace de l'architecture publique destinée aux institutions vers l'urbanisme dans le sens où on l'entend aujourd'hui : bâtir la ville, telle est l'ambition qu'exprime, pratiquement pour la première fois, la Cité industrielle de Tony Garnier avant la Première Guerre mondiale... Une ambition qui, plus encore que celle de concevoir et de construire de grands projets monumentaux, marque notre siècle tout entier.
Auteur: Professeur d'histoire de l'architecture à l'École des chartes et à l'École du Louvre, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture, Jean-Michel Leniaud, esprit non conformiste, mène depuis de nombreuses années une réflexion originale sur le patrimoine. Livre: L'histoire, jamais écrite auparavant, de l'idée de patrimoine en France. Comment le hobby des élites est devenu une véritable passion chez des millions de Français.
Le 2 mai 1804, l'illustre général des armées et consul de la République se coiffe de la couronne : l'art national s'engage sur un chemin historique. Entouré de fins conseillers, à commencer par l'impératrice Joséphine, Napoléon devient la clé de voûte d'une production artistique emblématique. Les musées et les académies, les immenses compositions guerrières et les Salons de peinture et de sculpture sont l'image vivante de l'organisation pensée par l'Empereur et mise en place par son équipe dévouée. Pendant plus de quinze ans, tous les arts se renouvellent sous l'impulsion audacieuse du chef d'État : de Dominique Vivant Denon à Alexandre Théodore Brongniart, en passant par Jacques Louis David et Antonio Canova, les plus prestigieuses figures mettent leur talent au service de la nation. Un seul but : faire rayonner l'Empire. Avec l'État pour mécène, une administration des plus efficaces et des ressources affluant de tout le continent, " l'empire des arts " s'impose dans l'histoire de la France et de l'Europe, sous l'égide du glorieux Empereur. Historien, historien de l'art et juriste, spécialiste de l'histoire de l'architecture des XIXe et XXe siècles, Jean-Michel Leniaud a enseigné à l'École pratique des hautes études, à l'École nationale des chartes, dont il a été le directeur, et à l'École du Louvre. Format : 24 x 29 cm, 320 pages
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...
Rarement une oeuvre picturale aura été tant imprégnée de foi que celle de Fra Angelico, tout en restant parfaitement ancrée dans son époque. Ce religieux dominicain, né en Toscane à l'orée du Quattrocento, consacre toute sa vie à tisser des liens entre les mondes. Par la grâce de sa peinture, il concilie le mysticisme de la chrétienté médiévale et l'humanisme de la première Renaissance. Sous ses pinceaux, le Ciel transcendant où siège un Dieu d'amour illumine la terre des hommes, tourmentée et fragile. Si Fra Angelico figure fidèlement le réel comme les meilleurs artistes de son temps, il mobilise son talent pour proclamer la présence du divin dans l'humanité, rendant sensible aux regards le mystère insondable de l'Incarnation. Michel Feuillet nous invite à découvrir ce miracle artistique au fil des pages de ce beau livre qui réunit deux volumes de la collection "Un certain regard", Le Maître de l'Annonciation (1994) et Au seuil de l'invisible, Fra Angelico (1997).
Il s'agit de la réédition en un volume des trois tomes de l'ouvrage Soulages, L'Ouvre complet, Peintures ; t. 1 (1946-195) ; t. 2 (1959-1978) ; t. 3 (1979-1997), de Pierre Encrevé. Le volume reprend intégralement le texte qui accompagnait les reproductions des 1 174 toiles référencées du catalogue raisonné des peintures sur toile de Pierre Soulages. Cette édition est augmentée d'un nouveau chapitre consacré à la période 1997-2006, années durant lesquelles Soulages a peint plus de 130 nouvelles toiles dans un renouvellement continu de son travail. Ce texte retrace l'oeuvre de Soulages : l'analyse des toiles produites, les différentes techniques développées et leur évolution, ainsi que sa réception critique et sa diffusion nationale et internationale. Le texte est accompagné de 120 reproductions choisies pour illustrer les analyses proposées et offrir un panorama complet des peintures de Soulages. C'est l'étude la plus complète sur l'oeuvre de ce peintre majeur. Pierre Encrevé, professeur de linguistique à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est aussi le spécialiste incontesté de l'oeuvre de Soulages. Il publiera à l'automne 2007, au Seuil, des Entretiens avec le peintre dont il est un ami proche depuis trente ans.
Yahne Le Toumelin est peintre, aquarelliste, auteur de décors de théâtre et peintre de costumes. Elle appartient au mouvement de l'abstraction lyrique, tout comme son ami Pierre Soulages. Grandes toiles et couleurs vives, les oeuvres de Yahne Le Tourmelin sont créées par le geste et l'envie de restituer la lumière. A partir d'une sélection d'environ 100 tableaux, le livre retrace sa carrière d'artiste animée par une spiritualité? profonde et engagée. Cet ouvrage est le premier consacré à son travail. Il sera préfacé par un texte de Matthieu Ricard, son fils, philosophe, moine bouddhiste et traducteur du Dalai Lama.
Ce livre est habité par la rencontre de et avec Soulages. Ses rencontres ont marqué à jamais sa vision de l'art : d'abord avec l'archéologie et l'art pariétal, ensuite avec Conques et l'art roman, enfin avec l'abstraction pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses grandes rencontres des années 1950-1960, avec Picabia, Hartung, Atlan, Senghor, puis autour de Conques avec Georges Duby et Jacques Le Goff, sont aussi des moments phares de son oeuvre, comme l'est sa rencontre avec le Japon. Michaël de Saint-Cheron et Matthieu Séguéla tracent ici un triangle d'or entre l'art de Soulages, l'Afrique noire et le pays du Soleil levant. Ce livre analyse l'outrenoir à travers une double approche novatrice confrontée à l'histoire du xxe siècle et au dialogue des cultures et des arts.