Le pape de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide Le 19 décembre 2009, une violente tempête médiatique se déchaîne contre la mémoire de Pie XII lorsque Benoît XVI signe un décret reconnaissant ses vertus héroïques, prélude à sa béatification dont le procès avait été ouvert dès octobre 1967. Que s'est-il donc passé pour que l'image de ce souverain pontife, qui régna sur l'Eglise catholique de 1939 à 1958, se fût dégradée à ce point en cinq décennies ? Comment un homme peut-il passer du statut de héros, remercié par les survivants de l'Holocauste, à celui de complice passif de l'Antéchrist, reclus dans un coupable et lâche silence face à l'extermination de millions d'innocents ? Frédéric Le Moal rouvre le " dossier Pie XII ". Grâce à la toute récente ouverture des archives vaticanes (2020), il a eu accès à tous ces documents qui nous font pénétrer au coeur de la Curie, jusqu'au bureau même du pape. Il brosse ainsi à nouveaux frais le portrait de ce Romain de culture, de coeur et d'esprit vite repéré et formé pour devenir l'un des plus brillants diplomates du Saint-Siège. Eugenio Pacelli embrassa la carrière diplomatique sans jamais cesser d'être pasteur, gravissant les échelons jusqu'à devenir le secrétaire d'Etat de l'intransigeant Pie XI auquel il succéda en 1939 après l'un des conclaves les plus brefs de l'histoire. Devenu Pie XII, il affronta le cataclysme d'une guerre déchaînée par une Allemagne qu'il aimait mais que défigurait le paganisme nazi ; un conflit au coeur duquel étaient en jeu la survie de l'Eglise catholique tout autant que la civilisation chrétienne. Mais il fut aussi le pape d'une autre guerre, plus froide celle-ci, quoique meurtrière pour l'Eglise, celle opposant les Etats-Unis à l'URSS. A force de se concentrer sur la période 1939-1945, on en oublie que son pontificat vit éclater le conflit Est-Ouest et plusieurs de ses crises violentes (le blocus de Berlin, la victoire de Mao en Chine, les guerres de Corée et d'Indochine) avant de devoir s'adapter à l'ambigu dégel amorcé par Khrouchtchev après la mort de Staline. Si les pièces récemment exhumées des cartons rompent en visière avec l'accusation de nazisme et d'antisémitisme d'une part, et expliquent les raisons de la stratégie de silence - réelle - du pape d'autre part, elles révèlent ce qui se cachait derrière cette attitude déroutante. La personnalité de Pie XII, très complexe, ne favorise pas, il est vrai, l'apaisement de la disputatio. Il ressort que le maître-mot de l'action d'Eugenio Pacelli fut la prudence. Or, notre époque chérit toujours la figure du sauveur et du grand homme, du type Churchill et de Gaulle. La prudence et la modération, vertus chrétiennes chantées par la Bible, sont en fait retournées contre lui. C'est à ce titre que lui est désormais refusée une place au panthéon des grandes figures de la Seconde Guerre mondiale.
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Nombre de pages
432
Date de parution
19/09/2024
Poids
542g
Largeur
156mm
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EAN
9782262097523
Titre
Pie XII. Le pape face au Mal
Auteur
Le Moal Frédéric
Editeur
PERRIN
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156
Poids
542
Date de parution
20240919
Nombre de pages
432,00 €
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Lors de la Première Guerre mondiale, la France tente d'entraîner l'Italie dans le conflit en se servant de ses ambitions balkaniques. En 1915, le Traité de Londres inscrit dans le marbre les buts de guerre italiens. Mais le développement du conflit modifie les conditions politiques et stratégiques. L'idée de la création d'un Etat s'étendant des régions slovènes jusqu'à l'Albanie et absorbant le Monténégro offre aux Français la perspective d'un nouvel allié dans les Balkans, mais inquiète les Italiens. Les divergences des deux nations face à l'idée Yougoslave ne contribue guère à l'apaisement lors des négociations de paix de 1919.
Une synthèse novatrice et référente. Qu'est-ce que le fascisme ? Cette question ne cesse de se poser aux historiens avec la même force qu'aux contemporains de Mussolini. Fut-il un mouvement réactionnaire, conservateur ou révolutionnaire ? Se situait-il à gauche ou à droite ? Autre question cruciale : quelle place y occupa le Duce, et peut-on réduire le fascisme à un simple " mussolinisme " ? Le présent ouvrage apporte des réponses à ces questions tout en jetant sur le fascisme un regard nouveau et rare chez les historiens français. Réaffirmant avec force le caractère totalitaire du régime, il replace son idéologie dans sa nature révolutionnaire qui le rattache à la pensée anthropologique des Lumières et notamment de Rousseau, à la Révolution française et au socialisme. Si les fascistes cherchèrent à détruire par la violence la modernité libérale de leur temps, ce ne fut pas au nom d'un âge d'or révolu et dans une démarche passéiste, mais bien avec la volonté farouche de construire une société et un homme nouveaux. L'histoire que l'auteur raconte avec brio des origines à sa fin, apparaît in fine comme celle d'une révolution avortée.
Les hommes du Duce, ou l'histoire collective d'une fidélité trahie. Auteur d'une très remarquée Histoire du fascisme, Frédéric Le Moal poursuit son travail d'analyse et de compréhension du fascisme italien avec cette série de portraits des principaux compagnons de Mussolini. Peu connus du grand public, ces hommes entourèrent et servirent le Duce avec une ferveur quasi religieuse, tels des disciples vénérant le fondateur de l'Italie nouvelle. Ils furent les protagonistes en chemises noires des violences de l'après-guerre, les acteurs de la Marche sur Rome, les architectes de la dictature, les penseurs de l'idéologie fasciste, les maîtres d'oeuvre d'une diplomatie originale. Beaucoup venaient des rangs du socialisme italien, d'autres du nationalisme. Tous communièrent dans le culte du dictateur, qui exerçait sur eux une sorte de sortilège et ne cessait de les dresser les uns contre les autres dans une sanglante émulation. Pourtant, une majorité d'entre eux se retourna contre lui quand les désastres de la Seconde Guerre mondiale précipitèrent l'Italie dans l'abîme. Les hommes de Mussolini le trahirent, y compris son propre gendre, avec un courage que n'eurent ni les séides de Hitler ni ceux de Staline. C'est cette histoire d'une fidélité rompue que raconte ce livre à travers la vie de quinze personnages au destin particulier. Soit Dino Grandi, Roberto Farinacci, Italo Balbo, Giuseppe Bottai, Emilio De Bono, Cesare Maria De Vecchi, Michele Bianchi, Costanzo Ciano, Galeazzo Ciano, Augusto Turati, Achille Staraci, Giovanni Gentile, Luigi Federzoni, Pietro Badoglio et Alessandro Pavolini.
Résumé : Victor-Emmanuel III, s'il a régné sur l'Italie de 1900 à 1946, n'a rien fait pour conquérir la célébrité. Souffrant d'une apparence physique particulièrement disgracieuse, taciturne et secret, détestant l'apparat monarchique, il a été un souverain invisible, retranché dans ses résidences privées et sa vie familiale. Pourtant, commencé après l'assassinat de son père Humbert Ier, son règne traverse toutes les convulsions de la première moitié du XXe siècle, les luttes idéologiques, les deux guerres mondiales et le fascisme. Surtout, Victor-Emmanuel III prend trois décisions qui auront des conséquences majeures pour l'histoire de l'Europe : il entraîne son pays dans la Grande Guerre en 1915, nomme Mussolini au poste de Premier ministre en 1922 et le disgracie en 1943 par un coup de majesté qui ne suffira pas à sauver sa couronne. Avec le Duce, il entretiendra des relations complexes, faites de complicité, de fascination mutuelle et de moments de forte tension. Contraint à l'exil en 1946, il meurt l'année suivante à Alexandrie. Cette biographie apaisée d'un personnage controversé en Italie est la première écrite en langue française, à partir d'archives dont certaines inédites. Elle permet enfin de comprendre un des souverains les plus énigmatiques du XXe siècle.
Depuis le XVIIe siècle, le Bas-Empire est considéré comme le crépuscule de l'Occident romain. Cette période, qui s'étend du IIIe au Ve siècle, a longtemps été perçue comme une décadence interminable : guerres incessantes contre les Perses Sassanides à l'est et les peuples germaniques à l'ouest, inflation galopante, crises fiscales et foncières, grande épidémie du IIIe siècle... Les historiens y voyaient jadis un faisceau de causes conduisant inexorablement à la chute de l'Occident romain. Si cette vision a été révisée depuis près de cinquante ans, elle persiste néanmoins dans notre culture générale. Le présent ouvrage renverse la perspective. Plutôt que de chercher les signes d'un déclin fatal, Tiphaine Moreau met en lumière l'extraordinaire capacité de résilience de l'Etat romain face aux adversités. Loin de s'effondrer passivement, l'Empire se réforme en effet constamment, se réinvente et transmet un héritage considérable à l'Occident. S'appuyant sur les sources et les recherches internationales des quarante dernières années, l'autrice suit avec précision le fil chronologique et passe au crible les épreuves rencontrées et les solutions mises en oeuvre pour les surmonter. Elle fait ainsi émerger un nouvel Empire, bien vivant jusqu'aux derniers feux de sa part occidentale, expliquant autant sa remarquable longévité que l'ampleur de son legs. Cette synthèse captivante, à la tonalité libre et rigoureuse, invite à regarder ces trois siècles sous un jour neuf, loin des idées reçues.
Le quotidien oublié des femmes au Moyen-Age. Lorsque l'on pense aux femmes du Moyen Age, de nombreux noms viennent à l'esprit, de Jeanne d'Arc à Aliénor d'Aquitaine en passant par Christine de Pizan ou Hildegarde de Bingen. Mais qui connaît Dhuoda, Radegonde ou thelflaed ? Les six siècles qui suivent la fin de l'empire romain restent bien souvent le parent pauvre de l'historiographie, alors même que la condition féminine au cours de cette période tranche avec celle observée entre les XIIe et XVe siècles. Pouvoir, production du savoir, travail... La place éminente des femmes se révèle, à cette période, fort différente de celle que charrie l'imaginaire collectif. Cet ouvrage entend donc explorer le rôle des femmes entre le VIe et le XIe siècle en montrant la diversité de leurs conditions : de la serve à la reine, toutes vivent dans un monde patriarcal mais, loin d'être réduites à l'impuissance, elles ne sont pas dépourvues de moyens d'action. Justine Audebrand raconte et décortique avec brio cette histoire injustement méconnue.
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