Toutes ces fibres en moi qui vibraient au moindre souffle de vent, au sourire d'un enfant, au chant d'un violoncelle, à l'arrivée du printemps... je ne savais pas que ce sentiment d'allégresse, maintes fois ressenti depuis l'enfance, c'était la joie. Cette joie perdue, je suis restée prisonnière d'une saison d'amour où j'erre sans fin, je reconnais ces murmures, ces rires étouffés, ces comptines, ces chuchotements derrière les persiennes tirées sur la pierre brûlante des siestes. Rien encore ne m'avait tuée. Aucune lame ne m'avait transpercée, j'aurais préféré perdre l'usage d'un membre plutôt que la joie, l'amour, le goût du partage et cette gaieté qui était la mienne. Aujourd'hui, restent les mots pour dire ce qui a disparu. Il est temps pour sauver les images heureuses du passé avant de tourner la page ultime de cet album de silence. Biographie: Françoise Lefèvre est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont La première habitude, Le petit prince cannibale, prix Goncourt des Lycéens, Consigne des minutes heureuses, Alma ou la chute des feuilles, Se perdre avec les ombres.
Nombre de pages
151
Date de parution
02/05/2008
Poids
156g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782715228498
Titre
Un album de silence
Auteur
Lefèvre Françoise
Editeur
MERCURE DE FRAN
Largeur
118
Poids
156
Date de parution
20080502
Nombre de pages
151,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Je me promenais au côté d'un amour invisible. Difficile de dire ce qu'est un amour invisible. Le vent brusquement changé en caresse sur son front. Une pluie fine et soudaine sur un trottoir brûlant. Un éblouissement qui dure quelques secondes. Impossible d'expliquer ce quelque chose en soi qui s'est installé plus fort, plus haut que le chagrin. Un sentiment maintes fois frôlé dans sa vie et qu'on fuyait. Par peur. Une véritable peur de se retrouver autre, arrachée à la glaise, volant vers les cimes. Légère. Poreuse. Beaucoup trop". Volupté de se rendormir après une nuit d'insomnie, Suspendre le linge dehors, Garder au chaud un enfant très peu malade... Dans ce recueil de treize textes, aux titres puisés dans le quotidien, Françoise Lefèvre confirme son art d'évoquer les émotions les plus subtiles et les plus graves, avec un regard et un style inimitables.
C'était à Paris, le 23 juillet 1974 à la fin de l'après-midi. C'était à l'heure de votre mort. Ni vous ni moi ne pouvions imaginer que vous mourriez la nuit même. Ne dit-on pas que nul ne sait ni le jour ni l'heure...
Pendant des années j'ai vécu dans un mythe. J'écrivais sur lui un texte sans cesse remis en chantier. Tout ce que je vivais y entrait, hommes, villes, livres, saisons en enfer, jouissances, colères, tout y passait, à la fois structure vitale et machine romanesque le mythe accueillait tout. Un jour, j'ai mis ce manuscrit de côté pour écrire d'autres romans : ils n'ont jamais fait que le crypter. Alors je suis revenue à cette matrice, redescendue dans le souterrain. Perséphone 2014, c'est un nouveau point d'intersection entre cette histoire (cette vieille histoire folle) et la mienne, entre l'archaïque et l'ultra-contemporain. Que se passe-t-il quand un mythe s'empare d'une vie ? Quand il la pulvérise en passions brutes, en événements élémentaires ? Ce que j'entends de Perséphone, de cette voix très ancienne, très chantante, c'est ça : le désir d'être matière, d'un moi chaviré et d'un monde à l'envers. Mais aussi : comment sortir de ce désir - revenir des Enfers ? D'ailleurs, faut-il en sortir ? Et où est l'enfer ? Du côté des racines, des somptueux ravages et des incendies muets ? Ou dans les règnes de surface, les formes lisses, les ordres licites, les rites institués ? Reprendre Perséphone, c'est continuer, obstinée, à interroger le secret qui noue ensemble, très serrées, la jouissance, la mort et l'écriture. " G. A.
Ces entretiens inédits ont précédé la chute du communisme dont Eugène Ionesco a eu avant d'autres la prémonition. Mais ils engagent le lecteur d'aujourd'hui bien au-delà de ce séisme politique. Les Ruptures de silence éclairent les limites de l'engagement politique pour les artistes et préviennent de nouvelles trahisons possibles. Elles annoncent aux clercs du troisième millénaire qu'il ne leur reste que la pauvreté de Job en fait d'idéologie et, partant, la liberté totale d'expression. Nos échanges ont eu lieu dans une "traversée du désert" du créateur qui le mettait dans un état de lucidité extrême. La force émotionnelle qui se dégage de son interrogation sur la condition humaine nous rend la voix de Ionesco présente et fraternelle. André Coutin.
Henri, huitième marquis de Breteuil, qui inspira le personnage du marquis de Breteuil à Marcel Proust, trouve tout naturellement sa place dans la collection du "Temps retrouvé". Mais avec lui, nous pénétrons dans la réalité d'un univers que l'écrivain ne connaissait que de l'extérieur. Nous sommes là au c?ur de la société aristocratique de "l'avant-siècle", dont on découvre les aspirations et la vie quotidienne. De cet important manuscrit, nous avons choisi d'éditer les années 1886-1889, marquées par l'affaire Boulanger qui mit en péril la fragile IIIe République. Par sa position sociale et son goût prononcé pour la politique, Henri de Breteuil dévoile les dessous d'un conflit au cours duquel s'affrontent républicains, bonapartistes et royalistes. Intime des petits-fils de Louis-Philippe, il souhaite une restauration monarchique, mais se rend compte que le général n'est pas l'homme providentiel espéré. Tout en suivant les rebondissements d'une crise de régime qui se déroule comme un excellent scénario, il brosse un tableau souvent mordant de la vie mondaine où têtes couronnées, princes, gentilshommes, grands bourgeois et hommes de pouvoir se croisent à la manière d'une comédie de m?urs.
Connais-toi toi-même" , "deviens ce que tu es" ... Publicités et réseaux sociaux regorgent aujourd'hui de ces aphorismes et on ne compte plus les livres colorés autour du bonheur, de l'amour et de la construction de soi - thèmes philosophiques par excellence. Pourtant la philosophie reste souvent perçue comme une matière aride. Platon, Nietzsche, Descartes, Kant intimident encore. Revenir aux sources, savoir pourquoi et comment les grands auteurs ont décidé de consacrer chaque jour de leur vie à cette discipline pour trouver des sources infinies de consolation et de joie, depuis l'Antiquité, jusqu'à mourir pour elle, telle est l'une des missions de cette anthologie. Les grands philosophes côtoient ici les romanciers, artistes, cinéastes ou chanteurs qui évoquent, à la première personne, le plaisir de philosopher. Balade en compagnie de Socrate, Aristote, Epictète, Voltaire, Bergson, Marcel Proust, Montaigne, Albert Camus, Simone Weil, Charlie Chaplin, René Magritte, Michel Houellebecq, Bob Dylan, Woody Allen et bien d'autres...