Amours pragmatiques. Familles, migrations et sexualité au Cap-Vert aujourd'hui
Laurent Pierre-Joseph ; Furtado Claudio
KARTHALA
29,00 €
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EAN :9782811119379
Pourquoi une famille aussi fluctuante, pour ne pas dire évanescente, voire même insaisissable, que la famille capverdienne pourrait-elle être considérée comme particulièrement bien adaptée aux conditions de ce début de vingt et unième siècle ? Bien avant l'apparition d'Internet, depuis près de cent cinquante ans, confrontée à la migration, cette société insulaire a su apprivoiser la distance qui sépare durablement les membres d'une famille. Animés d'une énergie contagieuse, ils inventeront progressivement la "famille à distance". Etrange famille où le mariage semble avoir disparu, où les femmes élèvent seules leurs enfants, où des couples vivent longuement séparés et où des enfants sont confiés à des nourrices ! Pourtant un enjeu majeur relie les membres de ces familles : celui de se transmettre le "capital migratoire" considéré comme un bien précieux. A de rares occasions, vacances, mariages ou funérailles, les membres dispersés de la "famille à distance" se rassemblent. Vécus intensément, ces moments éphémères suscitent les échanges. La famille refait corps : elle se réajuste et transmet des histoires. Les selfies se chargeront ensuite d'en prolonger la mémoire. Treize ans et vingt-sept voyages au Cap-Vert et dans la région de Boston aux Etats-Unis où résident deux cent soixante mille Américains capverdiens furent nécessaires pour reconstituer l'histoire de ces "familles à distance" sur plusieurs générations. Amours pragmatiques résulte d'une expérience humaine acquise d'une vie partagée avec ces familles. Par des récits détaillés, étayés et parfois poignants, l'auteur invite le lecteur à comprendre les fondements de la société capverdienne et au-delà, il l'introduit à des manières contemporaines de vivre la famille. En filigrane, et en dialogue avec l'anthropologie de la parenté, l'ouvrage interroge à nouveau frais l'énigme que constitue la famille matrifocale. La société capverdienne est alors décrite comme le fruit d'une histoire qui a institué une société à "alliances confinées et à visites".
Nombre de pages
455
Date de parution
01/03/2018
Poids
730g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811119379
Auteur
Laurent Pierre-Joseph ; Furtado Claudio
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20180301
Nombre de pages
455,00 €
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Qui n'a pas été surpris par le développement sans précédent du religieux en Afrique où, jour et nuit, s'entendent monter les clameurs des églises de quartier ? La surprise est d'autant plus grande, depuis une dizaine d'années, d'observer une mouvance évangélique tel le pentecôtisme investir le pays mossi, au Burkina Faso, un haut lieu de l'animisme africain et des chemins de pénétration de l'Islam vers le sud. Comment en effet imaginer que les " pasteurs paysans ", nés de la rencontre, à l'aube du XXe siècle, entre des missionnaires protestants américains venus du Sierra Leone et des paysans mossi, allaient, en suivant les chemins de la migration, devenir les promoteurs de l'Œuvre auprès de leurs frères ivoiriens, togolais, dahoméens ou sénégalais ? Comment penser que ces pionniers allaient faire du pays mossi la plaque tournante de l'expansion du pentecôtisme en Afrique de l'Ouest ? Entre l'histoire missionnaire des premières conversions et l'approche politique des mouvements religieux actuels, l'histoire qui nous est retracée ici nous introduit à une véritable étude anthropologique de la vie quotidienne des communautés pentecôtistes burkinabé, histoire encore largement inédite dans le monde de la recherche africaniste francophone. L'observation en continu sur une longue période permet à Pierre-Joseph Laurent de se livrer à une anthropologie de l'événement éclairée par la connaissance de la société coutumière mossi et par la maîtrise de la langue mooré qui reste une matrice d'intelligibilité irremplaçable des catégories de pensée. D'où la possibilité exceptionnelle qu'il nous offre de comprendre de l'intérieur le lien historique et sociologique entre deux générations du pentecôtisme, entre les " familles de prière " des paysans du pentecôtisme historique et les communautés délocalisées des frères en Christ du néo-pentecôtisme d'aujourd'hui.
Qui peut comprendre au mieux le monde d'aujourd'hui, métissé, multiculturel, qu'un anthropologue ? Encore faut-il préciser ce qu'est un anthropologue au XXIe siècle. Pierre-Joseph Laurent y répond en articulant les notions de familiarité, d'engagement, de subjectivité et de réflexivité. En anthropologie, slow science avant l'heure, il convient d'abord d'apprendre à cheminer entre intuition, interférence et moment opportun à saisir. L'auteur nous invite ainsi à repenser l'observation participante chère aux anthropologues. Il nous initie à l'anthropologie comme une entrée dans un rythme lent et exigeant, un artisanat, un savoir-faire à acquérir qui débouche par l'écriture sur un savoir scientifique ancré, impliqué, robuste, précis, rigoureux et durable. En épistémologue rompu au terrain, il revisite les questions ayant trait à l'interprétation et à l'écriture qui en résulte. Comprendre et décrire les processus mobilisés pour devenir anthropologue dans ce monde du XXIe siècle, constitue l'ambition de ce livre.
Biographie de l'auteur Pierre-Joseph Laurent est professeur d'anthropologie. Après des études en agronomie, Il s'oriente vers la sociologie et l'anthropologie. Il mène ses recherches au Burkina Faso et au Cap-Vert. Il dirige le Laboratoire d'anthropologie prospective à l'Université catholique de Louvain.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.