Georgette LeBlanc revient en force avec un quatrième livre en 10 ans, un "roman en vers libres" évoquant à sa manière le grand incendie de 1820 qui a détruit une vingtaine de maisons et autant de granges à la Baie Sainte-Marie, tel que raconté dans le Journal de Cécile Murat, une oeuvre de fiction publiée en 1950 par l'historien acadien Alphonse Deveau. Georgette LeBlanc propose sa propre vison des évènements avec ironie, audace et sensualité. Des personnages colorés, fortement esquissés, de chair et de mots, prennent vie d'une scène à une autre, et en plein 21e siècle, sous le regard dubitatif des médias de la métropole. L'auteure d'Alma est parvenue en très peu de temps à l'élaboration d'une langue musicale et séduisante qui lui est propre et dont la motte d'argile à modeler est le français particulier aux Acadiens du sud-ouest de la Nouvelle-Ecosse. Le Grand Feu ne peut faire que braquer quand Georgette LeBlanc attise les braises de son imagination.
Nombre de pages
94
Date de parution
01/04/2016
Poids
102g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782896911561
Titre
Le Grand Feu
Auteur
Leblanc Georgette
Editeur
PERCE NEIGE CAN
Largeur
127
Poids
102
Date de parution
20160401
Nombre de pages
94,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Un recueil de poésie peut-il se lire comme un roman ? Certainement. L'héroïne de ce recueil nous fait découvrir une vaste galerie de personnages qui gravitent autour d'elle, à commencer par Pierrot, son homme. Les effets de la Crise économique de 1929 et de la Seconde Guerre mondiale sur un petit village acadien dans les bois de la Baie Sainte-Marie sont décrits à travers les gestes quotidiens de cette femme qui se transforme de poème en poème. Écrit entièrement en langue acadienne de la Baie Sainte-Marie, ce premier recueil de Georgette LeBlanc démontre un savoir-faire d'une très grand finesse, une profonde analyse des sentiments humains et un respect absolu pour les mots.
Avec Amédé, le personnage d'Alma revient pour nous raconter une histoire de camaraderie entre deux cowboys qui s'occupent de leurs troupeaux à leur façon. Georgette LeBlanc n'a pas fini d'étonner en nous transportant dans un univers tumultueux qui s'étend de la Louisiane jusqu'au Grand Texas, où la musique et la chair ne font qu'un.
Tragédie sous les pommiers : le 6 mars 1848, Delphine Delamare se suicide à Ry, paisible village normand, en ingérant de l'arsenic. Elle avait 26 ans. Déçue par son mariage, déçue par ses amants, criblée de dettes, elle laisse une petite fille et un époux inconsolable. Ce tragique fait divers qui défraya la chronique inspira à Gustave Flaubert son célèbre roman Madame Bovary (1857). Georgette Leblanc (1869-1941), actrice et cantatrice, véritable « star » en son temps, se rend sur les lieux du crime - car c'en est un, si tant est que les conventions sociales puissent tuer, et se fait l'avocate de Delphine dont le seul tort fut d'être trop belle et trop libre. Elle flâne dans les rues de Ry, visite la maison où vécut Delphine, retrouve sa servante, Augustine Ménage, la Félicité du roman. La vieille femme, lumineuse dans son petit jardin tout plein de fleurs, se souvient de celle dont la voix était « si douce, qu'on aurait voulu ramasser tous les mots qu'elle disait. » Écrivaine méconnue, Georgette Leblanc cisèle ses phrases dans ce « pèlerinage » poétique et politique. Soeur de Maurice, créateur de l'immortel Arsène Lupin, compagne et muse de Maurice Maeterlinck (prix Nobel de littérature 1911) reléguée dans l'ombre du grand homme, cette femme flamboyante qui se battit pour être libre et revendiqua sa bisexualité fait de Delphine un symbole de la condition féminine plus actuel que jamais.
Fasciné par l'histoire, les cartes géographiques et les photographies aériennes du paysage culturel acadien, Serge Patrice Thibodeau se permet un livre audacieux où la prose poétique entretient un dialogue impromptu avec le récit et le document d'archives, l'anecdote et la science, l'archéologie et le merveilleux. Dans L'isle Haute : en marge de Grand-Pré, le poète construit un paysage par fragments, vu du ciel, inspiré par une photo de Grand-Pré prise de la Station spatiale internationale.
Voilà un ouvrage qui risque d'être qualifié de livre le plus drôle de l'année ! Carnavalesque, moqueur et espiègle, Le trou dans le mur rassemble des contes déguisés en fabliaux et qui nous plongent au coeur de la vie rurale et paysanne des bayous de la Louisiane. Jean Arceneaux est incontestablement l'un des meilleurs conteurs de la francophonie !
A force de regarder par en haut, à force de comparer la côte de l'Atlantique Sud à celle de l'Atlantique Nord et de dire aux gens d'Ushuaia que j'habite à "l'autre bout du Monde" , que nous sommes les riverains du même océan, que nous sommes, au fond, des antipodes, je ne peux plus voir les Amériques de la même façon. L'attrait des pôles, sans doute. Plus loin devant moi, c'est le cap Horn et l'Antarctique, je ne peux pas aller plus loin vers le Sud, Il est temps de rebrousser chemin, de repartir vers le Nord. Je pense à l'estuaire du Saint-Laurent, au couloir des icebergs le long des côtes du Labrador. La prochaine fois que je reprendrai de nouveau la route, si je montais aussi loin, si je montais là-haut ? Si je cédais encore, mais autrement, à l'attrait des pôles ? "
Ce livre s'ouvre en disant que "le poème illumine la question" et conclut par "j'écris toujours au présent" . Entre les deux, il y a cette masse textuelle qui se profile comme un territoire habitable, un désir brulant comme l'actualité. Avec ces complaintes du continent, Gérald Leblanc nous trace un parcours qui va de l'enfance à l'écriture en passant par l'intimité des rêves et le malaise de la collectivité. Le nom des complices, des prophètes, des guides, des villes, des rues, des musiques, des livres fait ici écho au souffle d'un auteur indissociable de la poésie acadienne contemporaine.