Savoir/Agir N° 19, Mars 2012 : Comment les dominants dominent
Lebaron Frédéric
CROQUANT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782365120074
Les dénonciations des riches et des nantis sont une constante dans la presse et les discours politiques qui n'hésitent pas à magnifier " la France d'en bas ". L'opposition entre k peuple et les gros " a plus d'un siècle d'existence, en France comme ailleurs, où la critique des élites, de leur pouvoir et de leurs privilèges semble faire consensus, du moins dans les discours. Cette critique est facile, d'autant plus que ces élites sont mal connues, qu'il s'agisse de leur niveau de richesse (un récent sondage indiquait que pour les personnes interrogées, un ménage peut être considéré comme "riche" quand ses revenus atteignent 8.300 euros par mois) ou qu'il s'agisse de leur capacité à cumuler les positions sociales et politiques. Mais cette critique est vite désamorcée par deux registres principaux ! de légitimation des élites et des positions dominantes qui les caractérisent. Le premier est le registre du mérite et des compétences spécifiques pour " en être " (diplômes, formation, aisance, relations sociales et politiques..). Le second est le registre du hasard et de la chance qui interdit de reprocher à quelqu'un sa naissance. Les deux registres sont souvent mêlés et se retrouvent fréquemment dans les descriptions des trajectoires de ces hommes et de ces femmes qui, bien dotés au départ, se sont toutefois donnés du mal pour être là où ils sont. Le corollaire de cette légitimation est hélas une légitimation des situations dans lesquelles se trouvent " les gens du peuple ", tout à la fois mal servis et résignés. L'objectif de ce numéro de savoir/ agir n'est pas d'ajouter aux dénonciations existantes mais de montrer ce qui fait l'élite et comment elle réussit à être ce qu'elle est. A l'inverse des " success stories " qui insistent sur le mérite des individus, leurs ambitions et leur dextérité à mener leur carrière, et qui alimentent l'idée d'une instabilité des fortunes économiques et sociales et d'une circulation des élites, il s'agira de montrer ce que ces individus doivent à leur famille, à leurs relations sociales et plus généralement à la mobilisation collective des leurs. La domination telle qu'elle existe se travaille, en famille, en lignée, en réseaux. C'est sur cet effort continu et collectif des classes dominantes que portera ce numéro, montrant que cette domination n'est en rien le fruit du hasard et qu'une seule redistribution des cartes au départ ne suffira pas à changer la donne.
Nombre de pages
126
Date de parution
10/04/2012
Poids
193g
Largeur
167mm
Plus d'informations
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EAN
9782365120074
Titre
Savoir/Agir N° 19, Mars 2012 : Comment les dominants dominent
Auteur
Lebaron Frédéric
Editeur
CROQUANT
Largeur
167
Poids
193
Date de parution
20120410
Nombre de pages
126,00 €
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Ce livre a pour objectif de répondre à une question souvent formulée: comment produire et traiter des données quantitatives en sciences sociales en tenant compte des conditions particulières du domaine d'étude et de la problématique adoptée? Destiné à tous les étudiants réalisant une enquête collective, un mini-mémoire ou un mémoire, en licence et master de sciences sociales (sociologie, démographie, histoire, économie, science politique), cet ouvrage leur enseigne comment soumettre à une critique scientifique les données recueillies pour leur permettre de mieux construire leur objet de recherche. Appuyé sur un ensemble d'exemples issus de toutes les disciplines des sciences sociales, le livre de Frédéric Lebaron propose une démarche intégrée (appuyée par l'analyse géométrique des données) qui permet de construire et d'étudier en profondeur un espace social.
Cet ouvrage pédagogique fait le point de manière claire et informée sur les indicateurs sociaux, ou "nouveaux indicateurs de richesse", qui permettent de quantifier les réalités sociales, dans une démarche pluridisciplinaire.
Qu'est-ce qu'un acteur, une attitude, le bonheur, le capitalisme, une classification ? Que recouvrent les termes de durée, élite, évaluation, groupe, institution ? Comment comprendre ce que signifie la morale, le pouvoir, la socialisation, le travail ou bien une variable ? Ce dictionnaire encyclopédique regroupe les 300 termes les plus fréquemment utilisés en sociologie, qu'un étudiant est amené à rencontrer dans ses premières années d'études supérieures. De nombreuses définitions, illustrées par des exemples ou des applications, font de cet ouvrage un véritable outil de travail et de révision.
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
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Face à l'urgence actuelle de changer ce monde. comment lutter et avec qui ? Peut-on se battre comme femme sans trahir sa culture ? Comment s'organiser simultanément en tant que Noir e et prolétaire ? Doit-on vraiment dénoncer à la fois le racisme, le capitalisme et le patriarcat ? Et surtout, quelles solidarités, quelles alliances construire. autour de quels projets ? Imbrication décortique la complexité des identités, des loyautés et des intéréts de chacun-e dans les mouvements sociaux. L'ouvrage présente l'histoire de luttes guerrillères (Salvador), Indiennes-paysannes (mouvement zapatiste au Mexique) ou Noires (Brésil, République Dominicaine, USA). ainsi que les mouvements de femmes, féministes et lesbiennes du continent. Les femmes des Amériques et des Carabes nous tendent un miroir exceptionnel pour mieux comprendre "l'intersectionnalité" à un moment de foisonnement des luttes, parfois déroutant. Partant du quotidien des mouvements pour parvenir à une véritable "science des opprimées", ce livre s'adresse aussi bien au public curieux qu'aux activistes et au monde de la recherche. l