Editorial de Jean-Louis Le RunAdoption homoparentale: il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvagesLe débat sera tranché, lorsque ces lignes paraîtront la loi sera votée et le mariage et l'adoption deviendront possibles pour les couples homosexuels. On peut se réjouir de cette avancée démocratique ou s'inquiéter de sa pertinence selon ses propres convictions. En effet, deux logiques se sont affrontées depuis l'annonce de la volonté de faire évoluer le droit, l'une s'appuyant sur l'évolution de la société et de la famille, prenant en compte l'existence des couples homosexuels et de leurs revendications concernant le droit du conjoint et des enfants. L'autre considérant que l'intérêt de l'enfant est d'avoir deux parents de sexe opposé, conformément à la réalité biologique et à une tradition quasi universelle. La polémique sur cette loi a pris un tour tellement passionnel qu'elle a radicalisé les positions, réduit les enjeux, interdit le doute et occulté à cette occasion la réalité de l'adoption. Celle-ci n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît, et elle se trouve confrontée à des évolutions dont les nouvelles dispositions ne sont qu'un aspect.Mais revenons un instant sur le débat que la sagesse populaire illustre de quelques dictons.«Le pire n'est jamais sûr»Les opposants au projet de loi ont prédit des difficultés majeures pour les enfants issus de ces unions, une dérive de la société, voire, dans les propos les plus outranciers, la porte ouverte à l'inceste et à la pédophilie. Lorsqu'ils ne s'appuient par sur la religion ou la tradition, ils s'appuient sur la psychologie et la psychanalyse, notamment le bon vieux conflit oedipien qui se noue entre papa, maman et leur rejeton, et qui serait la garantie d'un développement identitaire harmonieux. Manquer à ce schéma serait la certitude de troubles majeurs dans l'organisation de la personnalité. Nous avons été élevés au biberon freudien et nombre de nos repères cliniques et théoriques s'articulent sur ce schéma des complexes familiaux. Encore ne sont-ils pas à prendre au pied de la lettre et la réalité s'avère beaucoup plus complexe. Avec le développement du divorce, des familles monoparentales, de l'adoption, etc., nous sommes amenés à rencontrer quantité de situations sortant de ce schéma et qui auraient, si l'on se fie aux augures, du entraîner des problèmes majeurs. Et pourtant, les enfants de ces familles différentes sont souvent parfaitement équilibrés, autant en tout cas que bon nombre d'enfants ayant deux parents de sexe différents. De sorte qu'il est impossible de prédire, à partir d'une question d'orientation sexuelle des parents, d'éventuelles difficultés. Celles-ci sont, bien plus souvent, tributaires de critères que nous connaissons bien comme les ruptures affectives, la maltraitance, l'absence de tiers dans une relation fusionnelle ou d'emprise...(...)
Nombre de pages
160
Date de parution
11/04/2013
Poids
401g
Plus d'informations
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EAN
9782749234885
Titre
Enfances & psy N° 56 : Conflits de loyauté
Auteur
Le Run Jean-Louis ; Maximy Martine de
Editeur
ERES
Largeur
0
Poids
401
Date de parution
20130411
Nombre de pages
160,00 €
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Menteur, affabulateur, imaginatif, inventif, délirant, mythomane... Ces termes témoignent de la diversité des représentations que peuvent avoir les adultes à propos du " mensonge " d'un enfant ou d'un adolescent, selon leur place, leur histoire ou leur métier. Elles varient bien évidemment selon l'âge, la fréquence avec laquelle l'enfant recourt au " mensonge ", et le contexte dans lequel celui-ci intervient. La question du mensonge qui pose en négatif celle de la vérité et du " il faut tout dire " érigés en idéal, provoque ou inquiète les parents et les enseignants, met en difficulté les travailleurs sociaux et ceux de la justice, et intrigue les médecins et les psys. Depuis Freud, nous connaissons la force des fantasmes qui peuvent conduire à mentir sincèrement, comme nous rencontrons chaque jour dans notre pratique clinique les raisons souterraines, à visée défensive par exemple, qui président à un tel discours. Notre époque, qui privilégie la transparence, ne facilite pas la prise en compte individualisée de la fonction de ce qui est nommé mensonge et de la culpabilité qui en découle souvent : il n'y aurait que du visible ou du dissimulé, du vrai ou du faux. Ce numéro visera à démêler ces enjeux, à partir des questions qui se posent dans les pratiques des professionnels de l'enfance et de l'adolescence.
Le statut des pères a bien changé au cours des siècles et il demeure bien différent selon les civilisations et les cultures. Les pères assument des fonctions souvent complémentaires à celles des mères, qui ne sont pas immuables et qui évoluent. La littérature les a parfois trop blâmés, disqualifiés. Etre père, transmettre ses valeurs et faire grandir ses enfants n'est pas si aisé , certains y excellent. Quels regards nouveaux pouvons-nous porter sur eux ? Ils sont maintenant très présents dès la naissance et la plus tendre enfance de leurs descendants. Ils assurent non seulement une fonction d'autorité, mais savent aussi prendre du plaisir à jouer, à partager des activités agréables, sportives, culturelles ou intellectuelles. Ils sont de plus en plus présents dans les institutions (prévention, soins, école, justice...). Nous en sommes sûrs, ils aiment voir grandir leurs petits.
Savoir, c'est faire entrer des représentations dans le champ cognitif, c'est acquérir une certaine maîtrise d'un domaine, c'est comprendre, c'est disposer de repères... c'est rassurant. Savoir renvoie à la transmission, mais aussi à la mémoire. Il y a le su et l'insu, le dit et le non-dit, le public, l'intime et les secrets. Dans le champ de l'adoption, la question de "savoir ou ne pas savoir" est récurrente. On la retrouve dans la dynamique de l'agrément qui confronte le savoir des professionnels à la plus ou moins grande ignorance initiale des postulants, avec tout un travail de transmission qui s'opère des uns aux autres. Lorsqu'il s'agit d'un abandon dès la naissance ou plus tard se pose le problème de ce qui sera laissé à la connaissance de ceux qui prendront le relais et, par leur intermédiaire, à l'enfant. Et cette histoire généralement traumatique, qu'en sait l'enfant ? Quelle inscription dans sa psyché, dans son corps même ? Et que veut-il en savoir lui-même, tiraillé entre l'envie de savoir et la tentation de ne rien savoir de cette histoire blessante ? L'éventuel désir de ne pas savoir emportera-t-il avec lui d'autres pans cognitifs, compromettant les apprentissages ? Savoir qui sont les parents ayant donné la vie peut devenir une interrogation taraudante, particulièrement à l'adolescence. Certains voudront aller au pays qui les a vus naître ou prendront connaissance d'un courrier laissé à leur intention par la mère biologique. Les moyens de communication actuels, les réseaux sociaux ont transformé cette question. Ce numéro d'Enfances et psy permettra d'aborder en profondeur ces différents aspects à partir d'interventions de praticiens.
Résumé : L'autre, parce que différent, nous angoisse, nous effraie, nous intrigue, nous attire : que serions-nous sans lui ? Cette question, centrale dans la construction de l'identité, est ici posée au petit d'homme. Comment s'effectuent ses premiers pas vers l'autre ? Comment l'altérité - le sentiment d'être autre comme la reconnaissance de l'autre - vient-elle aux petits enfants ? Comment l'attachement se conjugue-t-il à la " peur de l'étranger " ? Comment le tout-petit pense-t-il sa mère, son père et les relations qu'il lie avec eux ? Qu'en est-il aussi des autres, adultes, enfants qu'il rencontre au quotidien dans son environnement ? De la naissance à l'entrée à l'école, comment le bébé s'intègre-t-il dans la dynamique de l'altérité ? Et comment l'accompagner au mieux dans cette rencontre avec le semblable et le différent, avec l'humain, avec l'autre ?
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques: les concepts-clefs; sur quoi porte l'intervention; comment le problème est-il défini; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie; les outils utilisés; la position de l'intervenant ou du thérapeute.
Aujourd'hui, de plus en plus de personnes sont aidées sous influence, sous injonction, sous contrainte. Sans qu'ils ne l'aient réellement voulu ou demandé, nombre de nos concitoyens sont invités, voire convoqués chez des éducateurs, travailleurs sociaux ou psychologues (que l'injonction soit médicale, administrative ou judiciaire). Véritable oxymore, l'aide contrainte trouve sa justification dans la protection des enfants, des adolescents, des femmes battues, des personnes fragiles, des aînés... La gestion de toute déviance, de toute délinquance, y conduit inéluctablement, ce dont témoigne le glissement législatif tant en Suisse, qu'en France, en Belgique ou encore au Québec. A travers sa pratique dans le domaine de la protection de l'enfance, l'auteur décrit l'inconfort de la position des "aidants" professionnels et analyse la double contrainte à laquelle elle conduit. Pour dépasser ce paradoxe, les intervenants sociaux doivent envisager des changements profonds dans leurs approches, leurs méthodologies. Ce livre ouvre des pistes de réflexion sur l'étendue des possibles et la création de nouvelles marges de manoeuvre. Il présente sans complaisance les démarches alternatives mises en oeuvre au sein du centre d'intervention psycho-médico-social Carpe, dans lesquelles ni le juge, ni les parents, ni les enfants ne sont disqualifiés.
Résumé : Danièle Linhart analyse en quoi la logique du management moderne n'est pas si éloignée de celle qui a prévalu dans le taylorisme. Dans les deux cas - déshumanisation et sur-humanisation - c'est la dimension professionnelle des salariés qui se trouve attaquée. Désormais le management moderne revendique l'idée que le salarié est avant tout un être humain dont il faut prendre en considération les besoins, les aspirations, comme les faiblesses. Ce livre montre que derrière cette idée louable s'organise en réalité une disqualification des métiers, de la professionnalité, de l'expérience qui tend à renforcer la domination et le contrôle exercés par les dirigeants. Gérer les salariés en fonction de leur seule condition humaine, c'est nier le fait qu'au travail, ils tiennent des rôles, exercent des fonctions dont ils sont les experts et qui mettent des limites à l'envahissement de leur vie personnelle.