Les mondes universitaires face au marché. Circulation des savoirs et pratiques des acteurs
Leclerc-Olive Michèle ; Scarfo Ghellab Grazia ; Wa
KARTHALA
29,00 €
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EAN :9782811105174
En ces temps de " mondialisation ", les réformes des systèmes universitaires, l'accroissement sans précédent du nombre d'étudiants et les réseaux numériques concourent à donner des mondes universitaires une image de fluidité, de compétition et de brouillage des frontières entre établissements publics et initiatives privées. On s'acheminerait vers un " marché " mondial de l'enseignement supérieur, fondé sur la libéralisation et la diversification concurrentielle de l'offre de formation, et vers une harmonisation mondiale des standards et titres universitaires. Transformations et réformes sont le plus souvent étudiées du point de vue des pays industrialisés. Pourtant, elles ont des répercussions sur l'ensemble des systèmes universitaires. Aussi les auteurs de ce livre ont-ils choisi de déplacer le regard et d'examiner ces processus à partir de l'étude de pays absents des classements réputés exprimer l'état du " marché mondial universitaire " : Égypte, pays d'Afrique subsaharienne et du Maghreb, Brésil, Russie, Inde et Chine, sans oublier plusieurs pays d'Europe. Un paysage bien différent de celui qui est généralement décrit apparaît au fil de ces études. Comme le note Anne-Catherine Wagner dans l'introduction de l'ouvrage, les logiques à l'oeuvre ne peuvent être réduites à de simples calculs de marché ; de nouvelles polarités émergent qui obligent à remettre en question les centralités occidentales et à relativiser le diagnostic posé à la hâte sur les transformations vécues par les mondes universitaires ces dernières années. Fruit d'une longue collaboration entre chercheurs réunis dans le Réseau Acteurs Émergents, ce livre témoigne d'un souci partagé de rester attentifs aux pratiques des acteurs, à leurs expériences, et de refuser toute vision surplombante.
Nombre de pages
394
Date de parution
10/06/2011
Poids
620g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811105174
Auteur
Leclerc-Olive Michèle ; Scarfo Ghellab Grazia ; Wa
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20110610
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Les regards portés sur le " local " aujourd'hui sont le plus souvent chargés d'espoirs. Espoir pour les chercheurs d'y voir la société en train de se faire, l'expérience politique se constituer, le monde de demain se fabriquer. Espoir pour les agences de coopération d'y trouver les germes d'un développement durable que les grands programmes ont échoué à instaurer. Espoir pour les acteurs eux-mêmes, parfois, de pouvoir prendre en main les affaires qui les concernent. Contrepoint apparent de la mondialisation économique, mais faisant couple avec elle, le local serait le lieu indispensable du " vivre-ensemble ", le " chez-soi " partagé. La chaleur de la communauté y viendrait compenser la froideur des espaces publics nationaux. Cette complémentarité paisible ne laisse pas cependant susciter des perplexités, voire des inquiétudes. Par ailleurs, le local et le communautaire, en tant que concepts, semblent définir le politique, l'espace public comme l'" autre " de leur champ commun. C'est dans l'espace catégoriel esquissé par ces trois pôles que se déploient les études présentées dans cet ouvrage. Loin de toute tentative de définitions académiques, elles en explorent les chevauchements et les tensions. Pour clarifier les enjeux politiques soulevés par la valorisation du " local ", il fallait diversifier les sites d'observation et se placer délibérément aux marges des chantiers classiques. C'est ainsi qu'ont été rapprochées des situations aussi différentes que des quartiers pauvres de capitales sud-américaines, une commune de la banlieue parisienne, des municipalités nord-américaines, des communautés du Yémen ou encore des villages chinois et des communautés africaines. En s'intéressant à " ce que font les gens dans leur localité ", il s'agit d'affiner les problématiques disponibles pour penser les styles politiques qui s'y expérimentent, contribuer à soutenir une citoyenneté vigilante et ouvrir des pistes de recherche.
Reconnu aujourd'hui comme l'un des fondateurs du pragmatisme, George Herbert Mead laisse une oeuvre inachevée, en grande partie posthume. Dans les textes ici rassemblés, inédits en français, le temps occupe une place fondamentale, de même qu'une réflexion approfondie sur les théories qui révolutionnent la physique au début du XXe siècle, notamment la relativité qu'il conçoit comme un système de perspectives. A une époque où existe encore un dialogue nourri entre philosophes et physiciens, Mead désire relier la structure du monde à l'expérience quotidienne. On découvre ainsi le Mead philosophe, encore éclipsé en France par le psycho-sociologue, et l'on entrevoit du même coupla grande fécondité de ses travaux pour de nombreux champs de recherche actuels, depuis l'épistémologie de l'histoire, la philosophie de l'aléatoire, jusqu'aux études cinématographiques et, plus largement, pour repenser les rapports entre les sciences sociales et celles de la nature. Dans sa présentation, Michèle Leclerc-Olive nous fait entrer dans les cou-lisses de la traduction, à travers ce qu'elle appelle la "traduction délibérative", fondée sur deux vigilances, linguistique et scientifique. Avec Cécile Soudan, elle a en effet mené une véritable enquête historique, étroitement associée au travail de traduction, tant pour mettre au jour ce que la réception de Mead doit aux décisions de certains de ses éditeurs, que pour situer ces textes dans les débats intellectuels et scientifiques des années 1920.
Une carrière n'est jamais jouée : au départ, avec l'inflation d'ingénieurs, MBA et autres universitaires qu'on nous fabrique de par le monde, un diplôme ne garantit plus rien ; en cours de route, une étincelle suffit à faire démarrer une vraie carrière bloquée jusque-là sans raison apparente. Savoir-faire et " savoir être " font toute la différence. Truffé d'anecdotes illustrant les " ça marche " vérifiés par l'expérience (et les " ça marche pas " que répètent tant de cadres), cet ouvrage montre, dans un langage tonique et réaliste, comment se coacher soi-même : " Le meilleur des coaches ne peut faire mieux que devenir rapidement inutile ". Ce comprimé d'expérience vous fera gagner 15 ans - ou une vie !
Sur France-Info, vous aimez les chroniques de Marie-Odile Monchicourt. Dans ses enquêtes, elle va encore plus loin ! Elle va dénicher les meilleurs spécialistes scientifiques, sort les chercheurs de leur laboratoire et les contraint à l'exercice de l'interrogatoire : - Alors, Claude Leclerc, Quel avenir pour les vaccins ? Comment sont-ils fabriqués ? Comment nous protègent-ils ? Peuvent-ils nous contaminer ? Faut-il se faire vacciner ? Autant de questions auxquelles ce chercheur en immunologie tente de répondre. Attention ! en 50 pages, la science devient l'ami public numéro 1.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.