Violette Leduc s'est peinte et a raconté le début de sa vie dans La Batârde : son enfance à Valenciennes, entre sa mère et sa grand-mère. Le pensionnat, puis le lycée à Paris. Son travail comme secrétaire dans une maison d'édition, puis comme journaliste. Son amitié avec Maurice Sachs. Dans La folie en tête, on la retrouve intacte, tout aussi entière dans ses réactions et dans ses défis. Mais ce sont, autour d'elle, les choses et les gens qui ont changé. Dans le Paris de l'immédiat après-guerre, la Bâtarde fait son entrée - et sans trop, d'abord, s'en apercevoir. Rien n'est modifié dans sa façon d'approcher, puis d'appréhender les êtres. Ses activités clandestines, un temps poursuivies, cèdent le pas à des activités littéraires, auxquelles elle ne se sentait guère destinée, et qui, sans l'éblouir, l'absorbent, et conditionnent enfin sa vie même. Cela nous vaut une étonnante galerie de portraits, où Sartre, Simone de Beauvoir, Jean Genet, Nathalie Sarraute, Colette Audry - entre bien d'autres - apparaissent tels qu'ils pouvaient sembler être aux yeux d'une "provinciale", nullement émerveillée, mais passionnée de comprendre et d'aimer.
Nombre de pages
416
Date de parution
25/03/1970
Poids
470g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070103096
Titre
La folie en tête
Auteur
Leduc Violette
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
470
Date de parution
19700325
Nombre de pages
416,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Amoureux l'un de l'autre depuis l'enfance, un frère et une soeur ont décidé de passer une journée ensemble dans un taxi aménagé en chambre roulante. Cette rencontre préparée avec soin pendant une période d'initiation va se dérouler au cours d'un déplacement dans Paris. Commentaire d'un amour, ce récit, long dialogue rythmé par les gestes, est un chant lyrique et poétique. Après Thérèse et Isabelle, un nouveau chant amoureux original.
Sous la lucarne de sa chambre, une vieille fille calcule. Elle répartit sur huit jours six pommes de terre, un peu de café, quelques morceaux de sucre. Elle a faim. Pour tromper sa faim, elle se promène dans son quartier. Des souvenirs la traversent, venus de son enfance provinciale dans une famille bourgeoise. Elle était toujours dans la lune et, depuis la mort de ses parents, elle a, en quarante années de solitude et de sauvagerie, dissipé sans joie son héritage dans la routine de la vie. Que faire maintenant ? Elle est restée étrangère au monde social, Son monde à elle : les objets qui l'entourent, un mangeur de glaçons sur le quai du métro. Mais la faim est une dure contrainte. Elle songe à sacrifier son objet le plus précieux pour réussir dans le monde utilitaire où l'on vend et où l'on achète. Vain espoir. Une inspiration alors la sauve : elle ferme les yeux, elle tend la main, et des pièces tombent. Elle vient, définitivement, d'anéantir l'univers de ses parents, où la mendicité est déchéance. "La déchéance ? disait-elle, foutaise, puisque naître c'est déchoir". Par-delà ses parents elle retrouve un univers amoral où s'abolit la dignité en même temps que la vie avec les êtres, un univers poétique où elle vit avec les choses. Par la mendicité, elle reconquiert la paix et la sérénité.
Nous ne saurons pas pourquoi Mlle Clarisse, qui tient un café-épicerie de village, a vécu et vit solitaire. Mais nous comprenons qu'il y a en elle quelque chose de noué et qui ne favorise pas la communion avec les hommes. La présence de l'enfant qui vient chez elle le soir ne fait que souligner le fossé qui la sépare des autres êtres. C'est qu'elle ne conçoit pas la communication avec un homme comme un échange égalitaire. Et voilà que survient un homme inattendu. Il s'est réfugié dans la salle de café, il y est mort. Aussitôt Mlle Clarisse s'empare de ce mort. Une tempête de tendresse, d'amour et de dévouement la saisit devant ce corps qui lui est livré, et de qui elle prend soin. Mais en quelques heures elle découvre l'inconvénient majeur de leur relation : c'est que le mort ne peut rien lui donner.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.