
Lame de fond
VanJe n'ai jamais été bavard de mon vivant. Maintenant que je suis dans un cercueil, j'ai toute latitude de soliloquer. Depuis que le couvercle s'est refermé sur moi, je n'ai qu'une envie: me justifier, définir mon rôle dans les événements survenus, donner quelques clés pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui n'est qu'un fait divers. Je n'ai pas un penchant au regret, mais il me faut faire mon examen de conscience, si inutile qu'il soit désormais. Le souvenir que je laisse est celui d'un partisan des solutions hybrides, habitué à ajourner, soucieux de n'exaspérer personne, de ne pas empirer les choses en manquant de diplomatie. Je ne suis pas un de ces vieux hiboux formalistes, ni un de ces faiseurs d'embarras toujours persuadés d'être supérieurs à tout le monde. Non, j'ai veillé à ne pas incommoder mes proches, pas seulement par horreur des dissensions domestiques, mais parce que je ne suis pas un homme à problèmes. Rien n'est aussi précieux pour moi que la paix de l'esprit, et j'aurais tant voulu atteindre à la quiétude malgré les coups durs. J'en ai connu, des tempêtes sous mon crâne. Peut-être dans une vie antérieure ai-je commis des actions condamnables, et j'ai dû payer ces fautes pendant mes cinq décennies d'existence. Je n'ai aucune croyance, pas plus en un Dieu châtieur qu'en un quelconque Éveillé plein de mansuétude. Les enseignements bouddhistes m'ont été sans profit, je n'ai retenu de mes études des Sermons de Bossuet que des leçons de style. Ma propension au spiritualisme, en dépit de mon irréligion, m'a amené à accorder la primauté aux questions qui dépassent l'entendement humain. J'ai tenté de percer les mystères de la téléologie, demandé aux sensualistes de me procurer la jouissance de l'esthétique, aux romantiques de me douer d'une aspiration vers l'infini. J'ai incorporé la substantifique moelle des proses les plus roboratives pour gagner en force d'âme mais, tel un serpent qui se mord la queue, j'ai échangé des doutes contre une science guère susceptible de m'aider à démêler mes écartèlements. J'ai cultivé assidûment les lettres dans l'espoir d'y trouver, sinon du bonheur, du moins un vif goût pour les surprenantes inventions. Il m'en reste quelques débris fragmentaires, étoiles distantes qui clignotent encore - dans cette galaxie, Vautrin voisine avec Mme Verdurin, Molloy avec Bardamu, Ah Q avec Sganarelle, Achab avec Salomé, Philoctète avec Ophelia... Liste non exhaustive à laquelle il conviendrait d'ajouter les personnages secondaires que j'ai eu plaisir à classifier (travail de bénédictin parfaitement absurde). Mais tout s'est mélangé dans ma pauvre tête.
| Nombre de pages | 277 |
|---|---|
| Date de parution | 22/08/2013 |
| Poids | 169g |
| Largeur | 109mm |
| EAN | 9782757833070 |
|---|---|
| Titre | Lame de fond |
| ISBN | 2757833073 |
| Auteur | Lê Linda |
| Editeur | POINTS |
| Largeur | 109 |
| Poids | 169 |
| Date de parution | 20130822 |
| Nombre de pages | 277,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Lame de fond
Lê LindaJe laisse derrière moi trois femmes auprès de qui j'ai appris la signification du mot AMOUR". Depuis son cercueil au cimetière de Bobigny, Van repense à sa vie, au drame qui l'a conduit ici, et aux trois femmes qu'il laisse derrière lui : Lou, son épouse classique et coincée ; Laure, sa rebelle de fille, et Ulma, sa maitresse fascinante. Tour à tour, chaque membre de ce quatuor raconte sa vérité avec une ironie joyeuse. Ils s'aimaient, se heurtaient, se décevaient. Jusqu'à ce qu'une lettre devienne la lame de fond qui bouleverse tous les liens difficilement maintenus. Faisant ressurgir un passé violent, celui de la guerre au Vietnam et de la fin des années 1960, Linda Lê livre un grand roman sur l'amour et la trahison, sur la famille et l'exil, qui lui valut d'être finaliste des prix Goncourt et Goncourt des lycéens.EN STOCKCOMMANDER11,00 € -

Je ne répondrai plus jamais de rien
Lê LindaRésumé : Une femme s'adresse à sa mère. Sa mère qui vient de mourir et qui répétait, les derniers mois de sa vie, comme un refrain de liberté : Je ne répondrai plus jamais de rien. Cette mère est venue de loin. Elle a traversé des épreuves, qu'elle a toujours tues. Elle laisse une énigme, qu'il appartient à sa fille de résoudre. Sondant les mystères des souffrances amoureuses et de la déraison, ce roman dit la quête d'une liberté perdue.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER18,80 € -

Calomnies
Lê LindaRésumé : "Quinze ans que nous nous sommes perdus de vue. J'avais tout bonnement oublié son existence. Les nièces fininssent toujours par se rappeler à vous. Gamines, elles vous montrenht leurs cuisses nues et leur dent de travers, elles laissent dans leur sillage une odeur de vice mal éclos. Quand elles sont en âge de séduire, elles vous oublient, mais à la première crise, elles viennent vous demander de légitimer leur existence. Elles font appel à l'oncle comme une diva fait appel à son plus vieil admirateur." Parler de soi sans intention calomnieuse? Autant cracher dans un puits vide. Ici, on abuse de sentimentalité, mais les baisers sont à l'arsenic. Ici, on ne respecte que le protocole du dégoût, on ne joue qu'à l'ombre du mancenillier, car aller à la recherche de ses origines, c'est commencer une entreprise de démolition.ÉPUISÉVOIR PRODUIT14,48 €
Du même éditeur
-

Strange Pictures
UKETSUUn roman à énigmes à la mécanique diabolique... Par l'écrivain japonais le plus vendu au Japon. Plus on regarde, plus ça devient étrange... Un blog inquiétant, un enfant qui disparaît, un cadavre massacré, une jeune fille dans un centre de redressement... Quelle vérité choquante se dissimule dans ces "étranges images" qu'on nous donne à voir ? "Uketsu brosse une intrigue ingénieuse et machiavélique". LE POINT "Un polar dont tous les indices sont dessinés. Grand frisson assuré ! " LE SOIR Uketsu est l'écrivain le plus vendu au Japon et le leader de la nouvelle vague des auteurs de thrillers et d'horreur. Artiste complet, il écrit, dessine, publie des vidéos d'horreur et de suspense et compose de la musique. On ne connaît pas sa véritable identité, il apparaît toujours vêtu de noir avec un masque blanc. Traduit du japonais par Silvain ChupinEN STOCKCOMMANDER8,40 € -

Les lendemains qui chantent
Indridason Arnaldur ; Boury EricUn roman noir haletant où l'enquête de Konrad l'emporte dans les années 60, sur les traces d'un réseau d'espionnage. Du pur Indridason ! Un teinturier sans histoires, père célibataire, disparaît... Un cadavre est découvert sur la rive du lac Hafravatn et un trafic de Lada d'occasion avec des marins soviétiques est mis au jour. Quand, dans les fondations d'un chantier, on trouve le corps de Skafti, que Natan a avoué avoir noyé quelques années plus tôt, n'y aurait-il que Konrad pour s'inquiéter de tous ces événements étranges ? L'enquête de l'inspecteur à la retraite pourrait bien mener sur la piste des réseaux d'espionnage soviétiques dans les années 70... "Arnaldur Indridason éclaire d'une lumière crue une tranche de l'histoire islandaise". LE PARISIEN Arnaldur Indridason, né à Reykjavík en 1961, est sans conteste le maître du polar islandais. Konrad, solide enquêteur, sensible et têtu, est le héros d'une série dont Les lendemains qui chantent est le sixième opus. Tous ses livres sont disponibles chez Points. Traduit de l'islandais par Eric BouryEN STOCKCOMMANDER8,95 € -

TOUTES SES FAUTES
MARA ANDREAPlongez dans un des pires cauchemars d’un parent : aller chercher son enfant chez un copain et s’entendre répondre qu’il n’est pas là, qu’il n’a jamais été là … Des chapitres courts où on alterne entre les différents protagonistes, des indices glissés ci et là qui prennent tout leur sens dans une résolution inattendue pour ce thriller psychologique passionnant !EN STOCKCOMMANDER9,90 €
De la même catégorie
-

La tresse
Colombani LaetitiaTrois destinées. Trois cultures. Trois combats. Trois femmes qui se battent avec volonté, courage et fierté pour acquérir leur place dans la société malgré les discréminations et les traditions. Un premier roman fort sur trois destins liés comme les trois brins d'une tresse...EN STOCKCOMMANDER10,15 € -

Petit pays
Faye GaëlAvant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de ceur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Un livre lumineux. Astrid de Larminat, Le Figaro. Un très beau premier roman, déchirant et incandescent, qui force l?admiration. Yann Perreau, Les Inrockuptibles. Gaby n?est pas un petit Africain, c?est un enfant du monde emporté par la fureur du destin. Notre hantise commune. Maria Malagardis, Libération. PRIX GONCOURT DES LYCÉENS / PRIX DU ROMAN FNAC / PRIX DU PREMIER ROMANNotes Biographiques : Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop, il a sorti deux albums solo nourris d?influences musicales plurielles: Pili Pili sur un Croissant au Beurre et Rythmes et Botanique, enregistrés entre Kigali, Paris et Bujumbura. Petit pays, son premier roman, a été récompensé par le prix Goncourt des Lycéens.EN STOCKCOMMANDER9,60 €




