L'objet pillé est d'abord un trophée avant de prendre le statut d'oeuvre d'art. Le cortège des violences coloniales fonde la richesse de nos collections privées et publiques. La guerre, l'art et la littérature sont parfois intimement liés et Yannick Le Marec choisit de suivre deux écrivains militaires : Pierre Loti et Victor Segalen. Yannick Le Marec poursuit avec Le Grand Pillage sa réflexion sur le récit colonial (dans la continuité de la Constellation du tigre qui relate notre rapport aux animaux sauvages) ; il interroge cette fois notre relation au lointain où la guerre, l'art et la littérature sont parfois intimement liés. Pour ce faire, il suit deux écrivains militaires qui ont accompagné la marche impériale de leurs récits ou de leurs correspondances : Pierre Loti et Victor Segalen. C'est par Pierre Loti que s'affine notre connaissance des pillages du XIXe siècle, à l'île de Pâques, au Tonkin ou à Pékin en 1900 pendant la guerre des Boxers. L'objet pillé est d'abord un trophée avant de prendre le statut d'oeuvre d'art. A travers les lettres quasi quotidiennes de Segalen à sa femme Yvonne, ou ses photographies, on se retrouve dans les mers du sud ou en Chine - entre chevauchées et rencontres, grands paysages et imaginaire. Mais Segalen, médecin humaniste, tente d'échapper au quotidien et au local, feignant d'ignorer qu'il marche dans les pas de ses gens, souvent irrité de devoir faire allégeance aux autorités - attentif à tout. Il est à la fois poète et le représentant d'un Occident impérial et hautain, capable lui aussi, malgré tout, d'un geste sacrilège, qu'il excusera par la création littéraire. Ce cortège des violences fonde la richesse de nos collections privées et publiques.
Nombre de pages
193
Date de parution
20/10/2022
Poids
232g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782363083142
Titre
Le Grand Pillage
Auteur
Le Marec Yannick
Editeur
ARLEA
Largeur
125
Poids
232
Date de parution
20221020
Nombre de pages
193,00 €
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Dans la première moitié du XIXe siècle, les diplômés nantais mobilisent leurs compétences et leurs réseaux pour augmenter leurs ressources, gagner des positions de pouvoir dans la ville et s'intégrer aux élites locales. Pour la première fois, une histoire sociale des diplômés (magistrats, avocats, médecins, pharmaciens, architectes, ingénieurs, professeurs et journalistes) met en évidence leur rôle conjoint pour investir le débat public. Depuis les revues et les sociétés savantes qu'ils dirigent ces " capacités " proposent des solutions aux problèmes urbains et participent pleinement à l'effort d'industrialisation. Yannick Le Marec met en lumière le poids croissant accordé à l'expertise dans l'administration de la cité. Il étudie l'évolution des commissions administratives à Nantes entre 1815 et 1848. En quelques décennies, s'appuyant sur un mouvement de professionnalisation, les diplômés y deviennent majoritaires. Cette situation leur permet de contester les positions dominantes des anciennes élites (nobles, propriétaires et négociants). En 1848, les diplômés occupent des fonctions importantes dans la vie administrative et politique de Nantes, menant des carrières municipales, véritables voies d'intégration et de renouveau des élites locales. Leur action montre ainsi que le modèle méritocratique de la fin du siècle se construit au c?ur de la monarchie censitaire.
Si nous connaissons bien les travaux photographiques d'Eugène Atget sur Paris, sa biographie reste partiellement mystérieuse, car il n'a laissé que peu d'écrits. Les témoignages proviennent d'amis ou d'indices, des archives léguées après sa mort à la BNF (en particulier des coupures de presse et des journaux politiques). Initialement comédien, il s'est orienté vers la photographie autour de 1890, tout en restant proche du milieu artistique. Yannick Le Marec livre dans cet ouvrage, une approche nouvelle qui nous en dit un peu plus sur ce photographe, y compris ses forts engagements politiques proches des milieux anarchistes de l'époque. L'auteur s'est penché plus particulièrement sur son travail photographique autour de la Zone, cette aire géographique comprise entre les fortifications et la banlieue, un anneau de 300 mètres de large qui entoure Paris au-delà des fortifications de Thiers laissées à l'abandon. C'est dans cette zone que se regroupent les chiffonniers pour y vivre et trier leur butin. Le parallèle entre les travaux du Grand Paris actuel, les zones de regroupement des migrants ou des toxicomanes y est également abordé.
En relisant les récits des chasses coloniales de Rousselet, des princes d'Orléans ou de Clemenceau, Yannick Le Marec porte un regard nouveau sur le grand massacre des animaux, qui résonne avec l'actualité des luttes contre l'enfermement des animaux sauvages et la disparition des grands mammifères. Nous partons d'un fait divers : un soir de 2017, à Paris, un tigre échappé de sa cage est abattu dans la rue, près du pont du Garigliano. Deux ans plus tard, le narrateur, lecteur de Modiano et de Sebald, recherche les passages des tigres dans la capitale et retrouve leurs traces pour écrire cette Constellation, à travers la peinture de Monory, du Douanier Rousseau, ou de Delacroix, les musées qui exhibent leurs trophées, comme cette tigresse sur le dos d'un éléphant au fond d'une galerie du Muséum du Jardin des Plantes. En relisant les récits des chasses coloniales de Rousselet, des princes d'Orléans ou de Clemenceau, en cheminant à l'écoute des rugissements du tigre, Yannick Le Marec porte un regard nouveau sur le grand massacre des animaux, qui résonne avec l'actualité des luttes contre l'enfermement des animaux sauvages et la disparition des grands mammifères. Il apporte sa pierre aux débats sur l'héritage colonial. Le tout avec une grâce singulière qui est celle des écrivains.
Deux siècles après leur composition (1819-1823), dans un monde confronté à de nouveaux enjeux de taille, Stéphane Lambert se penche sur l'extraordinaire cycle des peintures noires de Goya pour sonder leur inépuisable actualité. Par cette plongée dans l'imaginaire de ses hantises les plus entêtantes, le peintre espagnol avait transfiguré tous les genres picturaux de l'époque et bouleversé durablement la vision de notre humanité. Goya (1746-1828) a tout traversé, les humiliations et les honneurs, les assauts de la maladie, la guerre et les remous de l'Histoire, avec le fabuleux don de transformer les ravages en occasions de révolutionner son art. Revenant sur le riche et long parcours d'un artiste de génie, le livre prend la forme d'un voyage à travers une oeuvre professant la vitalité inébranlable de la création face à la menace du chaos.
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