Marcher pour s'en sortir. Un travail social créatif pour les jeunes en grande difficulté
Le Breton David ; Marcelli Daniel ; Ollivier Berna
ERES
19,00 €
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EAN :9782749233451
Avant-propos On ne peut s'empêcher, aujourd'hui, de dresser un parallèle entre deux faits en apparence très éloignés, dont l'un a touché l'opinion mondiale durant l'été 2011 et l'autre reste enterré par l'indifférence. Voici peu, quelques dizaines de mineurs se retrouvaient prisonniers dans une galerie profonde en Amérique du Sud. L'opinion mondiale s'émut à juste titre pour ces enterrés vivants, reliés au monde par un boyau étroit, et la presse unanime suivit heure par heure les efforts colossaux et coûteux pour les rendre à la lumière. Pendant ce temps-là, des dizaines de milliers d'autres «mineurs» - en âge ceux-là - sont enfermés dans des banlieues sans âme et sans espoir, par ce qu'il faut bien appeler l'indifférence du monde. Seules, parfois, des jacqueries adolescentes, violentes et vite réprimées comme en France en 2005 ou plus récemment en Grande-Bretagne en 2011, attirent l'attention pour quelques jours, quelques semaines, avant que l'indifférence et l'oubli ne s'installent, jusqu'à la prochaine explosion. Poursuivons ce parallèle. Les mineurs sud-américains furent ramenés à travers un boyau étroit, un par un, à la lumière. Pour certains adolescents, particulièrement touchés par la vie, il ne peut en être autrement. Les blessures sont si profondes, la désocialisation si prégnante pour certains gamins qu'il ne peut être question de trouver des solutions collectives; seule une aide individualisée est possible. Ce sont des sauvetages de ce type que pratique l'association Seuil, non sans difficultés. Dans cet ouvrage, nous en avons réuni les acteurs: juge des enfants, pédopsychiatre, anthropologue, avocat, psychologue, mais aussi des éducateurs qui ont uni leurs efforts pour apporter un début de solution à ce problème immense qu'est la jeunesse en péril de rater sa vie. Nous y avons aussi apporté quelques témoignages de jeunes ayant accompli une marche de survie, un retour à la lumière. Seuil est une expérience neuve. Depuis dix ans elle est en perpétuelle recherche. L'association est une sorte de laboratoire social, parce qu'il ne peut être question de baisser les bras dans un domaine aussi dramatique, contre les cyniques ou les pessimistes qui estiment «qu'il n'y a pas grand-chose à faire», malgré les échecs qui pourraient émailler notre parcours, car qui peut, en la matière, estimer qu'il a «la» solution? Nous ne prétendons pas l'avoir trouvée. Nous essayons simplement d'y travailler en nous appuyant sur l'effet énergétique et socialisant de la marche à pied. En matière de politique des jeunes, rien n'a été fait depuis les ordonnances de 1945 axées sur l'éducation et non la répression. Ou plutôt on a beaucoup agi, mais pour limer sans relâche les règles qui visaient à une compréhension du phénomène. À chaque poussée de fièvre des gamins de banlieue, on a un peu plus resserré les liens, élevé des murs... Et le constat est amer. Alors, puisque la méthode du bâton ne fonctionne pas, si on faisait, à l'inverse, le pari de l'intelligence, de l'ouverture, de l'avenir? Prouver le mouvement en marchant. Deux structures, au monde, tentent cette méthode: Oikoten, depuis près de trente ans en Belgique, un pays qui fait le pari de l'innovation sociale; et en France, Seuil, qui s'en est inspiré. Car après tout, puisque la prison ne fonctionne pas, est-ce que la marche, ça pourrait marcher?
Résumé : Les émotions ne sont pas spontanées, mais rituellement organisées. Reconnues en soi et signifiées aux autres, elles mobilisent un vocabulaire et des mouvements précis du corps qui diffèrent selon les cultures. C'est ce que montre David Le Breton dans cette anthropologie des émotions, où il analyse, entre autres, le statut du corps dans la communication, les ritualités du regard, ou encore le métier de comédien, qui offre une étonnante illustration de la façon dont les hommes se saisissent des signes pour vivre et donner à voir leurs émotions.
Communiquer n'est pas parler. Il suffit de jeter un coup d??il sur n'importe quelle rue, n'importe où dans le monde, et de chercher le nombre de passants qui ne cheminent pas les yeux fixés sur leur portable.Les usages sociaux des techniques de communication ont radicalement changé la vie quotidienne et les modalités de relations aux autres. Elles ont affecté en profondeur l'intimité et ébranlé particulièrement la conversation qui était la matrice première de la sociabilité.La communication, c'est l'interposition de l?écran dans la relation à autrui, la distance, l'absence physique. Utilitaire, efficace, elle appelle une réponse immédiate et exige une disponibilité absolue.La conversation relève de la gratuité, de la flânerie, elle est une parole partagée. Il s'agit d?être ensemble et de dialoguer en prenant son temps. Si la communication fait disparaître le corps, la conversation sollicite une présence mutuelle. Le silence dans la conversation est une respiration, dans la communication c'est une panne.David Le Breton nous fait prendre conscience du danger de cette nouvelle absence au monde et des souffrances qu'elle provoque. Il nous incite à rester capables d?échanger des sourires avec des inconnus et de parler ensemble de la pluie et du beau temps. Juste rester humains.
Dans cet essai - ludique, intelligent et stimulant -, le sociologue et anthropologue du corps David Le Breton revient sur te plaisir et la signification de la marche, et nous en révèle les vertus thérapeutiques face aux fatigues de l'âme dans un monde de plus en plus virtuel. Cette passion contemporaine pour la marche mêle des significations multiples : volonté de retrouver la jouissance du temps et des lieux, de peupler les heures de découvertes, suspendre tes tracas du jour, désir de renouvellement, d'aventure, de rencontre. Ce livre invite donc te lecteur et le marcheur à prolonger les marches dans la mémoire et dans les récits qu'on en fait : à partager les souvenirs de ce qu'on a rêvé et accompli avec les autres.
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques: les concepts-clefs; sur quoi porte l'intervention; comment le problème est-il défini; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie; les outils utilisés; la position de l'intervenant ou du thérapeute.
Aujourd'hui, de plus en plus de personnes sont aidées sous influence, sous injonction, sous contrainte. Sans qu'ils ne l'aient réellement voulu ou demandé, nombre de nos concitoyens sont invités, voire convoqués chez des éducateurs, travailleurs sociaux ou psychologues (que l'injonction soit médicale, administrative ou judiciaire). Véritable oxymore, l'aide contrainte trouve sa justification dans la protection des enfants, des adolescents, des femmes battues, des personnes fragiles, des aînés... La gestion de toute déviance, de toute délinquance, y conduit inéluctablement, ce dont témoigne le glissement législatif tant en Suisse, qu'en France, en Belgique ou encore au Québec. A travers sa pratique dans le domaine de la protection de l'enfance, l'auteur décrit l'inconfort de la position des "aidants" professionnels et analyse la double contrainte à laquelle elle conduit. Pour dépasser ce paradoxe, les intervenants sociaux doivent envisager des changements profonds dans leurs approches, leurs méthodologies. Ce livre ouvre des pistes de réflexion sur l'étendue des possibles et la création de nouvelles marges de manoeuvre. Il présente sans complaisance les démarches alternatives mises en oeuvre au sein du centre d'intervention psycho-médico-social Carpe, dans lesquelles ni le juge, ni les parents, ni les enfants ne sont disqualifiés.
Résumé : Danièle Linhart analyse en quoi la logique du management moderne n'est pas si éloignée de celle qui a prévalu dans le taylorisme. Dans les deux cas - déshumanisation et sur-humanisation - c'est la dimension professionnelle des salariés qui se trouve attaquée. Désormais le management moderne revendique l'idée que le salarié est avant tout un être humain dont il faut prendre en considération les besoins, les aspirations, comme les faiblesses. Ce livre montre que derrière cette idée louable s'organise en réalité une disqualification des métiers, de la professionnalité, de l'expérience qui tend à renforcer la domination et le contrôle exercés par les dirigeants. Gérer les salariés en fonction de leur seule condition humaine, c'est nier le fait qu'au travail, ils tiennent des rôles, exercent des fonctions dont ils sont les experts et qui mettent des limites à l'envahissement de leur vie personnelle.
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
Une approche novatrice et internationale de la problématique. Racisme, sexisme, rejet de l'immigration, traitement défavorable réservé aux personnes handicapées ou sans emploi : ce manuel, le premier de cette ampleur en français, offre un état des lieux riche et documenté sur les préjugés et discriminations, incluant les dernières recherches. Les auteur-e-s y analysent, dans différents contextes, leurs origines, processus sous-jacents et conséquences. Exhaustif, l'ouvrage développe à la fois les perspectives francophones et anglo-saxonnes, et offre un regard croisé dominant-e-s/dominé-e-s. En plus des modèles descriptifs, il propose des pistes d'action concrètes et des moyens d'agir dans une approche préventive. Il constitue dès lors un outil inestimable tant pour les étudiant-e-s et enseignant-e-s en psychologie que pour les praticiens.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.